Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· Historiques : auteurs A - G (10)
· Suspense/Thriller : auteurs A - G (16)
· A3 - Les genres littéraires selon Eden (13)
· Historiques : auteurs H - L (7)
· Divers,humour,guides&autres inclassables (10)
· Littérature générale : auteurs A - E (9)
· La vie d'Eden (30)
· Biographies et témoignages (9)
· Historiques/La catin (Iny Lorentz) (6)
· Policiers/Polars : auteurs A - G (18)

Derniers commentaires

magnifiquement écrit et conservé
Par Anonyme, le 26.06.2019

bonsoir kristin y aurait-il un problème je n'ai plus de réponse à mes commentaires
Par odot, le 11.10.2016

bonsoir eve-yeshe, c'est vrai que certains de ses romans sont franchement mauvais, et même parfois des romans
Par edenlalu, le 12.01.2016

bonsoir sylvie, oui, certains romans de fitzek sont gores, d'autres très réussis (notamment ses romans plutôt
Par edenlalu, le 12.01.2016

je n'ai jamais lu l'auteur, mais cela ne me donne pas trop envie...
Par Eve-Yeshe, le 12.01.2016

Voir plus

Badge FacebookRetrouvez moi sur Eden Lit:
Coups de coeur
Rechercher
Abonnement au blog
Recevez les actualités de mon blog gratuitement :

Je comprends qu’en m’abonnant, je choisis explicitement de recevoir la newsletter du blog "edenlalu" et que je peux facilement et à tout moment me désinscrire.


Blogs et sites préférés

· un-livre-une-histoire


Articles les plus lus

· Ken FOLLET - La chute des géants : 7/10
· Sortie du tome 2 de la Trilogie du Siècle de Ken Follet
· Les livres d'horreur (d'épouvante/de terreur)
· Christian JACQ : RAMSES (5 tomes) : 9,5/10
· Natascha KAMPUSCH - 3096 jours

· Le roman policier/polar et le livre suspense/thriller
· Igor et Grichka BOGDANOV : Le visage de Dieu - FASCINANT
· Linwood BARCLAY - No Time for Goodbye (Cette nuit-là): 5,5
· Patricia BRIGGS : Mercy Thompson T5 Silver Borne - 7/10
· Ken FOLLET - L'hiver du monde (trilogie du siècle T2): 8+/10
· Stephen KING - DÔME : 8-/10
· Arlette COUSTURE - Emilie (Les filles de Caleb T1) : 7/10
· Urban fantasy & Bit-LIt - et la différence entre les deux
· Jean-Christophe GRANGE - Le Passager : 8,5/10
· Charlaine HARRIS: Sookie Stackhouse T10 - Dead in the Family

Voir plus 

Statistiques

Date de création : 31.05.2010
Dernière mise à jour : 08.02.2016
426 articles


Historiques : auteurs A - G

Ken FOLLET - L'hiver du monde (trilogie du siècle T2): 8+/10

Ken FOLLET - L'hiver du monde (trilogie du siècle T2): 8+/10

Ken FOLLET – L’hiver du monde (trilogie du siècle T2) : 8+/10

 

Avec ce deuxième tome de la trilogie du siècle,j’ai, pour ma part, retrouvé le Ken Follet que j’adore !!!

Fascinant, prenant, palpitant ! Un vrai « tourne-pages ».

 

Mais commençons avec l’intrigue (en évitant les spoilers !!!)

Nous rejoignons les familles dont nous avons fait connaissance dans le premier tome (« la chute des géants », voir mon commentaire, plus mitigé :http://edenlalu.centerblog.net/68-ken-follet-la-chute-des-geants-7-10) en l’an 1933 – alors que monte en Allemagne le nazisme – et nous les accompagneront à travers les conflits, la guerre, les combats personnels et internationaux et ce jusqu’en 1949, au début de la guerre froide.

Ce qui est astucieux, c’est que quelques années ont passées depuis la dernière page du premier volume, ce qui nous permet de commencer ce livre avec la nouvelle génération. Les représentants de « nos » familles sont donc les descendants directs des héros du premier volume, devenus à leur tour de jeunes adultes pour traverser l’histoire de ce siècle.

Grâce à la dispersion à travers le monde de ses héros, Ken Follet parvient à nous faire suivre ce conflit mondial et terrifiant de tous les points de vues imaginables, du moins presque, puisque nous retrouvons une partie de la famille Pechkov en Russie, une atre en Amérique, nous retrouvons les Von Ulrich en Allemagne, les Williams et les Fitzherbert en Grande Bretagne, et même le fils de Gus Dewar, l’américain, n’est pas oublié !

 

Nous assistons donc, comme je le disais, à la montée du nazisme, nous suivons l’affrontement entre le parti d’Adolf Hitler, les socio-démocrates et les communistes, nous vivons en compagnie de nos héros la montée en douceur de la peur, de la crainte, puis de la terreur.

 Et oui, aucune de « nos »  familles ne sera épargnée par la guerre qui éclate, inévitablement, nous le savons avant même d’ouvrir ce roman.

 

Voici en quelques lignes, pour simple rappel, les familles que nous suivons :

Sans être complet (ce serait trop long et pénible), et simplement pour faire le lien avec le premier tome et les familles auxquelles nous nous sommes attachées, voici donc les familles que nous retrouvons :

Un regard américain nous est livré grâce à la famille Pechkov et notamment Greg, le fils de Lev Pechkov (du moins le pense-t-il, mais il suffit d’avoir lu le premier tome pour savoir que ses origines sont un peu différentes …) et la famille Dewar et quelques nouveaux personnages.

Du côté anglais, nous suivons bien évidemment la famille Fitzherbert, et notamment le fils du comte, Boy, qui épousera Daisy Pechkov, la demi-sœur de Greg Pechkov.

La famille Williams, dont était issue Bernie (le mineur) sera essentiellement représentée par Lloyd, le fils d’Ethel (et beau-fils de Bernie), qui se lancera dans la politique pour affronter les fascistes anglais après avoir observé avec horreur les évènements outre-Manche.

L’Allemagne n’est pas oubliée, notamment avec la famille von Ulrich. Ici, nous suivons désormais Carla, la fille de Maud et de Walter et son frère Erik. Si la première est opposée aux nazis, Erik, lui, s’enrôle dès son adolescence dans la jeunesse hitlérienne et entre dans le parti du Führer. Néanmoins, ici, j’ai un seul regret, puisque j’avais hâte de voir comment Ken Follet allait nous faire partager le point de vue des nazis – et bien, Erik n’est au fond pas un « vrai » nazi, il semble plus suivre sans vraiment être un « dénonciateur », ce qui était l’un des immenses soucis dans les familles allemands opposés aux nazis – leurs propres enfants n’hésitaient pas à trahir les pensées de leurs parents qui étaient alors arrêtés.

Vous le notez – un seul point de vue est un peu négligé, celui des vrais nazis, qui finalement restent du début jusqu’à la fin les ennemies dont nous ne parvenons pas à saisir la pensée profonde ; peut-être l’auteur ne parvenait-il pas lui non plus à imaginer comment un homme pouvait sincèrement et avec conviction croire qu’il faut impérativement se débarrasser de façon définitive de tous ceux qui ne sont pas aryens, adhérer à ce principe et véritablement exécuter de bon cœur ces ordres odieux ?

Quelques autres familles complètent le puzzle pour livrer une image quasi complète d’une époque houleuse.

 

J’en reviens à mon petit récapitulatif :

Nous suivons ainsi une période noire de notre Histoire contemporaine, le nazisme, la 2nde guerre mondiale et le début de la guerre froide.

Ce conflit nous est présenté de l’extérieur, mais également de l’intérieur, nous suivons les hommes politiques, les débats parfois futiles, les manifestations, nous croisons les grands personnages de l’époque, ceux qui ont posé leur marque indélébile dans nos livres d’histoire, mais également des anonymes.

Ainsi nous pouvons tenter de comprendre la politique de l’époque tout en suivant des destins personnels, tous terribles. Nous observons la disparition des juifs, suivons des soldats, voyons des jeunes hommes mourir pour une cause à laquelle ils ne croient même pas, nous les voyons greloter de froid sans vêtements dignes de ce nom et espérer rentrer à la maison – où peut-être plus rien n’existe. Nous admirons les femmes qui prennent le relais pour faire vivre les familles et faire survivre les blessés. Nous admirons les caractères héroïques, mais nous comprenons presque les lâches.

Ce roman nous donne aussi une idée des efforts consacrés à stopper Hitler dans l’ombre, les espions, pour la plupart anonymes et oubliés, un réseau dangereux mais présent.

 

Alors, en quoi est-ce que j’ai préféré ce roman au premier tome et où était le point faible ?

Ce qui m’a immédiatement séduite dans ce deuxième tome, c’est qu’on ouvre le roman, on se plonge dans l’action qui nous happe au bout de quelques lignes seulement et ne nous lâche plus jusqu’au bout ! Et, petit bonus, alors même que deux années se sont écoulées depuis la publication du premier tome, il n’y a strictement aucun souci à reprendre l’action – puisque les temps ont changés, les personnages sont différents tout en rappelant de façon astucieuse les évènements du premier tome qui nous reviennent donc tout naturellement en mémoire. Ce sont les enfants de nos héros. Des personnalités marquées de l’empreinte de leurs parents, mais des caractères à part. Je pense qu’on pourrait même lire sans aucune difficulté ce deuxième livre sans avoir lu le premier !

De plus, comme je le disais dès le début, avec ce deuxième tome j’ai retrouvé le rythme que j’aime chez Ken Follet.

A-t-il lu ma critique (pas vraiment virulente, mais tout de même) et m’a-t-il écoutée (j'aimerais bien!!!!!)

Car ici, si l’auteur nous plonge dans les débats, ce n’est jamais trop lourd, trop sec, trop long, il maintient un point de vue personnel, presque intime, il garde la personnalité du personnage dont nous avons endossé la robe.

 

Contrairement au premier volume, je ne me suis à aucun instant ennuyé, et pourtant, Ken Follet nous entraîne dans des débats et discussions diplomatiques, mais cette-fois il dose les détails politiques et les mélange savamment avec le vécu imaginaire de ses personnages.

C’est un mélange qui prend bien mieux dans ce tome, et l’ensemble du roman s’en ressent dès les premiers chapitres !

 

Les caractères semblent au premier regard un peu plus profonds, mais c’est plutôt un leurre. En fait, ils ont simplement plus d’histoire, puisque leurs « parents » (toujours fictifs) ont déjà « vécu » (dans le tome précédent), leur histoire semble donc bien plus ancré dans le réel.

Pourtant, j’ai trouvé qu’encore une fois on aurait pu aller bien plus loin, pousser un peu plus. Car ici, les personnages sont soit héroïques et bons (même les êtres les plus superficielles ont au fond d’eux un grain d’héros) soit bornés et mauvais ; oui, j’exagère un peu, et pourtant, un peu plus de nuance dans les personnages n’aurait pas été de trop.

J’exagère peut-être … mais je le fais sciemment, car je souhaite souligner qu’en fin de compte la quasi-totalité des caractères qui nous font traverser ce tome (mise à part quelques personnages secondaires, travaillant notamment dans la Gestapo) sont finalement « bons », malgré leur éducation, malgré leur apparente indifférence.

 

Je l’ai déjà mentionné : ce qui me manquait vraiment, c’est d’entrer dans la peau d’un « vrai » nazi. Oui, nous en croisons un depuis le début, Thomas Macke, un petit fonctionnaire qui prend de l’envergure sous le régime fasciste, mais ce n’est pas un personnage que nous « suivons »,  nous n’entrons pas dans son intimité mais ne faisons que le croiser alors qu’il monte en grade dans la nouvelle administration. J’espérais découvrir ce côté noir dans Erik Von Ullrich, mais lui semble plutôt être un mouton qui se laisse abuser par les uniformes, les discours et les belles paroles sans être véritablement, profondément « nazi » (je mentionnais plus haut que sa famille n’a même pas à se méfier de lui alors qu’il entre dans la jeunesse hitlérienne, ce qui était pourtant un réel problème).

 

Sinon, mise à part cette absence, j’ai vraiment apprécié la grande variété de destins : des politiques, des hommes et femmes simples, les simples survivants, les soldats, tous.

Ken Follet est ainsi parvenu à dresser un portrait qui semble assez fidèle et n’oublie pas les horreurs les plus perfides. Il nous rappelle la montée du nazisme avec la terreur physique qui accompagnait souvent les manifestations sous le drapeau de la croix gammée, il nous fait observer l’horreur de la guerre, qui était loin d’être propre - tant de soldats sont morts, mais encore plus ont été blessés de façon atroce, rares étaient ceux qui n’ont pas ramenés des cicatrices physiques, tous ont gardé des traces psychologiques.

Loin de la ligne du front, les femmes se faisaient violer, agresser, elles survivaient tentaient de survivre dans la solidarité, protégeant leurs enfants, tentant de sauvegarder de leur ville ce qui pouvait être sorti des ruines.

D’autres horreurs n’ont pas été passées sous silence. Ken Follet mentionne bien évidemment les camps de concentration, mais également l’élimination systématique des allemands juifs, homosexuels, handicapés, physiques ou mentaux. Et cela touchait tous les âges, à l’insu des familles parfois.

La terreur est présente dans le roman, du début jusqu’à la fin, il s’insinue dans tous les dialogues.

 

Ce roman nous permet de nous replonger une nouvelle fois dans cette histoire et d’imaginer ce qu’était la vie alors.

Grâce à la plume unique de Ken Follet, une période terrible prend vie devant nos yeux, nous distrait tout en nous rappelons ce qui ne doit jamais être oublié.

 

En fin de compte, en fermant ce roman, nous sommes ravis de l’avoir lu et étonné de l’avoir lu aussi rapidement !

Donc, ceux qui avaient, comme moi, un doute après le premier tome, je vous rassure, ici on retrouve le « vrai » Ken Follet.

Même si, mais c’est personnel, ce roman est loin d’égaler en intensité « les piliers de la terre », j’ai adoré !

 

Une toute petite, minuscule observation au sujet de la traduction, au demeurant excellente (on sent à peine que c’est une traduction) : les traducteurs avaient quelques difficultés avec les genres des mots allemands et il est excessivement rare qu’ils tombaient juste. Les « le » et les « la » étaient systématiquement mal placés. Il est vrai que la traduction de l’anglais est traître, c’est toujours « the » - alors on a le choix …  Mais cela est sans la moindre incidence et de toutes les façons, si on ne maîtrise pas l’allemand, on ne s’en aperçoit absolument pas.

 

Maintenant, il va falloir attendre le tout dernier tome !

Tracy CHEVALIER - Prodigieuses créatures : 7+/10

Publié le 16/07/2012 à 12:38 par edenlalu Tags : tracy chevalier prodigieuses créatures mary anning ichtyosaure plésiosaure
Tracy CHEVALIER - Prodigieuses créatures : 7+/10

Tracy CHEVALIER – Prodigieuses créatures : 7+/10

 

 

Alors là, je n’avais pas du tout prévu de lire ce roman, je n’en avais même pas entendu parler. C’est mon fils de 7 ans qui me l’a offert pour mon anniversaire … Je craignais donc le pire, mais il tenait à ce que je le lise immédiatement …

Et bien, excellente surprise !!

 

« Prodigieuses créatures » est un roman quasi historique qui relate de façon fortement romancée la vie de Mary Anning, la célèbre découvreuse de fossiles tels que l’ichtyosaure ou le plésiosaure.

 

A l’époque (début du 19ème siècle), les femmes ne sont pas reconnues, n’ont aucune importance, ne sont là que pour faire des enfants ou pour mettre en valeur leur époux.

 

Dans la petite ville de Lyme Regis vit la jeune Mary Anning,  issue d’une famille très pauvre. En compagnie de son père, ébéniste de métier, et de son frère, Mary cherche des fossiles divers et variés afin de les vendre aux touristes.

Elle nait et grandit donc dans cette activité assez particulière et développe très jeune un instinct et un « œil » pour découvrir les fossiles qui restent inégalés.

A cette époque, une autre femme, bien moins jeune, s’installe avec ses deux sœurs dans la petite ville ; il s’agit d’Elizabeth Philpot, vieille fille qui ne peut espérer trouver un époux puisqu’elle manque de beauté, de charme et de dot. En raison du mariage de son frère aînée, elle a été contrainte de quitter la maison de Londre en compagnie de ses sœurs et se prépare à une vie solitaire dans cette petite ville côtière.

Rapidement, elle est intriguée par les fossiles qu’on y trouve – et par la jeune fille qui s’y connaît autant alors qu’elle ne sait ni lire ni écrire et n’a reçu aucune instruction !

Alors que tout les oppose, y compris leur âge, Elisabeth et Mary se lient d’amitié et cherchent ensemble des traces de vies enfouïes.

 

Et l’incroyable arrive : Mary découvre le premier Ichtyosaure !

Un véritable « monstre » qui ressemble vaguement à un crocodile fossilisé et qui va bouleverser la communauté scientifique ! Les riches gentilshommes autant que les spécialistes s’y intéressent, et Mary peut, enfin, espérer faire vivre sa famille de sa recherche de « curios ».

Non seulement elle a désormais une connaissance pointue des fossiles et « monstres » de pierre, mais encore est-elle capable d’en trouver là où personne d’autre n’en voit, presque sur commande !

Pourtant, elle n’est qu’une femme, la célébrité ne la trouvera pas, nul ne la prend au sérieux, ses trouvailles partent loin sans lui apporter la moindre reconnaissance dans son sillage …

 

Alors ?

Et bien, il faut vous préparer à un roman qui se déroule en quasi intégralité sur la plage, dans la boue, à la recherche de fossiles et d’ichtyosaures.

Donc, si vous n’avez aucune affinité pour l’histoire du monde et sa création, si vous ne vous intéressez en rien à la condition féminine de l’époque, ce roman n’est pas pour vous.

Toutefois, même si vous n’êtes aucunement passionné de fossiles ou de préhistoire, ce roman peut s’avérer passionnant !

L’auteur parvient à rendre la recherche de fossiles, leur nettoyage,  leur vente et leur compréhension palpitants.

De plus, ce roman renferme également, comme il se doit, les histoires personnelles, la triste vie d’Elisabeth, sa jalousie lorsqu’un homme s’intéresse à la bien plus jeune Mary, son amitié loyale pour cette jeune fille, les amours mal placés, mais aussi le regard porté par les hommes sur les femmes, la façon dont les prétendus « gentilshommes » se servent des femmes de plus bas lignage, le manque de respect de certains….

Toute une image de la société de l’époque se superpose alors à la recherche de fossiles.

 

C’est donc un très joli roman. Un roman un peu singulier aussi !

Ce qui m’a le plus plu ? Curieusement, la recherche des fossiles, alors qu’en fait c’était certainement l’aspect le plus ennuyeux du roman.

Ce qui m’a déplu ? Je pense que l’auteur aurait dû inclure quelques informations complémentaire sur les exemplaires fossilisés trouvés ! J’ai – curiosité oblige – « googlé » les exemplaires trouvés ainsi que le nom de Mary Anning et j’ai donc pu enfin véritablement pu imaginer les fossiles déblayés. Or, j’aurais aimé en apprendre plus sur leur signification dans la chaine de l’évolution. Evidemment, à l’époque on n’en savait rien, on n’osait même pas en parler parce que cela pouvait être considéré comme blasphématoire, ce qui est largement souligné dans le roman et explique ce manque, mais j’aurais aimé ne serait-ce qu’une note de bas de page, ou un petit mot à la fin du roman pour en apprendre un peu plus. C’est une véritable lacune.

 

Enfin, le commentaire du quart de couverture fait un lien entre ce roman et les romans de Jane Austen – alors là, non ! Oui, c’est globalement la même époque, oui, on parle de femmes et de leur condition, mais tout de même ! Le sujet principal est une femme réelle, ses découvertes, et non pas ses amours,  ni la complexité de sa famille ni aucune autre histoire de jalousie, d’amour ou d’envie.

 

Le fait est que j’ai beaucoup appris et que j’étais moi-même surprise du plaisir que j’ai pris à lire ce roman !

 

Philippa GREGORY - L'héritage Boleyn : 9-/10

Publié le 05/03/2012 à 13:42 par edenlalu Tags : philippa gregory héritage boleyn henri VIII
Philippa GREGORY - L'héritage Boleyn : 9-/10

Philippa GREGORY – L’héritage Boleyn : 9-/10

Une belle « suite » du roman « Deux sœurs pour un roi » (voir mon commentaire enthousiaste :http://edenlalu.centerblog.net/250-philippa-gregory-deux-soeurs-pour-un-roi).

Ce deuxième roman retraçant la vie à la cour d’Henri VIII n’atteint pas le niveau du premier roman - qui est presque parfait grâce notamment à cette rivalité entre les sœurs Boleyn et les liens de famille souvent ambigus - mais « L’héritage Boleyn » se lit d’une traite et reste passionnant jusqu’à la dernière page !

On frissonne avec les reines, on baisse la tête en présence du roi, en fronce le nez en humant les odeurs nauséabondes montant de sa jambe et nous tremblons en pensant que ce roi-là avait une puissance telle qu’il pouvait imposer aux hommes et femmes la façon de se brosser les dents.

L’intrigue :

Nous retrouvons donc la cour d’Henri VIII, quatre ans après l’avoir quitté lors de la décapitation d’Anne Boleyn.

Henri VIII n’a plus rien du jeune prince séduisant, il est devenu gros, gras, sa jambe purulente empeste et derrière sa folie des grandeurs la démence le guette. Or, ce roi qui se croit désormais à l’égal de Dieu se perçoit toujours comme ce un jeune homme séduisant et nul n’ose le détromper comme nul n’ose le contredire sur la moindre petite chose, de peur de monter le lendemain les marches de l’échafaud.

En 1539, afin de s’assurer d’un allié puissant, Henri VIII épouse Anne de Clèves, une jeune femme de vingt-quatre ans qui ne parle pas Anglais, une jeune femme éduquée mais sans grâce, élevée de façon très stricte et sobre par son frère Guillaume. Anne est ravie de quitter sa patrie et sa famille et d’échapper à une prison, même si cela signifie entrer dans une autre cellule, elle sera toujours plus vaste.

Elle part donc fermement décidée d’être une bonne épouse, une bonne mère et une bonne reine, peu importe ce qui arrivera.

Or, un faux-pas involontaire la mettra en péril dès sa première rencontre avec le roi  : Henri VIII, qui adore se déguiser et se masquer, s’approche de la jeune femme qui ne le connaît pas encore lors de festivités et l’embrasse goulument sur la bouche. Anne, choquée qu’un ivrogne gras et puant ose la toucher de la sorte, le repousse … et Henri ne le lui pardonnera pas.

Pourtant, Anne fera tout pour lui plaire, oubliant son odeur, son caractère, son âge, s’efforçant de lui plaire dans toutes les situations avec un sourire à peine feint.

Mais Henri VIII n’a déjà plus d’yeux que pour une jeune fille de quatorze ans qui fait son entrée à la cour, Catherine Howard…

Catherine Howard, une des femmes d’atour de la reine, est écervelée, naïve et ne pense pas plus loin qu’au prochain bal et la belle robe qu’elle espère porter. C’est une fille un peu bête et totalement inconsciente des jeux politiques qui l’entourent. Son oncle, le terrible Duc de Norfolk, la poussera alors dans les bras du roi …

Dans les coulisses de ce jeu politique, Jane Boleyn, la veuve de George Boleyn qui a péri aux côtés d’Anne, observe et manœuvre en accord avec le Duc de Norfolk.

Nous retrouvons donc le même décor, les mêmes intrigues, mais d’autres protagonistes

La particularité de ce « deuxième volume », c’est le point de vue du lecteur : nous suivons le récit tour à tour à travers les yeux de trois femmes : Anne de Clèves, Catherine Howard et Jane Boleyn.

Cela permet d’avoir un œil sur tout et l’auteur parvient à se glisser dans la peau de chacune d’entre elles pour nous donner un regard d’ensemble ce qui nous permet de nous faire notre propre idée, sans jugement.

Ce que j’ai trouvé particulièrement réussi, c’est que Philippa Gregory adopte non seulement le point de vue de chacune de ces femmes mais s’efforce d’entrer dans leurs pensées et de s’adapter à leur façon d’être, l’une étrangère qui imagine apporter la moralité à la maisonnée, l’autre naïve et enfantine et la dernière qui se cache toute une partie de la vérité, peut-être pour ne pas sombrer dans la folie elle-même. Cela est d’autant plus intéressant que nous ne savons pas ce qui s’est véritablement passé ; l’auteur nous propose ici une image crédible sans nous imposer un parti pris pour l’une des reines.

Bien que les traits de chacune soient poussés, parfois à l’extrème, cela permet de se faire une idée globale crédible.

Ainsi nous voyons les efforts que fournit Anne de Clèves pour agréer le roi, pour être une bonne reine, ses difficultés de langue, ses problèmes d’adaptation à une culture bien plus légère que celle qu’elle a connue, son intelligence que personne ne perçoit en raison de la barrière de la langue, ses incompréhensions devant un mari aussi distant, ses surprises face aux intrigues, et sa terreur grandissante lorsqu’elle comprend enfin le danger dans lequel elle se trouve – car l’histoire nous a montré à quel point les épouses d’Henri VIII étaient menacées …

Ensuite nous découvrons la cour à travers les yeux de la jeune et désinvolte Catherine Howard. C’est une fillette sans grand esprit dont l’éducation n’est pas bien poussée, mais que se trouve grâce à ses liens de famille dans le petit groupe des femmes d’atour d’Anne de Clèves. Lorsqu’elle attire le regard du roi elle ne pense qu’aux belles robes qu’elle pourrait porter, aux danses au cours desquelles elle pourrait briller, aux distractions qui la feront rire. Sa jeunesse et sa naïveté la placeront rapidement auprès du monarque, mais son esprit et son imagination limités la mettront à son tour en danger, sans qu’elle s’en aperçoive, et jusqu’au bout elle reste une petite fille gâtée qui ne voit rien de mal autour d’elle.

Enfin, nous nous glissons dans la peau de Jane Boleyn, que nous ne connaissons que trop bien après avoir lu « Deux sœurs pour un roi ». Cette femme intrigante et sournoise, qui espionne et trahit, comment a-t-elle pu vivre avec elle-même ? L’auteur a trouvé une bonne manière de la présenter : Jane Boleyn semble ne pas consciente de sa propre perfidie, elle justifie ses actes devant elle-même de façon crédible, au point que si on ne savait pas qui elle est, en la suivant, on pourrait presque lui faire confiance.

J’ai trouvé cela très adroit.

Par ailleurs, le point de vue de Jane Boleyn permettait également de faire le lien entre le passé et les épouses précédentes du roi avant de reprendre le fil de l’histoire de façon logique et cohérente.

Comme dans le précédent roman, les intrigues et amourettes se chevauchent et tout tournoie autour du roi, centre du monde ou presque.

Sauf que cette-fois ci le roi n’a plus rien d’agréable, il s’est transformé en monstre, physiquement et moralement.

Il est tout simplement repoussant et fou, il fait ce qu’il veut, change les lois au gré de ses humeurs, récompense un serviteur la veille de son exécution.

Un homme effrayant auquel personne n’ose s’opposer.

Ce roman, comme le précédent, est certainement plutôt « féminin ».

Mais je dois dire qu’en le lisant, j’ai senti les murs se refermer sur les reines, j’ai craint les pièges, les espions, j’ai eu peur d’entendre les soldats frapper à la porte, j’ai craint les humeurs du roi.

Bref, j’ai encore une fois adoré. A lire !!

Je précise qu’il n’est pas absolument nécessaire d’avoir lu précédemment « deux sœurs pour un roi », mais c’est certainement mieux.

Philippa GREGORY - Deux soeurs pour un Roi

Philippa GREGORY - Deux soeurs pour un Roi

Philippa GREGORY – Deux sœurs pour un Roi : 10/10

(titre original : The Other Boleyn Girl)

Une fois ou deux par an je suis séduite par un roman qui me semble parfait tel qu’il est, je n’ai alors rien à redire et ne peut qu’accorder, avec joie d’ailleurs, un 10/10. Ce que je fais ici sans aucune hésitation.

(J’ai remarqué que cela m’arrive surtout face à des romans historiques, cela doit tenir à mon admiration devant la réalisation d’un livre qui mêle adroitement recherches poussées et imagination).

Ce roman, je l’ai a-do-ré !

J’en avais entendu parler, l’avais écarté maintes fois, mais récemment on me l’avait encore recommandé (merci Sylvie !), et c’est vraiment une excellente lecture.

Ce roman vous plonge dans un univers très particulier, celui de la Cour d’Angleterre du XVIème siècle, lors du règne d’Henri VIII, et de ses coulisses.

Henri VIII, je ne le connaissais qu’à travers les multiples romans que j’ai lus, pour moi c’était ce roi bedonnant et gras avec une fistule à la jambe qui suinte et sent mauvais, ce roi qui se débarrasse de ses reines selon son bon vouloir.

Ici, j’ai pu le découvrir alors qu’il était encore jeune, alors qu’il n’était pas encore le roi aux multiples épouses. Mais le roi aussi vieillit et change …

L’histoire nous est contée par Marie Boleyn :

Marie Boleyn, c’est « l’autre fille Boleyn », la sœur d’Anne, celle qui fut la deuxième épouse d’Henri. Marie était pour moi une inconnue, mais c’est bien avec elle que tout commence :

Elle n’est qu’une toute jeune fille de douze ans lorsqu’elle est mariée à William Carey puis présentée à la Cour, où elle est alors remarquée par le roi lui-même. Marie n’a que quatorze ans quand sa famille la pousse dans le lit du roi Henri VIII, et elle devient effectivement sa maîtresse, lui donnant deux enfants illégitimes, alors que la reine Catherine désespère de concevoir un enfant mâle.

Lorsque le roi commence à se lasser de sa jeune maîtresse, sa sœur aînée, Anne Boleyn, soutenue elle aussi par sa famille, le séduit à son tour.

Mais Anne est bien plus ambitieuse que cela, elle ne se contentera pas de devenir une simple maîtresse. Anne Boleyn vise le trône, elle souhaite se débarrasser de la reine elle-même pour prendre sa place !

Pour cela, elle se servira de toutes les manipulations possibles, détruira le bonheur de sa sœur, infligera un traitement dur à la reine, s’épuisera en jeux de séduction pour attirer Henri dans ses filets puis de l’y maintenir. Le jeu est dangereux, mais le prix à gagner est unique.

L’Histoire nous enseigne qu’elle y parvint, Anne épousera le roi Henri et sera couronnée reine.

Mais ce n’est pas tout d’accéder au trône – la pression de l’héritier pèse désormais sur elle … et n’est-ce pas elle-même qui a enseigné à Henri qu’aucune reine n’est inébranlable ?

Une lecture passionnante !

Bon, l’histoire, vous la connaissez certainement.

Mais ce qui est absolument palpitant dans ce roman, c’est le point de vue, nous avons l’impression de vivre à la Cour, de vivre dans les couloirs du Palais, de voir monter et chuter les personnages (il ne faut pas oublier, malgré tout, qu’il ne s’agit que d’une histoire romancée - mais oh combien crédible !!).

Nous vivons et souffrons au côté de Marie, qui, petite fille, tombe véritablement amoureuse du beau prince Henri (qui pèse alors bien moins lourd et n’a pas encore une jambe purulente). Malgré ses réticences et la jalouse de sa sœur, elle se laisse pousser avec plaisir dans les bras du monarque.

Innocente et naïve malgré tout, Marie souffre du plus profond de son cœur lorsqu’on lui demande de s’écarter afin de laisser la place à sa sœur Anne, décrite comme bien plus arrogante, volontaire et ambitieuse.

Nous assistons aux jeux des courtisans, aux faux semblants, aux manipulations, aux trahisons, et nous comprenons que les jalousies entre les dames d’atours, entre les familles de l’entourage royal étaient d’une violence farouche. La vie de courtisan était un travail plus épuisant qu’on ne l’imagine !

La famille Boleyn, qui porte Anne jusqu’au trône, n’hésite pas à sacrifier ses enfants pour atteindre ses objectifs. Marie, personnage central, qui fut pourtant la favorite du roi pendant un temps, se doit de s’éclipser sans se plaindre, d’oublier son bonheur, elle doit renoncer à ce qui lui est le plus précieux et personne ne la remerciera.

Le jeu de séduction d’Anne Boleyn est dépeint à travers les yeux de sa sœur, qui décèle donc toute la fausseté dans le comportement d’Anne, qui connaît ses faiblesses mais qui mesure également ses efforts et ses sacrifices ; la force dont fait preuve Marie pour soutenir sa sœur qui lui a tout volé est impressionnante mais crédible.

Observant Anne Boleyn à travers les yeux de sa petite sœur, j’avais constamment les mêmes sentiments à son égard : je la haïssais de prendre la place de Marie (et de la reine), de la repousser dans l’ombre, de marcher sans vergogne sur les cadavres des courtisans et même de sa propre famille, mais je la plaignais en comprenant les sacrifices qu’elle faisait, les efforts déployés jusqu’au bout.

Le roman relate une quinzaine d’années sur plus de 660 pages (en livre de poche). Je craignais, en ouvrant ce roman, que j’allais m’ennuyer ferme pendant certains passages.

Et bien, non, à aucun moment ! Le suspense est présent à chaque instant, les petites méchancetés, les pièges des courtisans, les efforts incommensurables déployés pour atteindre la plus haute marche, les stratégies politiques, tout cela est décrit de façon à ce que l’on tourne les pages sans s’interrompre.

Une magnifique fresque, à lire absolument !

Quant au style, il s’adapte parfaitement au roman. La seule observations « négative » que j’aurais à formuler est presque risible : j'ai noté quelques répétitions sans gravité (p.ex. des expressions utilisées deux fois, telle que celle-ci, décrivant un personnage qui arpente la pièce comme l’un de ces lions que j’avais (Marie) vus à la tour).

 

En fait, la seule véritable critique que j’ai à formuler concerne le titre français du livre : « Deux Sœurs pour un roi », ce n’est vraiment pas bien joli, cela fait penser à un roman pour ados, un petit roman d’amour sans profondeur et ne reflète en rien la profondeur du roman.

 

Je m’interroge sur la raison qui a conduit la traductrice (qui semble pourtant avoir fourni un excellent travail) à ne pas garder le titre original, en traduction littérale bien évidemment : « L’autre fille Boleyn », ou encore toute simplement « L’autre Boleyn », d’autant plus que cette expression ‘d’autre fille Boleyn’ traverse le roman tel un fil conducteur.

 

Janice GRAHAM - La fille du tailleur : 8/10

Publié le 24/08/2011 à 12:31 par edenlalu Tags : janice graham la fille du tailleur
Janice GRAHAM - La fille du tailleur : 8/10

 

Janice GRAHAM - La fille du tailleur : 8/10

 

 

Je ne suis pas certaine que le classement de ce roman dans les « romans historiques » soit justifié puisqu’il s’agit surtout d’une très belle histoire d’amour sur fond de XIXème siècle, mais sans les convenances de l’époque, l’histoire n’aurait pas été aussi profonde et n’aurait même pas existée. Et voilà que « la fille du tailleur » se trouve donc dans les romans historiques.

 

Qui est elle ?

 

Nous nous trouvons donc au milieu du XIXème siècle. Veda Grenfell, seize ans, la fille du tailleur, tombe gravement malade et perd l’ouïe.

A cette époque, sa surdité constitue un obstacle insurmontable, une véritable catastrophe pour Veda et sa famille, son avenir s’écroule. Sourde, elle ne pourra trouver de mari, et ce même avec une riche dot, et elle ne pourra certainement plus évoluer dans la société, elle ne pourra même pas faire ses débuts !

Pire, étant une femme elle ne peut espérer exercer le métier de tailleur alors même qu’elle a hérité le talent de son père.

Doit-elle dès lors accepter d’épouser le seul qui s’intéresse à elle ? Doit-elle se lier à un homme qu’elle n’aime pas, quitte à s’enfermer à tout jamais dans une cage dorée et silencieuse ?

 

Mais Veda a un fort caractère et son amour pour le métier de son père la pousse à insister, à se faire sa petite place dans l’entreprise paternelle, malgré son handicap. Elle trouve là un rayon de lumière. Si elle ne peut vivre une vie de jeune femme, elle peut tout de même s’épanouir dans son métier, même si elle ne pourra jamais officiellement succéder à son père.

 

La vie réserve néanmoins bien plus à la jeune femme !

Sa route croise celle de Harry, un jeune Lord dont elle tombe amoureuse et qui ne semble pas indifférent à son charme, son esprit et sa beauté.

Seulement, même sans son handicap elle ne pourrait espérer plus que devenir la maîtresse d’un Lord, car n’oublions pas qu’elle n’est que la fille d’un commerçant. Espérer plus est utopique.

Mais là, par-dessus tout, elle est sourde ! Une tare absolument inimaginable chez une femme qu’un Lord pourrait fréquenter.

 

Le lien entre Harry et Veda est fort, mais ne peut résister aux convenances et se brise sur les règles rigides de la société du XIXème siècle.

 

 

Un roman prenant que l’on dévore. L’histoire d’amour est belle sans jamais tomber dans la niaiserie, les difficultés de Veda, sa maladie, les coups du sort qu’elle subi, tout est décrit sans jamais devenir pesante. Et étonnamment, le roman est truffé de conversations, ce qui rend la lecture encore plus aisée.

 

Janice Graham, pourtant entendant, parvient parfaitement à transcrire la barrière que constitue la surdité : elle interdit toute interaction avec les autres. On ne peut leur parler, on ne peut les entendre, on ne peut les comprendre, on ne peut que les observer. La surdité dresse un mur entre les hommes, surtout à l’époque de Veda.

 

Au cours du livre, Veda devient maître dans l’art de déchiffrer les expressions du visage, l’attitude et la tenue, elle en fait une force. Cette évolution est lente et constante, au début elle est incapable d’affronter ne serait-ce que la famille, mais elle affine ses dons et en fait une force. Pourtant, elle se heurte encore et encore au mur du silence, car seuls quelques amis et proches parviennent à communiquer normalement avec elle et acceptent d’apprendre la patience nécessaire pour entrer en contact avec elle.

 

On s’imagine bien cette jeune fille qui se débat contre les règles de la société, puis contre son handicap. Finalement, ce sera son handicap qui lui permettra de transgresser quelques règles infranchissables pour une jeune fille « ordinaire ».

 

Ce qui j’ai particulièrement apprécié dans ce roman, c’est qu’à chaque fois qu’elle atteint un objectif, Veda se retrouve face à un autre mur. Elle doit constamment choisir son chemin, elle semble ne jamais pouvoir atteindre son but.

 

L’amour contrarié avec Harry traverse le roman sans que celui-ci ne deviennent trop teinté de rose. Un amour qui naît de la complicité de ces deux êtres, mais qui ne pourra s’épanouir.

 

Un livre qui se lit avec une déconcertante facilité. Avec Veda, nous abandonnons un peu le sens de l’ouïe pour découvrir les couleurs de sa vie.

 

J’ai lu ce roman comme s’il s’agissait d’une nouvelle, sans jamais m’ennuyer. Incroyable, ce que la vie de Veda peut être passionnante !

 

Bon, sur les cent dernières pages j’ai trouvé son voyage en France et ses déboires finaux un peu superflus, mais cela n’est pas bien gênant.

 

C’est un livre qui est plutôt féminin mais qui peut plaire à tous les adeptes des romans historiques ou de belles histoires d’amour.

Jennifer DONNELLY - L'insoumise : 8/10

Publié le 20/02/2011 à 10:05 par edenlalu Tags : jennifer donnelly l insoumise insoumise the tea rose historique
Jennifer DONNELLY - L'insoumise : 8/10

 

 

Jennifer DONNELLY – L’INSOUMISE : 8/10

 

 

En voilà un joli roman historique qui contient tous les ingrédients que j’affectionne dans ce type de livre : une vraie intrigue, une histoire d’amour, de l’aventure, des voyages. Mais, surtout et avant tout, il s'agit d'un roman qui se déroule à une époque révolue et qui permet donc d’en connaître un peu plus sur les conditions de vie de ce passé que nous n’avons pas connu.

 

Ici, il s’agit de la fin du 19ème siècle. Nous nous trouvons dans le quartier populaire de Whitechapel, à Londres. C'est là que vit la jeune Fiona Finnegan avec ses parents, ses frères Charlie et Seamus et sa petite sœur, encore nourrisson. Elle-même travaille dans une usine de thé, son père est simple docker. Ils travaillent tous dur pour survivre, mais leur famille est unie. 

Malgré la pauvreté dans laquelle elle grandit, Fiona est heureuse et a des rêves d’avenir dans la tête. Elle est fiancé à Joe, son amour depuis l’enfance, son confident, son ami. Joe, qui vit dans le même quartier, est vendeur des quatre-saisons et nourrit les mêmes rêves que Fiona. Depuis un an maintenant, ils mettent de coté de l’argent, lentement, pièce par pièce, glissant la monnaie économisée dans une petite boite de cacao cachée sous le lit. Dès qu’ils en auront assez, ils ouvriront un commerce, une épicerie, et se marieront. Ils imaginent déjà l’aspect de leur boutique, ce qu’ils feront, comment ils exposeront leurs produits.

 

Leur avenir est heureux. Leur amour est fort, physique.

Seulement, le sort ne les aide pas. Alors que Joe obtient un bon poste qui lui permettra d’économiser plus rapidement l’argent requis pour réaliser leurs rêves, la fille de son patron parvient à le séduire lors d’un carnaval et tombe enceinte. Joe est contraint de l’épouser. Son cœur se brise, mais ce n’est rien à coté de Fiona.

 

La jeune femme perd non seulement son fiancé, mais le destin lui enlève presque toute sa famille en l’espace de quelques semaines, la laissant seule avec son petit frère Seamus : son père meurt dans un accident sur les docks, sa mère est assassinée par le terrible Jack l’Eventreur qu’elle avait surpris lors d’un de ses meurtres, son bébé la suit dans la tombe, et pour finir, Charlie est repêché mort de la Tamise.

 

Fiona se retrouve seule dans une pauvreté absolue, avec son frère de cinq ans sous sa responsabilité.

Quand elle tente d’obtenir réparation pour la mort de son père auprès de l’entreprise Burton qui l’employait, elle surprend une conversation confidentielle et désormais l’homme le plus puissant de Londres souhaite sa mort, envoyant des tueurs à ses trousses.

Fiona, démunie, sans le sou, ne peut prendre qu’une décision : quitter Londres. Quelque part en Amérique, à New York, vit le frère de son père décédé, c’est là qu’elle ira, elle vivra avec lui.

Avec son petit frère, le cœur brisé, les larmes aux yeux, elle s’embarque sur le premier bateau en partance.

Mais en arrivant à destination, elle trouve l’épicerie de son oncle close. L’épouse de l’oncle Michael est morte, ce qui l’a conduit dans l’alcoolisme, l’épicerie est mise aux enchères. Le dernier espoir de Fiona s’écroule.

Et pourtant elle se jure qu’un jour, elle reviendra en Angleterre, elle se vengera du propriétaire puissant qui a détruit sa famille. L’amour, elle y renonce, jamais elle ne pourra aimer un homme autre que Joe. Mais elle n'abandonnera pas si facilement !

 

Seulement, comment pourra-t-elle survivre dans un pays étranger, sans argent, ses illusions perdues, son amour arraché de ses bras ? Comment atteindre son objectif ?

 

Jennifer Donnelly nous raconte l’histoire de Fiona avec tendresse et précisions. Sans nous en apercevoir, nous tournons les 818 pages du livre (édition Pocket), entraînés dans ce combat que mène Fiona contre son sort.

La jeune femme est courageuse, elle ne baisse pas les bras, ne serait-ce que pour son petit frère Seamus. Quand il n’y a plus d’espoir, elle se relève malgré tout.

 

L’insoumise (« The Tea Rose » en VO) nous fait vivre une belle aventure, celle d’une jeune femme indépendante que les épreuves ne brisent pas, mais rendent plus forte.

  

L’écriture est fluide, agréable, et nous imaginons aisément les familles pauvres se débattre pour trouver de quoi rapiécer une vieille veste alors que les riches se complaisent dans le luxe. Le gouffre qui sépare les propriétaires des ouvriers est énorme, mais le cœur peut se situer des deux cotés.

 

Si une certaine naïveté transparait à travers les lignes, si l’ascension de Fiona semble un peu trop simple, cela ne gâche en rien le voyage que nous entreprenons en sa compagnie.

 

On s’attache à la jeune femme, on souffre avec elle. Et toutes ces occasions manquées pour retrouver Joe ! Les deux êtres qui se sont destinés semblent ne jamais pouvoir se retrouver.

 

En lisant ce livre, je me suis plongée dans ce monde de la fin du siècle, j’ai suivi Fiona dans son entreprise de thé, je l’ai observée apprendre les astuces de la bourse, je l’ai vue grandir sans jamais trahir son cœur ni ses convictions.Pourtant, la loyauté exige parfois des sacrifices importants.

 

Dès le début on imagine bien le déroulement de l’histoire, et ce n’est donc pas tant le suspense qui nous fait tourner les pages que la douceur de l’histoire et l’évolution passionnante du personnage central.

 

C’est un roman que je recommande à tous les amoureux de romans historiques de la fin du XIXème siècle. Ne vous laissez surtout pas effrayer par la longueur, ce n’est qu’une apparence.

A aucun moment on ne s’ennuie, et le plaisir reste intact jusqu’à la fin.

Ken FOLLET - La chute des géants : 7/10

Publié le 15/10/2010 à 18:58 par edenlalu Tags : fall of giants la chute des géants ken follet date sortie tome 2
Ken FOLLET - La chute des géants : 7/10


Ken FOLLET –La Chute des Géants (le siècle, T1) : 7/10

Voici donc le premier tome de la « Trilogie du siècle », une épopée dont le seul premier tome fait près de 1.000 pages, écrit par « le roi », Ken Follet !!

Je me suis littéralement jetée sur « la chute des géants » (Fall of Giants) avec la ferme intention d’aimer, que dis-je, d’adorer, car quoi de mieux qu’un roman historique écrit par Ken Follet ?

Pour ce premier tome, Ken Follet a choisi comme coulisses la première guerre mondiale et nous propose donc de découvrir ce conflit à travers les yeux de différents personnages issus de statuts sociaux, horizons et nationalités différents. L’approche de la guerre ’14-’18 se veut ainsi globale puisque nous suivrons des soldats, leurs femmes restées à la maison, mais également les membres de la noblesse et les leurs.

Au cœur du roman, cinq familles que je vais tenter de vous décrire sans aucunement dévoiler l’intrigue (ce qui n’est pas nécessairement très aisé) :

Les Williams, une famille de mineurs vivant dans une petite ville minière en Angleterre. Le père est un syndicaliste, le fils, Billy, un jeune homme courageux qui devra partir à la guerre, Ethel, la fille, qui est d’abord domestique dans la famille du comte Fitzherbert avant de partir pour Londres.

La famille Fitzherbert, propriétaire de la mine, fait partie de l’ancienne noblesse. Fitz, le comte, a épousé une princesse russe, Bea, et évolue dans les hautes sphères de la diplomatie grâce à sa naissance. Un homme arrogant qui tient à ses acquis. Sa sœur, Maud, est plus ouverte et lutte pour le droit de vote des femmes et plus généralement pour les droits des démunis.

A travers ces deux familles nous comprenons dès le début l’énormité du clivage qui sépare les riches et nobles des pauvres et ouvriers et l’injustice extrême de cette époque.

Pour représenter le point de vue allemand, nous suivons la famille des von Ulrich et notamment Walter et son père Otto. Ce sont des diplomates, le père conservateur et le fils, Walter, plus ouvert sur le monde. C’est d’ailleurs le seul à avoir voyagé et à connaître l’Amérique pour y avoir été.

Nous découvrons également la Russie en suivant les frères Pechkov, Grigori l’ainé et Lev le plus jeune. Ces deux frères ont perdu très tôt leurs parents et Grigori a élevé son petit frère. D’ailleurs, là ou Grigori est honnête et travailleur, Lev est voleur et voyou. Leur rêve est de partir en Amérique.

Enfin, l’Amérique nous est présentée à travers les yeux de Gus Dewar, un jeune diplomate qui tente de se faire sa place parmi les hommes politiques de son pays.

Les destins de ces hommes et femmes vont s'entrecroiser à l'occasion du conflit.

Les amitiés seront mises à rude épreuve lorsque les amis seront contraints de combattre dans des camps opposés. Des familles entières seront déchirées, les hommes partant à la guerre laissant les femmes et enfants derrière eux. Les amoureux seront séparés par des frontières infranchissables. La vie personnelle semble vouloir influencer les espoirs des uns et des autres.

Ken Follet n’a pas oublié de mettre en avant le point de vue des femmes et expose leurs difficultés souvent très particulières, comme celle de se retrouver seule avec des enfants sans père. Elles sont alors rejetées par leurs familles et se retrouvent dans un dénuement extrême. Il insiste d’ailleurs assez lourdement sur ce combat féministe qui se joue en parallèle aux affres de la guerre.

Comme dans tous les romans de Ken Follet, nous trouvons tous les sentiments et toutes les émotions, qualités et défauts de l’être humain. Nous croisons ainsi l’amour, les souffrances de la guerre, l’injustice, l’arrogance, l’envie, la jalousie, l’abus de pouvoir, l’honnêteté, le courage etc. etc.



Bref, tous les ingrédients d'un livre historique extraordinaire.


Pourtant, cette-fois ci j'ai été (un peu) déçue. 
Les caractères, bien qu'excellemment bien dépeints, n'ont pas la même profondeur que les personnages habituels de l'auteur. Peut-être y en avait-il trop ? Certains paraissent même caricaturaux.


Si j'ai adoré me plonger dans les conditions de vie de l'époque, je trouve que certaines situations n'étaient pas suffisamment approfondies – alors que d’autres étaient exagérées à l’extrême.

Ainsi j’ai regretté que K. Follet insiste un peu trop sur les relations diplomatiques, les tergiversations de l’avant, pendant et après-guerre, ainsi que les stratégies politiques ou encore les stratégies militaires.

Pour exemple (qui ne vous gâchera en rien le suspense, ne vous inquiétez pas), avant même que la guerre éclate, des dizaines de pages sont consacrés aux échanges entre les dirigeants de ce monde dans le genre : « si tu restes neutre, je ne mobilise pas mon armée à l’Ouest, mais si tu mobilises, j’attaque le pays X. Si le pays Y ne fait pas ceci, nous nous allions avec le pays Z ». Ces discussions, dont nous connaissons l’issue puisqu’il s’agit de faits historiques, ont alourdi inutilement le récit et étaient simplement trop longues. De même les détails techniques dans certaines situations me semblaient superflus.

Peut-être Ken Follet craignait-il une critique sur ses connaissances et cherchait la légitimité ? Cela serait étonnant de la part d’un auteur d’une telle envergure, mais je ne m’explique pas autrement cette méticulosité extrême dans certaines descriptions.

Il va jusqu’à mentionner de petits faits historiques (un match de boxe et son issue), comme pour s’assurer de sa crédibilité, et dans sa note de fin de livre il croit devoir expliquer que les scènes comprenant des personnages réels ‘se sont passés ou auraient pu se passer’.

Malheureusement, cet amour du détail historique gâche la fluidité de certains chapitres.

En même temps, certains aspects ont été négligés, du moins à mon sens. Si nous sommes plongés dès les premières pages dans la vie à la mine, ou encore la vie en Russie, la vie des ouvriers et hommes et femmes simples, par rapport aux relations diplomatique on a l’impression que ce monde plus « réel » est à peine effleuré.

Pendant la guerre, sur le front, il en va de même ; les stratégies sont mises en exergue, mais la véritable souffrance des soldats simples, si elle est pourtant clairement mentionnée tout autant que les morts inutiles, présente d’importantes lacunes, du moins par rapport au détail des discussions prérévolutionnaires russes (p.ex.)

Ainsi nous croisons quelques blessés, beaucoup de morts, assistons à l’arrivée des télégrammes si redoutées par les familles des soldats partis au front, mais on a l’impression que les morts sont très propres et rapides. A peine sont mentionnées les souffrances des blessés, les infections, la gangrène. C’est sûr, ce n’est pas l’essentiel, mais je le mentionne en comparaison des aspects politiques trop présents.

Car, à mes yeux, je considère que si nous lisons ce livre, ce n'est pas tant pour connaître l'issue de la guerre ni même son déroulement (ce sont des faits connus) que pour suivre le destin des personnages.

Maintenant, concernant les différentes intrigues, les histoires entremêlées qui sont tout de même l’essence même du roman, tout cela reste absolument passionnant et on suit avec plaisir les destins des personnages, que ce soit les anglais, les allemands les russes ou les américains. On souffre avec les femmes restées à la maison, avec les révolutionnaires russes qui montent sur les barricades, les soldats qui hésitent à se servir de leurs armes, on admire le courage des uns et on méprise les autres et leur égoïsme.

Je dois néanmoins dire que certains hasards des rencontres paraissent un peu trop grossiers (deux des amis combattant dans des camps opposés se retrouvent lors de le trêve de Noël 1814, d’autres se retrouvent à travers les continents, par hasard). Mais bon, si on peut pardonner à Mary Higgins Clark ses policiers construits sur des coïncidences, on peut bien fermes les yeux sur ce petit défaut dans ce livre de Ken Follet. Bien que ce soit plus étonnant chez ce dernier d’avoir choisi une telle facilité pour son histoire, du moins par moments.


Bref, ce premier tome de la trilogie du siècle est un peu trop long par moments et aurait mérité quelques bonnes coupes. L’intrigue aurait largement gagné à ne pas être ralentie par des blablasdont on connait l’issue avant même d’ouvrir le roman. Même si le détail est par moments impressionnant, il n’en est pas plus passionnant pour autant.

Pour la première fois dans un roman de Ken Follet je me suis dit, à certains instants, oh, encore, c’est long. D’habitude je tourne les pages tellement vite que je ne vois pas le temps passer et suis très étonnée d’en être déjà à la fin.

Ici, c’est effectivement le cas, c’est certain - puis le rythme ralentit - puis il s’accélère à nouveau.

En résumé je dirais que ce roman est trop méticuleux.

Je préfère franchement quand Ken Follet se concentre sur ses personnages et leurs interactions et moins sur les points de détail historiques. Néanmoins, je tire mon chapeau devant ses recherches et son travail, raison pour laquelle j’accorde tout de même une bonne ‘note’.

Car malgré tout, et grâce au talent d'écrivain de Ken Follet, "la chute des géants" est un honnête roman historique qui se lit sans difficulté, nous rappelle ce conflit du début du 20ème siècle et nous apprend beaucoup sur cette terrible guerret, ses raisons et ses aboutissements. Le monde était fort différent, et comme le titre nous le promet, nous assistons à la chute des géants, à la naissance d’un nouveau monde.

 

 

NOTE AJOUTEE le 2 février 2012 et complétée en avril 2012:

Bonjour à tous,

vous êtes nombreux à m'interroger sur la DATE DE SORTIE DU VOLUME 2 (qui suivra les familles au cours de la 2nde guerre mondiale). Voici, enfin, la réponse :

 


Ce deuxième volume sortira :

- en VO, sous le titre "Winter of the World", en septembre 2012

- et en Version Française dès le 11 octobre 2012 !!

 

 

KEN FOLLET - Un monde sans fin : 8+/10

Publié le 11/10/2010 à 21:11 par edenlalu Tags : un monde sans fin ken follet
KEN FOLLET - Un monde sans fin : 8+/10

Ken FOLLET – Un monde sans fin : 8+/10

 

 

Le « roi » a encore frappé, si vous voulez bien excusez cette expression totalement risible, mais c’est l’idée qui m’est venue à l’esprit après avoir lu ce livre.

 

« Les piliers de la terre », œuvre incontournable de l’auteur et monument du roman historique, m’avait ébloui, mais il me semblait impensable d’écrire une « suite ». Pourtant, Ken Follet a osé !

Non, ce n’est pas véritablement une suite, les deux livres sont totalement indépendants l’un de l’autre, vous pouvez les lire dans le désordre, mais la ressemblance est frappante.

 

Dans les « Piliers de la terre » les héros construisaient, au VIIème siècle, la cathédrale de Kingsbridge, et le détail apporté à cette épopée m’avait semblée absolument fantastique. Oui, « les piliers de la terre » est pour moi un véritable 10+ dans le genre du roman historique.

 

Je ne dirais pas qu’avec « un monde sans fin » Ken Follet fait aussi bien, car je ne le pense pas. Mais il récidive néanmoins en signant ce merveilleux livre qui est clairement coupé en suivant le même modèle. La ressemblance entre les deux livres est presque trop frappante, puisque les héros et leurs destins sont similaires à ceux qu’ont vécus les constructeurs de la cathédrale de Kingsbridge. Mais il ne faut pas s’en formaliser, je pense.

 

Nous sommes donc au XIVème siècle, à Kingsbridge – et oui, à Kingsbridge. La ville dépérit lentement, le commerce ralentit, le Prieuré connaît des difficultés et est dirigé par des moines avides qui dénient toute intervention aux nonnes.

 

Tous les personnages sont dépeints avec amour et leurs caractères sont forts différents. Au centre de l’intrigue nous suivons Merthin, Caris, Gwenda et Ralph.

Merthin est un descendant de Jack le constructeur, il est également architecte, intelligent, travailleur, loyal, à l’image de son aïeul. Il voue un amour inconditionnel à Caris, un amour qu’il ne parvient pas à maîtriser.

Quant à  Caris, c’est une jeune femme qui a du mal à s’accommoder d’une vie de femme au foyer. Elle aspire à une véritable carrière, impossible pour une femme à cette époque. Surtout, sa vie ne lui facilitera guère les choses et sa relation avec Merthin est difficile.

Gwenda est poursuivi par le destin. Vendue par son propre père pour une vache, abusée par son seigneur, ayant un physique plutôt ingrat mais une vive intelligence, elle ne parvient pas à se sortir de sa misère malgré tous les efforts. Et pardessus tout, l'homme qu'elle aime en aime une autre.

Enfin, Ralph, le jeune frère de Merthin, un homme arrogant et menteur qui parvient néanmoins à se s'élever au-delà de son statut social.

 

Autour de ce quatuor gravitent de multiples personnages secondaires, tous aussi colorés et fascinants. Ken Follet parvient toujours à nous décrire le moindre caractère avec tellement de talent que nous les imaginons sans peine et avons l’impression de les connaître personnellement.

 

L’intrigue se déroule dans un monde dans lequel le clergé a une grande influence et dans lequel les seigneurs ont un pouvoir de vie et de mort sur leurs sujets.

Vous trouverez de tout dans ce livre, les jalousies, les adultères, l’abus de pouvoir, le courage, la maladie, les coups du sort, la peste … Ken Follet n’a oublié aucun détail du monde médiéval qu’il décrit.

 

Au cœur de l’histoire une autre construction : le pont de Kingsbridge, le pont qui devrait permettre à la ville de revivre.

Merthin, malgré les coups bas de ses rivales, parvient à se hisser au sommet de son art et à imposer ses projets pour mener à bien non seulement la construction du pont, mais également la rénovation de la cathédrale.

 

Bref, une histoire passionnante décrite de façon si vivante qu'on a l’impression d’y avoir été.

 

Certains destins tragiques vous toucheront plus que d’autres. Certains seront impressionnés par la volonté de Caris, une force de caractère qui affronte les épreuves en faisant face, d’autres seront attendris par l’amour indéfectible de Merthin et impressionnés par son parcours, mais pour ma part j’ai plus d’admiration pour Gwenda, une force de caractère impressionnante, un courage à tout épreuve dans un petit bout de femme à qui le destin a distribué les mauvaises cartes, elle ne bénéficie pas d’un physique de rêve, elle est née dans une famille terrifiante et la jalousie du seigneur lui interdit, semble-t-il, tout bonheur. Mais elle s’accroche, protégeant son amour et sa famille, peu importe les conséquences.

 

Même si ce livre n’arrive pas à atteindre le niveau des « Piliers de la terre », il n’en reste pas moins un excellent roman historique que vous pouvez lire avec un grand plaisir. Mais ne faites pas la même erreur que je viens de faire, ne comparez pas !

Diana GABALDON : Le Chardon et le Tartan - 8,5/10

Publié le 01/06/2010 à 21:25 par edenlalu Tags : le chardon et le tartan diana gabaldon
Diana GABALDON : Le Chardon et le Tartan - 8,5/10

LE CHARDON ET LE TARTAN de Diana Gabaldon : 8,5/10

 

Voilà un excellent livre qui tient toutes ses promesses, et même au-delà ! Ce roman mêle habilement voyage dans le temps, aventure, passion et amour (c’est d’ailleurs le premier tome d’une petite saga).

 

J'aurais peut-être dû le classer dans la rubrique "fantastique", mais finalement, le coté fantastique reste limité au moment fatidique lors duquel Claire se retrouve projetée dans le passé, et le coté historique reste donc prépondérant.

 

Ah, maintenant vous voulez savoir de quoi il s'agit ? Voilà :

 

Claire, l’héroïne, se promène en Ecosse auprès d'un menhir quand, par un malheureux concours de circonstances, elle est précipitée deux cents ans en arrière et se retrouve dans l’Ecosse du milieu du 18ème siècle !

Une femme moderne en 1743 – Claire devra s’adapter rapidement ! Elle fera face à de terribles évènements, elle connaîtra toute la violence de ce siècle passé. Et c’est dans ces lieu et temps improbables qu’elle rencontre l’amour. Seulement, pourra-t-elle vivre son amour au 18ème siècle ou va-t-elle rentrer chez elle, abandonner son amant ?

 

Ce livre fait véritablement voyager le lecteur, on se retrouve dans l’Ecosse de cette période troublée, on souffre et vit le tout du point de vue d’une de nos contemporaines.

Tout y est exacerbé : la passion, la violence, les aventures, les batailles.

L'histoire d'amour est forte et crédible. Les situations violentes de l'époque sont effrayantes. Les intrigues politiques dépassent l'héroïne.

 

Un livre à lire, et même à relire !

Arthur GOLDEN : Geisha - 10/10

Publié le 01/06/2010 à 13:42 par edenlalu Tags : geisha arthur golden
Arthur GOLDEN : Geisha - 10/10

GEISHA, d’Arthur Golden 10/10

 

 

Geisha est, comme son nom l’indique, le récit de la vie d’une Geisha.

Arthur Golden nous entraîne dans la vie de Sayuri, une petite fille qui entre, à l’âge de 9 ans, dans une okiya à Kyoto, endroit où vivent les geishas.  Avec Sayuri nous suivons le chemin initiatique de la geisha. Elle servira ses ainées, apprendra l’art de la coiffure, de la danse, du chant, fera ses premiers pas dans ce monde, subira la vente de sa virginité pour finalement devenir l’une des geishas les plus convoitées de Kyoto.

 

Nous sommes initiés à un monde qui nous est totalement étranger, et ce avec une grande adresse. On est immédiatement happé par le récit, pourtant à priori sans « action » véritable puisque ce livre est effectivement la « simple » biographie de Sayuri qui ne quittera pas ou peu Kyoto.

 

Une geisha, nous l’apprenons, est très loin d’être simplement cette femme au visage blanc, servant en silence les hommes. Elle suit un apprentissage long et fastidieux, possède une culture étonnante, doit avoir de l’esprit, savoir danser, chanter ….

Et nous découvrons qu’à coté des Geishas « en vogue » il y a celles qui, à défaut de plaire suffisamment aux hommes d’affaires, disparaissent dans les endroits sombres de la ville, devenant de simples prostituées.

 

« Geisha » est un livre passionnant qui s’appuie sur des recherches extrêmement poussées ; c’est une porte ouverte sur une autre culture. A lire absolument si vous vous intéressez ne serait-ce qu’un petit peu au Japon de l’avant-guerre.