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Dernière mise à jour : 08.02.2016
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Suspense/Thriller : auteurs A - G

Gillian FLYNN - Gone Girl (Les Apparences): 6,5/10

Publié le 11/09/2015 à 12:28 par edenlalu Tags : bestseller gillian flynn les apparences gone girl
Gillian FLYNN - Gone Girl (Les Apparences): 6,5/10

 

 

 

Gillian FLYNN – Gone Girl (Les Apparences) : 6,5/10

 

Avant d’être un film avec Ben Affleck « Gone Girl » ou « Les Apparences » (en VF) est d’abord un très bon thriller, un peu différent de ce que l’on lit d’habitude.

L’histoire est simple et ne se compliquera pas ….  même si le livre connaît des rebondissements fréquents.

 

 

PETIT RESUME :

Le matin du cinquième anniversaire de mariage de Nick Dunne et son épouse Amy cette dernière disparaît. Tout simplement. Elle était encore là à préparer des crêpes le matin – puis au cours de la matinée elle a disparu, sans laisser aucune trace.

Nick découvre une maison vide et en désordre en rentrant. Il est effondré … mais l’est-il vraiment ? Son couple, en apparence si parfait, l’était-il véritablement ?

Effectivement, les soupçons se portent rapidement sur lui. Les meubles renversés sont clairement une mise en scène, on découvre des traces de sang …. Chaque jour apporte de nouvelles incohérences dans la version de l’époux qui ne peut  qu’être le coupable. Mais l’est-il réellement… ou est-ce que la police néglige des pistes importantes, influencée par les médias ?

 

MON AVIS :

Ce roman est écrit du point de vue de Nick mais également du point de vue d’Amy, à travers le journal qu’elle tenai, et dans lequel on retrace les cinq années avant sa disparition. On découvre ainsi une femme qui a perdu toutes ses repères après avoir perdu son argent et son travail, après avoir suivi son époux pour s’occuper des parents de ce dernier, tous deux malades. 

Et on découvre un Nick qui ne semble pas un homme si charmant que cela. Et on s’interroge : est-ce seulement de la maladresse ou est-il indifférent ?

Le style d’écriture ne m’a pas véritablement ébloui, c’était très simple, aucun suspense créé par la plume de l’auteur lui-même.

Pourtant, on se prend au jeu et même si je n’étais pas véritablement surprise par certaines tournures, le plaisir de lecture est réel. Les « surprises » ne sont pas monumentales mais assez vivantes pour nous entraîner de plus en plus dans l’histoire qui reste bien montée et je dois admettre que j’ai adoré la fin ! Elle était bien amenée et c’est probablement la seule à laquelle je ne m’attendais pas vraiment.

Un roman très facile à lire, très agréable, qui ne demande pas beaucoup d’investissement intellectuel ni de mémoire. Car en effet, ici tout reste simple même si l’histoire est finalement plutôt complexe !

Les protagonistes ou autres caractères ne sont pas trop nombreux, ce qui est fortement appréciable. Ainsi on n’a pas à réfléchir pour savoir qui était qui après les dix premiers chapitres.

Le cadre est net et clair, bien préparé pour dérouler en toute simplicité une histoire qui n’est pas sans compléxité.

 

C’est un thriller accessible aux débutants tout autant que pour « confirmés »’, même s’il manque peut-être un peu d’action.

« L’affrontement final » de ce roman existe, mais il est également amené avec doigté et aisance.

Et comme je l’ai déjà dit, j’ai adoré l’issue. Mais c’est un point de vue personnel, certains ne vont pas apprécier.

 

Bref, un peut thriller sympathique, à lire sans modération

 

Lee CHILD - Killing Floor / Du fond de l'abîme : 9/10

Lee CHILD - Killing Floor / Du fond de l'abîme : 9/10

 

Lee CHILD – Killing Floor / Du fond de l’abîme : 9/10

 

Voilà un excellent thriller! Il date de 1997, avant la grande époque de la technologie (internet, cybercriminalité et même portables et autres géolocalisations), et il est tout simplement palpitant.

 

Pourtant j’avais repoussé la lecture de ce roman – qui était sur ma liste de lecture – puisque le sujet me faisait penser à « Rambo » et je n’avais franchement aucune envie de me lancer dans un livre de plus de 500 pages de ce style. Et bien, dès les toutes premières pages j’ai compris que j’avais eu tort ! Ce roman combine les éléments classiques du genre, à savoir action, suspense, héros atypique seul contre une puissance obscure, mais le mélange fonctionne parfaitement.

 

Commençons au début avec un résumé :

Jack Reacher, un ancien militaire, goute à ses tous premiers mois de liberté après une vie passée dans l’armée, d’abord en tant que fils de militaire, puis en tant que militaire lui-même. Il n’a pas de maison, pas de famille, il est seul et se promène un peu sans but à travers les Etats-Unis. C’est plus une lubie qui le détermine à descendre du bus en Georgie pour se diriger vers la petite ville de Margrave où l’attire une vieille histoire de musicien assassiné.

Il est accueilli par une pluie battante et s’apprête à prendre un copieux petit-déjeuner lorsqu’il est arrêté pour meurtre !

On lui reproche d’avoir tué à bout portant un homme, puis d’avoir tenté de dissimuler le cadavre. Il est vrai que Jack Reacher est le suspect parfait : dans cette petite ville propre sur elle, il est le seul étranger et c’est le premier meurtre en trente ans. La coïncidence ne parle pas pour lui !

 

Jack Reacher sait pourtant qu’il est non seulement innocent mais encore qu’il pourra le prouver, et il se détend. Seulement, il s’aperçoit rapidement que quelqu’un souhaite faire de lui le bouc d’émissaire, et l’affaire prend finalement une tournure très personnelle.

Surtout, cette affaire cache quelque chose de bien plus grand, les hommes ou femmes qui se cachent derrière ce premier meurtre sont prêt à des atrocités invraisemblables pour couvrir leurs traces.

Ils n’ont fait qu’une seule erreur : ils ont choisi la mauvaise personne. Car Jack Reacher a des ressources auxquelles ils ne s’attendaient certainement pas.

 

Oui, on a l’impression que cela nous présente l’histoire de Jack Bauer (de 24 heures) qui se glisserait dans la peau de « Rambo », et pourtant, non.

 

Bien qu’il y ait effectivement un côté « Jack Bauer » qu’on ne peut pas nier (mais n’oublions pas que ce livre date de 1997), Jack (Reacher) est un personnage à part entière qu’on découvre au fur et à mesure du livre et on ne regrette pas le voyage sans temps mort qui nous attend !

Il y a des rebondissements, des complots, des personnalités corrompues, des évènements qui se préparent, des coïncidences qui n’en sont pas, des coïncidences qui en sont bien.

 

Ce qui m’a le plus séduit dans ce livre c’est que vous êtes dans le bain au bout de deux pages, voir même au bout d’une seule page. Pas besoin de mise en bouche, pas besoin de préparer le lecteur, de présenter le héros solitaire. Il se présente tout seul, au fur et à mesure de l’action.

 

Quant au héros, justement, il est parfait et ce alors même qu’au premier regard c’est le héros de livre d’action/de suspense absolument caricatural : déjà physiquement c’est le stéréotype avec sa large carrure. Il est très grand, puissant, les yeux d’un bleu clair perçant, blond de cheveux. Son caractère correspond au personnage apparent puisqu’on découvre un homme très dur qui ne dévie pas de son chemin, qui est assez égoïste mais a également de l’humanité, qui pense d’abord à lui-même mais qui, une fois qu’il s’engage dans une bataille, ne lâche rien.

 

Oui, un héros typique du genre. Pourtant un héros très réussi ! On adhère, même si on n’aime pas le genre.

 

Quant aux autres personnages du livre, ils peuvent également paraître caricaturaux, mais ils sont tout aussi crédibles, malgré tout. Nous avons le policier noir, apparemment intègre, qui a fait carrière dans une grande ville et qui est venu s’enterrer dans ce petit village après son divorce, à savoir le nouveau chef de la police, Finlay. Puis la jeune flic, Roscoe, une femme très belle qui trouve Reacher à son goût. Puis l’homme de l’accueil, les barbiers noirs, le maire, le comptable, la femme du comptable, la serveuse, l’homme du FBI, les hommes de main de type hispanique, tous sont des stéréotypes, des figurants aux personnages principaux - et pourtant ça marche parfaitement bien.

 

C’est un exploit que de prendre des ingrédients aussi classiques, aussi typiques voire caricaturaux pour livrer un roman aussi passionnant jusqu’à la dernière page !

 

Je conseille donc vivement ce livre – qui est le premier d’une longue série !

 

On retrouve Jack Reacher jusqu’ici dans un total de 18 romans (cela peut changer d’ici l’année prochaine, veuillez donc excuser l’erreur qui pourrait survenir dans l’avenir de l’article mais le passé du lecteur) qui sont écrit soit à la première personne (comme ce premier roman), soit à la troisième personne.

 

Au niveau chronologique, les romans mettant en scène ce héros ne se suivent pas nécessairement, ainsi certains livres écrits plus tard mettent en scène Jack Reacher alors qu’il est encore dans l’armée. Pourtant, je pense qu’il est mieux de les lire dans l’ordre, même si ce n’est pas une contrainte imposée par la série qu’on peut parfaitement aborder dans le désordre. Il s’agit simplement de mieux connaître le héros, on comprend mieux qui il est et certaines choses paraissent plus logiques.

 

Voici la liste des livres de Lee Child mettant en scène Jack Reacher (liste établi le 2 novembre 2013, si d’ici votre lecture il y a des mises à jour à faire, n’hésitez pas à m’envoyer un message, il n’est pas toujours facile de se rappeler où et quand il faut remettre à jour les commentaires ou listes des commentaires, votre aide est donc toujours la bienvenue) :

Killing Floor / Du fond de l’abîme

Die Trying / Les Caves de la Maison-Blanche

Tripwire / Des gages pour l’enfer

Running Blind (The Visitor) / Un visiteur pour Ophélie

Echo Burning / Carmen à mort

Without Fail / Pas droit à l’erreur

Persuader / Ne pardonne jamais

The enemy / Liste mortelle

One Shot / Folie furieuse

The Hard Way / Sans douceur excessive

Bad Luck and Trouble / La faute à pas de chance

Nothing to lose / L’espoir fait vivre

Gone Tomorrow / Elle savait

61 Hours / 61 Heures

Worth Dying for / titre encore inconnu en français, sortie 2014

The Affair

A Wanted Man

Never Go Back

 

Harlan COBEN - Remède mortel : 7,5/10

Publié le 30/05/2013 à 11:45 par edenlalu Tags : harlan coben remède mortel coben
Harlan COBEN - Remède mortel : 7,5/10

 

Harlan COBEN – Remède mortel : 7,5/10

 

 

 

« Remède mortel », paru une premère fois il y a déjà plus de vingt ans, vient d’être réédité.

Il s’agit d’un très bon roman suspense qui se déroule dans le milieu de la recherche médicale, écrit d’une plume vivante – même s’il présente quelques petites imperfections.

 

Ce qui est particulièrement surprenant lorsqu’on lit ce roman aujourd’hui c’est le regard qu’avait à l’époque la société sur le SIDA – un regard presque oublié, même si une partie de l’image négative persiste. Harlan Coben en faisait dans ce roman une analyse fort juste.

 

Si, comme moi, vous êtes de la première « génération SIDA », celle qui n’a connu que l’amour protégé après la découverte du virus HIV, les souvenirs affluent, les préjugés qui, heureusement, font partie de l’Histoire (du moins en grande partie) mais étaient si réelles à l’époque, les incertitudes, la peur d’un simple contact, d’une simple proximité …. Et l’espoir d’une guérison, d’un remède … 

Je pense que me replonger à cette époque (symbole de ma jeunesse) a contribué à ce que j’ai lu ce roman avec un plaisir renouvelé.

Ou alors …. il est possible que l’autocritique plus que perspicace de l’auteur en avant-propos m’ait fait oublier les quelques points négatifs, ou les a rendus touchants.

Je ne saurais le dire.

 

 

Mais tout d’abord, voici le résumé :

 

Nous sommes à New York, à la fin des années ’80 (1980 pour les plus jeunes …).

Bruce Grey, un médecin est poursuivi à travers la ville mais parvient à poster une mystérieuse enveloppe  peu de temps avant de se fait assassiner de façon violente. Son meurtre est déguisé en suicide, aucune enquête n’est ouverte, même si ses proches insistent sur le fait que non, cet éminent médecin, qui était sur le point de trouver un vaccin contre le SIDA, n’avait aucune raison de se suicider.

Ce meurtre aurait pu rester impuni, classé dans les affaires des suicides, mais une autre enquête est ouverte suite à la découverte de plusieurs hommes assassinés et mutilés. Les victimes ne présentent, à première vue, qu’un seul point commun : tous étaient homosexuels et séropositifs. S’agirait-il de crimes haineux ???

La journaliste Sara Lowell, qui enquête sur ces affaires, trouve rapidement un autre point commun bien plus inquiétant : les hommes assassinés étaient tous traités dans la clinique dans laquelle le Dr. Bruce Grey travaillait !

Ces meurtres sont donc, d’une façon ou d’une autre, liés aux recherches de cet établissement. Seulement, les patients y bénéficient tous de l’anonymat absolu, puisqu’ils participent à une étude importante et ne souhaite souvent pas révéler leur séropositivité !

 

Après la mort violente du Dr. Grey, son associé, Harvey Riker, espère poursuivre les recherches sur ce vaccin et l’élaborer le plus rapidement possible, mais de puissants lobbies souhaitent lui faire fermer sa clinique pour que les fonds qui lui sont alloués aillent à « de plus nobles » causes.

Est-ce que les meurtres pourraient être liés à cette situation politique ?

C’est alors que Sara se trouve touchée encore plus personnellement par cette affaire …

 

 

Mon avis ? Nul ne le résume mieux qu’Harlan Coben lui-même

 

Je me permets de citer l’avant-propos de l’auteur, que je trouve perspicace, une autocritique juste que je n’aurais pas exprimé mieux que cela. Voici donc un petit extrait dudit avant-propos :

« … c’est le deuxième roman que j’ai publié. Je l’ai écrit à vingt ans et des poussières. Encore jeune et naïf à l’époque …..

…..celui-ci (ce roman) est un peu moralisateur par endroits, et daté par moments …..

En définitive, j’aime ce livre malgré tous ses défauts. Il y a une prise de risque et une énergie … »

 

C’est très joliment exprimé !

Effectivement, au niveau de l’écriture, on sent qu’il y a non pas une immaturité, mais plutôt un côté naïf, et il est exact que le côté moralisateur peut par moments être un peu envahissant. Enfin, à travers l’écriture même on ressent que ce roman n’est pas récent (si le sujet ne nous a pas mis sur la voie).

Et pourtant, je dois dire que l’énergie dont parle l’auteur, on la sent bien, elle fait vibrer ce livre !

 

Lorsque ce roman a été écrit, le SIDA est encore considéré comme une maladie d’homosexuels qui ne menace donc aucunement la population qu’on considère alors comme « normale » et « saine » - la population hétérosexuelle.

Tout ce qui touche à « ce monde-là » ne concerne pas Monsieur (ou Madame) Tout-Le-Monde, puisque c’est loin. Seuls les homosexuels sont concernés.Que la menace puisse peser sur tous, c’était inenvisageable.

 

Ce qui apparaît particulièrement bien à travers ce roman, c’est le regard porté sur les malades. Si la « mort sociale » n’est pas décrite, le rejet des personnes séropositives n’est pas mis en avant - ce qui est un peu dommage, mais c’est un thriller, pas une étude sociale -  on ressent la peur et le déni entre les lignes.

 

Donc, le sujet était d’actualité lorsque ce roman a été écrit, et le côté « nostalgique » est séduisant pour ceux qui ont connu cette époque !

Si Harlan Coben n’a alors pas encore affiné son style, la jeunesse du talent apparaît néanmoins parfaitement dans ce roman qui reste finalement classique.

Le suspense est bien construit, nous nous retrouvons déjà face à des rebondissements qui peuvent surprendre, même s’ils ne sont pas encore véritablement étonnants.

 

Bref, c’est un très bon thriller, une base solide sur laquelle Harlan Coben a su évoluer.

Quant à sa lecture, je la conseille surtout à ceux qui ont vécu la période de l’émergence du SIDA. Pour les plus jeunes, je ne sais pas s’ils sauront apprécier à sa juste valeur ce roman.

Pour ma part, j’ai passé un excellent moment à lire ce thriller qui m’a fait vieillir – comme les enfants qui grandissent et nous rappellent le temps qui passe, ce roman nous fait prendre conscience de l’évolution (positive, heureusement) de la société et de l’approche du virus HIV.

 

Karine GIEBEL - Juste une ombre : 8/10

Publié le 21/04/2013 à 10:51 par edenlalu Tags : karine giebel juste une ombe giebel
Karine GIEBEL - Juste une ombre : 8/10

Karine GIEBEL – Juste une ombre : 8/10

 

 

Karine Giebel confirme (encore une fois) son talent avec ce thriller très bien construit.

 

L’intrigue est prometteuse :

 

Cloé est une femme forte, indépendante, une femme d’aujourd’hui. Rien ne l’effraie, ni au travail, ni dans sa vie privée. Elle affronte les problèmes sans crainte.

 

Juste au jour où elle aperçoit une ombre, celle d’un homme vêtu de noir, la tête couverte d’une capuche. Et cette ombre semble la suivre …

D’abord Cloé doute, c’est son imagination, mais l’intrusion de l’ombre dans sa vie devient de plus en plus pressante, menaçante. L’ombre se glisse dans sa maison, pendant son absence d’abord, pour déplacer des objets, et va jusqu’à remplir le frigidaire, puis pendant sa présence aussi, alors qu’elle dort !

 

Cloé, femme moderne, s’adresse à la police, qui ne la croit pas. Quel individu irait s’introduire chez une femme pour lui remplir le frigidaire ?

Et pourtant, Cloé le sait, cette ombre n’est pas imaginaire. Et elle est malveillante, malfaisante, elle projette de la tuer. Mais pourquoi ?

 

Parallèlement nous faisons connaissance avec Gomez, un policier à la dérive, dont la vie personnelle est particulièrement difficile et que la perte d’un collègue finit d’achever. L’histoire de ce policier, un peu de la « vielle école », semble sans aucun lien avec l’histoire de Cloé, et pourtant leurs routes se croiseront, après une bonne moitié du roman. Alors on s’interroge, pourra-t-il l’aider ? La croire ? Ses propres démons lui permettront-ils d’apercevoir la vérité ?

 

 

Alors ?????

 

Un roman noir qui démarre lentement, avec une tension qui se construit en douceur.

L’ombre semble d’abord secondaire avant de prendre plus de place. Ce qui fait qu’au début du roman on s’interroge sur l’intensité du récit, mais rassurez-vous, cela vient !

 

De même, l’histoire du policier à la dérive reste tout d’abord totalement parallèle et on s’interroge sur son véritable intérêt, on attend qu’enfin la ligne se plie pour recouper l’histoire de Cloé.

Je précise qu’on aurait pu raccourcir un tout petit peu le récit concernant la vie de Gomez, puisqu’en définitif dès le début sa route est destinée à croiser celle de Cloé pour prendre part à l’histoire de la jeune femme. La profondeur de son histoire est donc un peu exagérée, mais nullement gênante. Il ne faut juste pas imaginer que cela ait la moindre incidence sur l’histoire de Cloé, c’est juste pour donner plus de relief à l’homme.

Et il est vrai que Gomez est attachant même si son personnage est tout de même proche du cliché du « bon vieux flic ».

 

L’évolution du personnage de Cloé m’a beaucoup séduite. Cette femme forte, qui, lentement, commence à douter d’elle-même, s’interroge sur sa santé mentale, se remotive, tente de se battre, mais se trouve lentement happée par la paranoïa, l’angoisse, la terreur, est bien amené. Tout d’abord en douceur, lentement, puis le récit s’accélère.

 

Le seul point que je n’ai pas apprécié c’était les quelques pages/chapitres au cours desquels nous partageons les pensées de l’ombre. C’est totalement superflu, du moins à mon sens, cela n’apporte rien, n’introduit ni suspense, ni doute, c’est juste des pages qui sont certainement destinées à augmenter l’angoisse, mais qui ratent leur effet. Comme il n’y en a que peu, ce n’est pas grave. Si vous sauter ces quelques pages, vous ne raterez strictement rien.

 

Enfin, à la fin on devine tout de même assez aisément ce qui se passe, mais au cours du roman le lecteur a tout de même l’occasion de soupçonner l’un, puis l’autre. Il est vrai que le fond de l’histoire a déjà été lu (une femme, que personne ne croit, poursuivie par un psychopathe intelligent), ce qui fait que, nécessairement, on se doute que nos soupçons sont dirigés volontairement vers l’un puis l’autre, que nos premiers « suspects » sont évidemment innocents, par expérience, parce qu’on a déjà lu beaucoup de romans du type.

Ce qui n’empêche pas que le lecteur s’interroge et attend avec impatience que l’ombre se manifeste de nouveau.

 

Surtout, quel est donc l’objectif final de l’ombre ? Voilà la question qu’il faudra se poser !

 

 

Bref, un excellent Giebel, qui ne laisse pas la place à l’ennuie. Sa plume, assurément féminin, est très agréable. Elle impose un style simple mais vivant que j’apprécie beaucoup.

John Grisham - The Litigators / Les Partenaires : 8,5/10

Publié le 05/02/2013 à 11:45 par edenlalu Tags : grisham john grisham les partenaires the litigators
John Grisham - The Litigators / Les Partenaires : 8,5/10

John GRISHAM – Les Partenaires (The Litigators) : 8,5/10

 

 

Encore un excellent Grisham. Mais ai-je déjà lu un de ses livres sans l’aimer un minimum ? Je ne crois pas.

Celui-ci, ans tous les cas, est vraiment réussi ! Je l’ai et ne l’ai plus lâché, alors même que l’intrigue semble à priori sans grande originalité : une histoire judiciaire, des avocats … bref, du déjà lu … Et pourtant !

John Grisham est un auteur qui parvient à rendre passionnant des sujets et situations pourtant plutôt fastidieux et on suit avec plaisir des héros antipathiques à souhait !

 

Que nous propose-t-il dans Les Partenaires (The Litigators en VO) ?

 

Le cabinet Finley & Figg est un tout petit cabinet d’avocats, dont l’activité principale consiste à « chasser les ambulances ». Un accident ? On s’y rend pour distribuer les cartes de visite. Pas de dossiers en cours ? Direction les urgences. Des publicités sont diffusées dans les endroits les plus improbables et le partenaire junior n’est pas au-dessus la distribution de bons de réduction, proposant des divorces à l’amiable à un prix tellement bas qu’il ne couvre même pas les frais. Ce qui n’est pas bien grave, puisqu’il suffit à ce moment-là de provoquer un désaccord entre les futurs ex-époux pour toucher des honoraires plus corrects …

Bref, c’est un cabinet bas de gamme, qui végète et survit à travers de petits dossiers lamentables et qui ne prend pas l’intérêt de ses clients particulièrement au sérieux.

Le cabinet Finley & Figg est rejoint par David Zinc, un jeune avocat aux grandes études qui vient de quitter, sur un coup de tête, un énorme cabinet et qui, sous l’emprise de l’alcool, décide de se joindre au duo d’avocats de rue.

Ce trio improbable tombe alors sur un cas qui pourrait, enfin, rapporter gros !

Un médicament, destiné à faire baisser le cholestérol, semble affaiblir le cœur, et plusieurs morts ont été recensées.

Finley & Figg, totalement novices devant les Cours et tout particulièrement dans les actions de groupe, décident d’attaquer Varrick Labs, qui distribue le fameux Krayoxx, et se met en chasse d’autres cas de morts suspectes. Le but étant de faire signer autant de clients potentiels que possible, car chaque cas pourrait se monnayer !

Oscar Finley, le partenaire sénior, reste dubitatif, mais laisse faire son associé … Qui sait, peut-être cela pourrait-il aboutir et lui permettre, enfin, de prendre sa retraite et de divorcer de son épouse trop dominante ?

 

Incroyablement prenant

Les héros sont particulièrement bien choisis et décrits.

Oscar Finley est l’associé « sénior », qui est totalement désabusé, qui ne souhaite pas tomber encore plus bas, qui ne croit pas en l’action que souhaite intenter son partenaire Figg mais le laisse faire tant qu’il reste un espoir de succès.

Ce dernier, ancien alcoolique qui se débat quotidiennement avec son ancienne addiction, et qui se fait payer certains dossiers en nature si la cliente est agréable, chasse les clients de façon éhontée, et c’est franchement un personnage antipathique – et pourtant on s’y attache ! Cet homme n’a aucune morale, il est totalement incompétent, on le voit commettre des erreurs totalement inadmissibles, on souffre des humiliations qu’il subit autant qu’on s’en réjouit, et pourtant on ne peut s’empêcher de l’apprécier.

Puis il y a David, le jeune, issu d’une des plus grandes écoles de droit, qui jusqu’ici gagnait une fortune dans un des plus grands cabinets – et qui se retrouve …ici, au plus bas. Volontairement ! Il est d’un côté fasciné par la proximité avec les clients, a la sensation de pouvoir véritablement aider ceux-ci, mais comprend de l’autre côté vite que l’éthique est totalement inexistante dans ces lieux, et, bien pire, qu’aucun des partenaires ne sait ce qu’il fait.

 

Donc, des caractères superbes, des antihéros, qu’on voit s’enliser dans une procédure qui les dépasse totalement, et on se dit « ils n’arriveront pas, aucune chance », surtout face aux avocats qu’ils devront affronter. Et on les observe aggraver leur cas …

Puis nous avons l’histoire elle-même, l’affaire du médicament mis en cause, puis quelques autres dossiers qui pimentent largement le roman.

Jusqu’au bout on s’accroche, on aime, on se passionne !

 

Résultat :

si vous aimez les romans judiciaires, celui-ci doit impérativement figurer dans votre bibliothèque ! L’incompétence des avocats, l’importance de l’affaire, les personnages, tout est si vivant !

Donato CARRISI- Le chuchoteur : 7,5/10

Publié le 25/09/2012 à 14:07 par edenlalu Tags : donato carrisi le chuchoteur thriller
Donato CARRISI- Le chuchoteur : 7,5/10

Donato CARRISI – Le chuchoteur : 7,5/10

 

Un excellent premier roman, qui a reçu, à juste titre pour une fois, le « prix SNCF du polar européen (je le signale même si, comme vous le savez, je n’accorde pas beaucoup de crédit aux prix littéraires).

Ce thriller, le premier livre de l’auteur, est vraiment réussi ! C’est un roman noir dans lequel le « méchant » est particulièrement vicieux puisqu’il n’agit jamais par lui-même et reste tout au long du livre une simple ombre, une silhouette sur un mur. C’est le chuchoteur !

 

L’intrigue est effrayante :

Tout commence avec la disparition de cinq fillettes, âgées de 7 à 12 ans. Elles n’ont rien en commun, ne viennent pas du même quartier, semblent ne présenter aucun lien. Sauf celui d’avoir disparues.

C’est alors qu’on retrouve, au fond d’une clairière, des fosses, dans lesquelles sont enterrées non pas les corps des fillettes, mais leurs bras gauches !

Le choc est immense pour les membres de l’équipe chargée de l’enquête, d’autant plus qu’ils retrouvent non pas cinq bras – mais six ! Et après examen médico-légal une terrible suspicion les secoue encore plus : il est possible que la sixième petite fille, celle qui n’a même pas été déclarée disparue, soit toujours en vie !

L’enquête s’accélère lorsqu’un homme est retrouvé transportant le cadavre d’une des filles. Seulement, si les indices sont clairs et pointe cet homme du doigt, il s’avère rapidement qu’il n’est pourtant pas à l’origine des six disparitions !

L’enquête stagne jusqu’à ce que l’on retrouve le corps de la deuxième fillette – qui guide les policiers vers un autre criminel …. toujours pas coupable de l’enlèvement des six fillettes.

Quel est ce jeu cruel que l’on semble jouer avec eux ? Qui est ce fou qui tue pour découvrir des crimes ?

Plus ils cherchent, moins les spécialistes comprennent ce qui se passe, les pistes sont flous, les mènent dans tous les sens, aucun point commun ne semble exister entre les suspects qui se multiplient pourtant avec chaque découverte de cadavre.

Qui est celui qui se tient dans l’ombre ? En quoi est-il lié à tout cela ?

Un livre suspense fascinant et effrayant en même temps, qui tient en haleine jusqu’au bout !

 

Des rebondissements à la chaîne

Des rebondissements qui se suivent au fil des pages, on découvre que tout le monde cache un sombre secret, personne n’est blanc, et tous sont susceptibles d’avoir un lien avec ces crimes.

Même Mila Vasquez, l’experte des enlèvements, a des comportements étranges.

 

A aucun moment on ne sait où cela va nous mener, nous nous interrogeons sur cette pauvre sixième petite fille, sur le lien entre les fillettes, sur la raison qui amène un fou furieux à déposer les corps chez d’autres personnes, pour attirer l’attention de la police sur eux, on se demande comment il peut être au courant de crimes si divers !

La présence de ce chuchoteur, dont on n’aperçoit vraiment que la silhouette, est partout et nulle part à la fois, il semble insaisissable. Et dangereux !

Cela pourrait être n’importe qui, n’importe où.

 

La tension retombe un tout petit peu vers la fin du roman, c’est vrai, et j’étais un tout petit peu déçu de la fin, mais c’est une impression personnelle. Le fait est que tout au long du roman on se crispe, on cherche, on tourne les pages pour en savoir plus.

C’est un thriller noir ; c’est un thriller à lire !!

Adam BLAKE - L'évangile des Assassins : 7-/10

Publié le 12/03/2012 à 21:13 par edenlalu Tags : adam blake evangile des assassins the dead sea deception mike carey
Adam BLAKE - L'évangile des Assassins : 7-/10

Adam BLAKE – L’évangile des Assassins : 7-/10

L’auteur, qui a tenté de faire semblant de se cacher derrière un pseudonyme (voir la fin de mon commentaire), nous livre ici un thriller honnête et rythmé qui manque néanmoins d’âme.

L’intrigue …

… est bien amenée même si elle s’enlise dans un sentiment de déjà lu dès la deuxième moitié du roman.

« L’évangile des Assassins » s’ouvre sur un terrible accident d’avion : le vol 124 s’écrase au milieu du désert de l’Arizona, sans raison apparente. Aucun survivant.

Après ce « fait divers », nous faisons connaissance avec Heather Kennedy, Sergent de police à Londres, qui a des problèmes bien différents puisqu’elle travaille dans un climat plus que pénible : elle a été mise à l’écart par tous ses collègues suite à une bourde commise par les services sur laquelle sa version des faits contredit celle des autres policiers impliqués …..

Son chef divisionnaire lui refile alors une affaire dont personne ne voudrait, celle d’un professeur d’université que l’on a retrouvé mort suite à une chute mortelle dans les escaliers de son université – un accident survenu trois semaines auparavant, classé comme accidentelle, rouverte sur l’insistance de la sœur du défunt.

Kennedy se voit en outre attribuée un partenaire bien jeune, Chris Harper qui sort à peine sorti de l’académie. Ensemble, ils se mettent donc à la recherche d’éventuels indices qui pourraient confirmer l’accident, où alors les mettre sur la piste criminelle. Rapidement, Kennedy et Harper trouvent effectivement des éléments qui font penser qu’un crime n’est pas à exclure …

Ils s’interrogent alors sur les motifs. Qui en voudrait à un professeur qui travaillait sur un document tombé dans le domaine public depuis des siècles, un codex médiéval connu de tous, le Rotgut ? Cela semble incompréhensible, et le mystère s’épaissit encore plus lorsqu’il s’avère que deux autres personnes ayant un lien avec le professeur et son document fétiche ont trouvé la mort au cours des dernières semaines.

Encore parallèlement (ou presque, puisque les lignes se croiseront) une autre histoire se prépare, celle de Leo Tillmann. C’est un homme au passé trouble. Treize ans auparavant, toute sa famille, son épouse et ses trois enfants, ont tout simplement disparu. Un jour il est rentré à la maison pour la trouver abandonnée. Ne trouvant aucune aide auprès des services de police il s’est alors engagé dans l’armée, s’est forgé un corps et un mental de mercenaire, de tueur même, toujours à la recherche de sa famille.

Le seul et unique indice est un nom, celui de Michael Brand, qui est le dernier à avoir parlé à son épouse avant sa disparition.

Un nom qui apparait aussi dans la liste des vagues connaissances du professeur assassiné …

Et dans l’ombre guettent de mystérieux tueurs, particulièrement agiles et rapides, dont l’arme de prédilection est un étrange couteau.

Quel peut être le lien entre ces trois histoires et ces étranges assassins de l'ombre ?

Lentement, les récits se rejoignent, nous mettant sur la piste du secret du codex Rotgut, ce document que le professeur examinait « sous un autre angle » …

Bref, un joli puzzle à assembler.

Juste un petit conseil : si vous avez envie d’apprécier le livre, NE LISEZ SURTOUT PAS LE QUART DE COUVERTURE, qui vous livre le lien entre ces histoires, c’est fort dommage !

Qu’en est-il de la réalisation ?

Si l’intrigue est loin d’être nouvelle l’idée de base n’en demeure pas moins sympathique, d’autant plus qu’elle est poussée presque jusqu’au bout. Je n’ai rien à reprocher à la construction même du roman ni à la plume de l’écrivain qui s’adapte à son récit.

Le seul hic est que la réalisation présente un défaut majeur : un duo de héros qui ne fonctionne pas.

Un duo mal assorti :

Si le début est captivant et que le suspense s’installe rapidement, le tout ralentit dès la rencontre entre Leo Tillmann et Heather Kennedy.

Leur duo ne fonctionne pas comme on pouvait l’espérer. Il manque une étincelle, un petit quelque chose qui les lierait. Leur complicité est artificielle, elle paraît feinte et forcée.

Est-ce que cela tient aux personnages eux-mêmes? Probable.

Car malgré un effort important de l’auteur de soigner ses personnages, les traits sont trop artificiels et trop appuyés, ce qui a donc l’effet contraire.

Prenons Heather Kennedy, c’est donc une femme flic qui n’a aucun ami dans la police, qui, de fait, est traitée comme une pestiférée par tous ses collègues. Cela aurait pu être bien, mais l’auteur a cru devoir ajouter la touche finale en faisant de Kennedy une lesbienne qui s’occupe de son père atteint de la maladie d’Alzheimer. C’est un peu trop. A trop vouloir humaniser la pauvre Heather elle en devient un être sans caractère propre pour rester lamentablement au stade d’amas de clichés.

Tillmann était un peu mieux, bien que son côté Rambo était un peu très appuyé, mais admettons, possible que le choc d’avoir perdu sa famille et sa volonté de vengeance ont pu le transformer à ce point.

Le seul que je trouvais finalement assez crédible était le jeune Harper, pleine de certitudes et de principes, sortant tout fraîchement de l’Académie.

Quant aux mystérieux assassins, ils remplissent parfaitement leur rôle

Malheureusement, l’essentiel de l’histoire repose tout de même sur le duo phare, Kennedy/Tillmann – et tombe donc un peu à plat.

Mais une construction crédible livrée dans un style limpide :

Résumons-nous : « L’évangile des Assassins » nous propose une intrigue qui, sans être originale, est sympathique avec au centre ce codex au contenu religieux mais des caractères qui ne permettent pas de faire décoller cette même intrigue.

Cela nous laisse tout de même avec un thriller assez prenant et clairement au-dessus de la moyenne, grâce notamment à une écriture sans particularité - mais aussi sans défaut. L’auteur ne nous impose aucune figure de style désagréable, il nous conte son histoire avec fluidité. Et quand on n’a rien à dire, c’est que c’est bon.

De même façon la construction technique est réussie.

Tout commence par des faits totalement distincts dans des lieux sans aucun lien, des événements sans relation apparente mais qui, inexorablement, se rejoignent pour nous permettre de ne plus suivre qu’un seul fil rouge jusqu’à l’affrontement final, qui, comme il se doit dans un roman suspense, est explosif.

En lisant ce roman, vous êtes donc sûr de ne pas vous ennuyer, de suivre une énigme auréolée d’histoire biblique (c’est à la mode et plaît toujours) tout en observant les héros affronter un groupe de mystérieux tueurs.

Mais "L'Evangile des Assassins" reste un roman qui manque un peu d’âme.

Je peux le tourner comme je veux, c’est malheureusement vrai.

* * *

Je vais finir par un petit mot sans lien avec le roman, un petit mot sur ce mystérieux « Adam Blake ».

En découvrant le livre on le prend, on le tourne pour examiner le quart de couverture, et dans le petit encart réservé à l’auteur on nous informe immédiatement qu’il s’agit d’un pseudonyme, d’un nom d’emprunt, donc.

Mais alors …. Pourquoi utiliser un pseudonyme si dès la petite présentation de l’auteur on renseigne le lecteur sur le fait qu’il s’agit d’un faux nom ?

N’est-il pas vrai qu’un pseudonyme est un faux nom, ou un nom d’emprunt, choisi par une personne qui permet à cette dernière d’exercer une activité – ici l’écriture – sans utiliser son vrai nom, et ce généralement et logiquement dans le but de garder l’anonymat ?  (je paraphrase ici une définition)

Le choix d’employer un pseudonyme est très fréquent parmi les écrivains (et avec un nom comme « Adam Blake » on l’aurait deviné), ce n’est donc ni nouveau ni surprenant, ni même mystérieux.

Mais quel est alors l’intérêt alors de nous dévoiler qu’il s’agit d’un pseudonyme, j’y reviens ?

Serait-ce pour nous faire imaginer un écrivain célèbre, qui tel un Stephen King tenterait de se prouver à lui-même que son succès tient à sa plume et non à sa renommée, tout en laissant sciemment filtrer cette information ?

Non. Du moins j’espère, car cela manquerait de subtilité, puisque la maison d’édition va bien plus loin :

On nous donne d'autres détails sur le dos du livre en nous indiquant que l’auteur « signe ici son premier thriller sous le pseudonyme d’Adam Blake» …. mais qu’ « il est également scénariste de deux des séries de bandes dessinées les plus populaires au monde : X-Men et Fantastic Four » et qu’ «il écrit également pour le cinéma et la radio »….

Quel est l’intérêt de se servir d’un pseudonyme si on VEUT que tout le monde sache qui se cache derrière ?

Bon, le suspense a assez duré, il s’appelle, de son vrai nom (roulement de tambour) … Mike Carey.

Super. Je suis certaine que vous êtes en train de faire la ola (et j’espère que ça s’écrit comme ça) …

Tout ça pour ça … Un secret de polichinelle gardé avec autant de sécurité qu’une photo de profil sur Facebook.

Pourquoi ne pas avoir laissé le roman sous « Adam Blake » sans laisser échapper oh-si-subtilement les éléments sur le CV de l’auteur? Serait-ce un de ces « trucs » d’éditeur que je ne comprends pas ? Je trouve ça … con (veuillez me pardonner mon langage).

Robin COOK - Foreign Body/Morts accidentelles : 5,5/10

Publié le 21/11/2011 à 15:01 par edenlalu Tags : foreign body robin cook thriller médical morts accidentelles
Robin COOK - Foreign Body/Morts accidentelles : 5,5/10

Robin COOK – Foreign Body / Morts accidentelles : 5,5/10

Dans “Morts accidentelles” (« Foreign Body » en VO), Robin Cook nous entraîne dans le monde merveilleux du tourisme médical.

Amatrice des livres du maître du thriller médical, je dois dire que ce roman est probablement l’un de ses moins réussis et ce malgré le sujet plus qu’alléchant.

L’intrigue :

La jeune Jennifer Hernandez s’apprête à affronter son premier jour d’internat en chirurgie à Los Angeles et comme d’habitude, elle est en avance. Pour passer le temps elle allume alors la radio pour écouter les nouvelles – et la voilà qui entend le journaliste annoncer qu’une certaine Maria Hernandez vient de succomber en Inde suite à une intervention chirurgicale sur sa hanche, opération qu’elle avait subie dans le cadre de ce qu’on appelle le « tourisme médical ».

Jennifer est en état de choc : elle savait bien que sa grand-mère, Maria Hernandez, avait des problèmes de hanche, mais jamais elle n’avait parlé de se rendre en Inde, et encore moins de subir une intervention de chirurgie aussi loin de chez elle ! Pour en avoir le cœur net, elle appelle immédiatement son père, puis l’hôpital en Inde et reçoit le message rassurant que non, sa grand-mère récupère bien.

Sauf que, quelques instants après avoir pris son service, un appel l’interrompt : il s’agissait effectivement de sa grand-mère ! L’hôpital aimerait savoir s’il faut incinérer le corps ou alors l’embaumer …

Jennifer décide alors de se rendre sur place.

Une fois arrivée à New Delhi, elle a la nette sensation que quelque chose ne va pas : on lui dit que la cause du décès est une crise cardiaque, en même temps elle apprend que le cadavre était cyanosé, ce qui est contradictoire. De même l’insistance de l’hôpital pour qu’elle prenne une décision quant à la disposition du corps la surprend et la met très mal à l’aise.

Ce qui finit par convaincre Jennifer qu’il y a là quelque chose d’anormal, c’est que le lendemain un autre décès soudain touche un américain au sein du même hôpital et qu’encore une fois CNN l’annonce avant même que la veuve soit avertie du décès de son mari !

Jennifer appelle alors ses amis Laurie Montgomery et Jack Stapleton, des médecins légistes que les lecteurs de Robin Cook connaissent déjà, et ceux-ci décident de se rendre sur place pour l’aider à faire la lumière sur cette affaire.

La jeune étudiante est finalement entraînée bien malgré elle dans un monde qui la dépasse, celui du tourisme médical en pleine expansion qui prive, en même temps, les USA de patients et elle doit se débattre avec ces intérêts contradictoires dans une société dont elle ignore tout et ce au sein d’une culture diamétralement opposée à la sienne.

Alors, quelles sont mes impressions ?

Comme c’est habituellement le cas, Robin Cook nous plonge au cœur même d’une affaire médicale parfaitement documentée, ici avec le petit bonus d’apprendre un peu plus sur l’Inde et notamment New Delhi.

Néanmoins, si le roman est intelligent, son sujet intriguant et les coulisses pittoresques, je regrette largement le manque évident de suspense.

En fait, nous lisons une histoire sans véritable mystère puisque dès le début nous connaissons les acteurs, les causes et les effets. L’idée est effectivement excellente, d’autant plus que le tourisme médical soulève à l’heure actuelle pas mal d’interrogations, mais cela ne suffit certainement pas pour un bon livre de suspense.

Dans « Morts accidentelles/Foreign Body », nous suivons donc Jennifer Hernandez et nous observons les adversaires qui guettent dans l’ombre, et ce de tous les côtés : du côté indien, du côté américain, au sein du personnel de l’hôpital et même parmi les employés de l’hôtel où Jennifer habite ! Elle est encerclée de toutes parts – et c’était peut-être un peu trop ?!

La menace qui pèse sur Jennifer se précise au fur et à mesure … mais paraît vraiment tirée par les cheveux.

On a la sensation que l’auteur n’avait pas vraiment réfléchi aux moyens qu’il allait utiliser pour créer un peu de suspense et qu’il avait finalement décidé que le plus logique serait de mettre son héroïne en danger. Ce qui n’était pas efficace et à peine crédible.

De même, on ne bénéficie à aucun moment d’un effet de surprise, tout se déroule comme dans un roman quelconque, on sait tout en temps réel.

Et à propos « temps réels », au début du livre j’étais très désagréablement surprise par la manie qu’avait l’auteur de signaler en guise de sous-titre non seulement l’heure et le lieu (ce qui est classique), mais surtout que tel évènement se déroulait simultanément avec tel autre !! Encore une fois j’avais la sensation d’être en présence d’une technique artificielle dont l’objectif semblait être de donner un petit côté « 24 Heures » au roman (après quelques chapitres ces sous-titres disparaissent d’ailleurs).

Avec tout cela, quand on arrive dans les dernières pages du roman, on n’a pas cette pulsion de tourner plus vite les pages pour connaître la fin – ce qui est en général le but d'un roman suspense !

C’est vraiment regrettable !

Un autre point négatif à souligner, ce sont les nombreuses répétitions : les uns qui racontent aux autres encore et encore les mêmes évènements … A un moment on l’a déjà lu trois fois, pas besoin de le récapituler encore, il suffirait de dire que Jennifer met untel au courant…

Enfin, certains aspects sont soulevés mais jamais véritablement travaillés (p.ex. l’inspecteur de police qu’on croise) et on se retrouve donc avec autant de fils sans aboutissant.

Il n’en reste pas moins que le roman est bien illustré, qu’on découvre un milieu étrange, vaguement inquiétant et Robin Cook prouve encore une fois son talent pour nous expliquer des éléments médicaux avec des mots très simples.

J’ai par ailleurs vraiment apprécié sa description de New Delhi qui était très vivante !

 

 

 

Bref, je n’ai pas regrettéd’ avoir lu ce roman, mais ce n’est certainement pas le meilleur de l’auteur qui nous a habitué à bien mieux.

 

Jean-Christophe GRANGE - Le Passager : 8,5/10

Publié le 05/10/2011 à 19:04 par edenlalu Tags : jean christophe grangé grange le passager
Jean-Christophe GRANGE - Le Passager : 8,5/10

 

Jean-Christophe GRANGE - Le Passager : 8,5/10

 

 

 

 

Voilà un vrai thriller qui parvient à tenir en haleine tout au long de ses 750 pages.

 

Il est vrai qu’en lisant la première phrase, puis les premiers chapitres, on doute d’abord, on s’interroge : ne serait-ce pas encore un de ces livres suspense à la construction solide mais scolaire, une construction classique manquant de souplesse qui amène à l’affrontement prévisible et explosif ? La phrase d’attaque nous ébranle en ce sens : « La sonnerie pénétra sa conscience comme une aiguille brûlante » … suivi quelques pages plus loin d’un « un rire(qui) jaillit de sa bouche comme le sang d’une plaie » … franchement, à cet instant on a presque envie de refermer le roman.

 

Mais c’est au moment même où le doute nous fait vaciller – tiendrons-nous 750 pages de thriller classique saupoudré de phrases stéréotypées  – que le véritable roman commence !

 

Et l’intrigue vaut le détour (le style se détend également très largement) !

 

Malgré une chute très décevante et quelques petits accrocs c’est un excellent roman du genre.

Jean-Christophe Grangé nous y montre son talent ; il ne se contente pas de se reposer sur ce qui semble inné chez lui et s’efforce de s’immerger dans les milieux que traverse son héros. On sent qu’il s’est plongé dans les recherches pour y parvenir et s’est donné les moyens pour remplir ce roman d’action, de suspense et d’une véritable intrigue, aussi crédible que possible compte tenu du sujet et de l’histoire … dont voici le début et le résumé (ah, vous avez noté ma transition, super, hmm ???) :

 

 

L’intrigue :

 

Mathias Freire, psychiatre à Bordeaux, est de garde lorsqu’un homme est amené au service d’urgence : aucune blessure apparente, mais l’individu a perdu la mémoire. Mathias s’intéresse de près à ce cas atypique. Il est d’autant plus intrigué que l’homme amnésique lui fait part d’un rêve étrange, très similaire à un rêve qu’il a eu lui-même !

Dès le lendemain, l’homme sans mémoire commence, par bribes, à retrouver ses souvenir, son nom, son dernier travail … seulement, après vérification il s’avère que tous ces souvenirs sont factices, inventés par le subconscient du patient.

Mathias est devant un cas rarissime, celui d’une fugue psychique ! Son patient a certainement vécu un évènement traumatisant qui a effacé sa mémoire, et son subconscient construit une nouvelle identité qui prend la place de l’ancienne, l’effaçant au passage totalement.

 

Mais l’homme amnésique traîne dans son sillage un autre mystère : un meurtre terrifiant a été commis non loin de l’endroit où on l’a retrouvé errant sans mémoire. Un homme a été retrouvé mort, mutilé de façon horrible, une tête de taureau enfoncée sur le crâne, faisant de lui un véritable minotaure !

La jeune capitaine Anaïs Chapelet reçoit l’appel et la voici sur sa première grande affaire, et quelle affaire ! Elle se promet de tout mettre en œuvre pour la résoudre, pour en faire un tremplin pour sa carrière.

Son enquête la mène rapidement sur la trace de l’homme amnésique ; bien que celui-ci ne soit pas suspecté du meurtre il a tout de même été retrouvé non loin de la scène du crime, des objets ensanglantés dans la main. Peut-être a-t-il observé l’assassin, peut-être est-ce cela qui a provoqué son traumatisme psychologique ?

 

Anaïs poursuit son enquête avec acharnement. Des empreintes sont retrouvées sur la scène du crime et  permettent ainsi de remonter à un clochard du nom de Victor Janusz qui semble avoir disparu depuis des mois. D’autres éléments d’enquête interpellent la jeune policière : d’où vient le taureau ? Quel est le mobile de ce meurtre mythologique ? Y en a-t-il eu d’autres, y en aura-t-il d’autres ? Que faisait l’amnésique sur le lieu du crime ? Qu'a-t-il vu ?

 

De son coté, Mathias Freire, étrangement touché par ce cas si particulier, commence à fouiller dans le passé de son patient et découvre quelque chose d’étonnant : cette fugue psychique qui l’a amené dans son service n’est pas sa première ! Son patient semble s’être déjà reconstruite une première identité, et qui sait combien avant cela ! Un cas d’école surprenant et passionnant pour tout psychiatre.

Mathias ne peut s’empêcher d’enquêter de son coté… jusqu’à se trouver devant un véritable gouffre, inattendu et terrifiant : celui de sa propre identité !

Car son patient n’est pas le seul en fugue psychique – Mathias Freire lui-même n’est pas ce qu’il pensait être. Son passé n’existe pas, son identité est fausse. Quelle est la probabilité que deux cas de ce type se croisent ? Infimes.

 

Pire encore, non seulement Mathias était un autre encore quelques mois auparavant, mais surtout, il portait alors l’identité de Victor Janusz, le clochard suspecté du meurtre du minotaure !

Est-il un assassin ? Est-il un simple malade ? Est-il une victime, une proie ? Un témoin, un observateur ? Qui est-il ? D’où vient-il ?

 

Mathias décide de se lancer à la poursuite de son propre passé, espérant ainsi prouver son innocence.

 

Il est désormais en fuite : il fuit la police, il fuit la menace d’une nouvelle fugue psychique qui le ferait à nouveau tout oublier et il fuit une puissance obscure qui semble le suivre pas à pas.

  

 

 

Ce roman est franchement palpitant. Les différentes parties nous font suivre Mathias à travers ses diverses identités tandis qu’il remonte, mois par mois, dans son passé pour atteindre sa véritable identité et peut-être découvrir l’assassin.

Pour cela il endossera ses anciennes vies comme des costumes ; de psychiatre il se plongera dans la vie des clochards de Marseille, puis … mais je ne vais pas vous en révéler plus. Sachez que d’autres terribles meurtres jalonnent sa route, que ses découvertes le mènent encore plus loin et encore plus loin, que la menace qui pèse sur lui devient de plus en plus tangible ….

 

On retrouve bien évidemment les classiques du genre : la femme flic qui traîne ses propres casseroles derrière elle, le petit coup de foudre entre elle et le suspect, le mystérieux complot, le rêve répétitif, le mystère, les meurtres rituels.

Seulement, ce n’est pas tout !

 

Nous plongeons dans une noirceur que ni Mathias, ni nous-mêmes ne comprenons. L’auteur parvient néanmoins à nous laisser des indices qui nous permettent de garder dès le début les yeux rivés sur le fil rouge, de ne pas nous perdre et de connaître la direction globale que nous empruntons.

 

Si nous suivons d’un coté Mathias de l’intérieur de l’enquête, nous suivons de l’autre coté Anaïs et avec elle l’enquête policière qui n’avance que difficilement et se focalise sur un seul coupable : Mathias.

 

L’auteur était audacieux, il aborde des milieux très différents, les lieux les plus divers, mêlant l’action à une psychologie complexe, une enquête qui se dédouble, qui se recroise, qui se poursuit, toujours autour du même fil rouge.

 

Vous le voyez, j’ai adoré ce livre, je lui ai attribué une bonne note, malgré ses quelques petits ratés et imperfections.

 

 

Je tiens à relever plusieurs aspects plus "techniques" du roman :

 

Comme je l’ai déjà mentionné, l’auteur s’est clairement donné beaucoup de mal dans la préparation de son livre, les descriptions des milieux, des lieux, des techniques de photographie, de l’art, du milieu des sans-abri, de l’aspect psychologique …

On le ressent peut-être un peu trop par moments, mais cela permet au moins de rendre l’ensemble crédible - sauf peut-être la fin ultime que j’ai trouvé tirée par les cheveux, et encore, des cheveux filasses (heureusement que cela ne gâche pas le cheminement même du roman).

 

Ainsi, Jean-Christophe Grangé se plonge corps et âmes dans les milieux qu’il décrit, et si, par moments, il pèche par son imprécision ou simplement une légère ignorance, il s’efforce clairement d’être aussi exact que possible dans ce qu’il écrit. Tout sonne d’ailleurs vraisemblable, qu’il parle de la peinture, de la psychiatrie, de la photographie ou autre.

Pour exemple, et contrairement à bien d’autres écrivains, Jean-Christophe Grangé s’efforce d’employer les termes techniques adéquats ; il est ainsi très précis dans le langage de la police judiciaire. Lorsqu’on demande à Anaïs « vous avez un mandat », elle répond « les mandants, c’est bon pour la poste. Si vous voulez parlez d’une commission rogatoire signée par un juge … » .

 

Néanmoins, quelques points m’ont gênée et nuisaient à la cohérence de l'ensemble.

Déjà, certains aspects et détails ne seront jamais expliqués, nous n’iront pas au bout de quelques'uns des filaments du fil rouge, si on peut dire. Je ne peux les citer sans quoi je gâcherai le suspense, mais sachez que certaines questions resteront sans réponse ; dommage, mais pas dramatique.

 

Quelques incohérences, et parfois l’auteur oublie des détails, comme lorsque Mathias se fait mordre par un chien dans le mollet, une morsure suffisamment profonde pour qu’il soit gêné par sa « patte folle » …. Or, le lendemain, plus rien. Il ne soigne à aucun moment cette blessure, mais dès le lendemain il ne semble plus rien avoir, pas d’infection (en général, une morsure de chien non soignée s’infecte aisément !), le muscle du mollet ne semble même plus douloureux. Il en a de la chance !

Les descriptions des lieux sont un peu édulcorées. Ainsi je n’ai pas reconnu Nice, décrite comme une ville très sûre, un peu comme Monaco peut-être avec une surveillance par caméras très poussée … et bien, en tant que Niçoise je peux vous dire que j’aimerais bien que Nice soit comme cela ! Moi, personnellement, je ne sors pas seule quand la nuit tombe et je me suis déjà faite agresser trois fois dans la rue (heureusement que je suis toujours préparée). Mais ce n'est pas bien important, et M. Grangé a parfaitement raison lorsqu’il décrit le coté morne et gris de la période du carnaval (en dehors des défilés).

 

Un autre point m’a vraiment ennuyée : il y a une chose qui m’agace chez les auteurs, c’est quand ils insèrent des mots ou phrases prononcées dans une langue étrangère dans leurs romans et que ces quelques mots sont faux ! Je ne peux juger des mots prononcés dans une langue slave, mais je peux clairement dire que le seul et unique mot allemand utilisé dans ce roman – un seul mot !! et simple encore !! – est FAUX :

A un moment ils frappent à la porte d’un atelier qu’occupe un artiste allemand qui leur lance alors, dans le livre : « Hereinkommen ». Non, non, non ! Si c’était un allemand, ce n’est CERTAINEMENT PAS ce qu’il dirait.

Il aurait pu dire : « Herein », ou alors « Kommen sie rein », mais il n’utiliserait pas le verbe non conjugué ! Un seul mot, un seul, et il est faux. Là, cela m’ennuie. L’auteur aurait pu faire vérifier, par une simple application d’internet !

En ce qui concerne les autres langues, je ne les parle pas, je ne peux donc rien dire là-dessus. Si cela se trouve c’est la seule et unique erreur commise.

 

Donc, quelques tout petits ratés.

 

Mais rien qui gâche le plaisir de lecture, le suspense, la finesse de l’intrigue - sauf la fin, qui est presque triste tellement elle ne répond pas aux attentes.

 

Une intrigue parfaitement pensée, magnifiquement déroulée.

 

Si les tous derniers chapitres sont un peu décevants, cela n’enlève rien à la qualité des quelques sept cents pages qui précèdent !!

 

Un roman que je conseille vivement !

Linwood BARCLAY - Too close to home/Les voisins d'à coté: 7

Publié le 26/09/2011 à 09:49 par edenlalu Tags : linwood barclay too close to home les voisins d à coté
Linwood BARCLAY - Too close to home/Les voisins d'à coté: 7

Linwood BARCLAY: Too close to home / Les voisins d’à coté : 7/10

 

 

 

Voici donc l’un des romans de l’auteur ayant connu le plus de succès : Les voisins d’à coté (Too close to home).

 

L’intrigue est effectivement palpitante :

 

La famille Langley est sauvagement abattue à son domicile, la mère, le père et leur fils de dix-sept ans. Personne n’a rien entendu, la maison étant un peu trop éloignée de celle des voisins avec laquelle elle partage la voie d’accès.

Un seul témoin existe néanmoins : Derek Cutter, le fils des voisins, qui s’était caché au sous-sol et qui a donc tout entendu, mais qui est tellement effrayé qu’il n’en parle à personne.

 

Ce sont d’ailleurs les voisins que nous suivons : Jim Cutter (le roman est écrit à la première personne, de son point de vue), son épouse Ellen et son fils Derek, l’involontaire témoin.

Jim Cutter a monté une affaire de jardinage, son épouse travaille dans l’évènementiel littéraire et leur fils Derek, un ami proche d’Adam, aide son père pendant les vacances et jours libres.

Rapidement, Jim Cutter en vient à s’interroger : et si ce terrible massacre était une erreur – et si l’assassin ne visait pas les Langleys – mais les Cutter ? Il ne serait pas le premier à se tromper de maison ! D’autant plus qu’un seul objet a disparu de la maison des Langleys, un vieil ordinateur qu’on avait remis à son fils, Derek. Qu’est-ce que son fils et Adam Langley avaient découvert sur le disque dur ? Est-ce le mobile ?

L’affaire semble focalisée sur un massacre, et pourtant l’enquête révèle des secrets lourds qu’on croyait enterrés et qui touchent les puissants de cette petite ville.

Jim commence à s’inquiéter pour la sécurité de sa famille. Lorsque la police s’intéresse un peu trop à son fils, il se sent impuissant devant les rouages de la justice et décide de mener sa propre enquête parallèle.

 

 

Un roman très bien écrit qu’on lit avec plaisir, une intrigue qui mêle la politique locale à des plagiats de best-sellers. De nombreux fils sont déroulés et Jim Cutter aussi bien que la police suivent les uns après les autres. La vie personnelle de Jim Cutter est au centre et il s’avère qu’elle n’est pas aussi tranquille qu’on aurait pu le penser, mais il n’est certainement pas le seul à fermer les yeux devant des évidences.

 

Or, si j’ai apprécié l’écriture inventive et simple de Linwood Barclay, je dois dire qu’encore une fois il s’avère que l’auteur peine à créer des moments de surprise. L’intrigue, dans l’ensemble astucieuse, ne parvient pas à s’épanouir complètement ; on a l’impression que l’auteur ne maîtrise pas la subtilité nécessaire à créer un réel frisson, un manque d’habileté qui est toutefois largement compensé par son talent littéraire.

Tout semble prévisible, tout au long du livre on soupçonne la bonne personne, on a peut-être des interrogations sur ses motivations mais je dois dire que finalement tout se met en place de façon trop simple, on n’est aucunement étonné. De même, les pistes qui sont censées nous amener adroitement vers de fausses conclusions sont trop évidentes, ce qui fait qu’on les écarte automatiquement, les appréciant pour ce qu’elles sont, des histoires secondaires.

 

Dans l’ensemble il s’agit donc d’un bon roman qui se lit avec un réel plaisir, mais dépourvu de véritable ’effet surprise ; le suspense n’atteint jamais les sommets visés pour rester toujours à cinq-cents mètres de l’objectif. Ici c’est bien le chemin qui est plus important que le but à atteindre.

Si c’est dommage, il n’en reste pas moins que le roman produit son petit effet.