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Policiers/Polars : auteurs A - G

Jussi ADLER-OLSEN - L'effet papillon: 6/10

Jussi ADLER-OLSEN - L'effet papillon: 6/10

Jussi ADLER-OLSEN – L’effet papillon : 6/10

 

 

Ce cinquième volume des enquêtes du département V est le premier qui m’a déçu, c’est le premier dans lequel le savant mélange entre policier et polar ne prend pas.

 

Il n’est pas pour autant mauvais, loin de là, mais il n’est pas aussi captivant que les quatre précédentes enquêtes.

 

L’intrigue :

 

Tout commence par une action humanitaire en Afrique, des investissements qui soutiennent une petite peuplade au fond de la jungle. Lorsque William Stark, un employé zélé du Bureau d’Aide au Développement reçoit un sms intriguant il commence à s’interroger sur l’emploi véritable des fonds … et disparaît.

Quatre ans passent et il n’aurait jamais refait surface si un jeune clandestin, membre d’un clan de mendiants, n’avait pas fugué pour échapper à son sort et ne s’était pas caché justement à l’endroit ou le cadavre de William Stark avait été enterré. Cette découverte involontaire et macabre sera le début d’une longue chasse pour le jeune Marco, puisqu’il en sait désormais bien trop pour rester en vie et devra trouver un moyen pour échapper à ceux de sa famille.

 

Le département V, toujours mené par Carl Mørck, décide de se charger de ce dossier qui semble pourtant bien peu passionnant, jusqu’à ce que leur chemin croise celui du jeune Marco. Ce dernier se cache dans les rues de Copenhague, poursuivi par son clan qui veut qu’il disparaisse à son tour.

 

 

Alors ?

 

Dès la lecture de l’intrigue on s’aperçoit qu’il y a une différence par rapport aux précédents volumes. L’intrigue semble bien trop construite – une obscure affaire d’aide humanitaire, des politiques bancaires et intérêts financiers, un clan de mendiants professionnels, un adolescent fugitif, un banquier trop honnête et disparu …. C’est dès le début un peu trop lourd.

 

Rapidement une autre différence par rapport aux précédentes enquêtes s’ajoute : nous suivons désespérément et bien trop le jeune Marco qui se cache de sa famille, des tueurs, de tous les petits délinquants à sa poursuite et traverse toutes les ruelles de Copenhague pour survivre. C’est bien beau, mais cette partie de cache-cache accapare une grande partie du livre, au détriment des recherches menées par Carl Mørck et son équipe (qui compte désormais un quatrième membre, Gordon, au grand déplaisir de Carl Mørck).

De fait, le département V n’est pas véritablement présent dans ce livre qui se déroule pour les trois quarts entre Marco (la moitié du livre environ) et les intrigues financières (un quart du livre environ).

Cela a pour résultat que cette-fois le département V intervient si peu que ce n’est pas lui qui fera le gros du travail. Le sms, par exemple, celui qui déclenche toute l’histoire, ne sera jamais vu ou analysé par notre équipe de choc. De même les autres énigmes seront découvertes et résolues par d’autres et le résultat livré aux enquêteurs simplement pour que le roman puisse s’achever avec la clôture du dossier.

 

Une conséquence est que nous ne sommes plus, comme d’habitude, en face d’un polar qui se transforme insidieusement en livre suspense, mais d’un livre suspense qui porte un masque de polar.

 

 

Ce livre n’est toutefois pas mauvais, c’est simplement en comparaison des autres romans de l’auteur qu’on ressent une déception.

 

Il reste bien écrit, bien structuré, l’histoire se tient parfaitement et semble fondée, les intrigues financières sont intéressantes et on reste bouche bée devant la violence qui se cache derrière les chemises bien repassées de ces financiers humanitaires.

 

Un autre point positif de ce roman est Carl Mørck et son évolution personnelle. Il craque. Il se fissure. Le lecteur souffre avec lui, on sent qu’il atteint se limites morales et continue pourtant quoi qu’il en coute.

Assad se remet lentement mais surement et ne gardera pas de séquelles, Rose prend une place plus importante dans l’équipe et la présence imposée de Gordon vient déséquilibrer un peu plus l’inspecteur à la tête du département V.

 

Si ce tome n’est donc pas à la hauteur des quatre premiers, il n’en reste pas moins une plaisante lecture malgré les longueurs dues à « l’effet Marco » (petite blague, le titre original étant « Marco effekten »).

 

J’attends maintenant avec impatience la sortie en France de « Promesses » …

 

 

Les autres enquêtes du département V sont les suivantes :

-      « Miséricorde »

-      « Profanation »

-      « Délivrance »

-      « Dossier 64 » (sortie en France janvier 2014)

-      « l’Effet Papillon » (sortie en France janvier 2015)

-      « Promesses » (sortie en France prévue en décembre 2015)

Michael CONNELLY : The Gods of Guilt - 7/10

Publié le 16/06/2015 à 13:29 par edenlalu Tags : michael connelly connelly lincoln lawyer avocat à la lincoln mickey haller gods of guilt
Michael CONNELLY : The Gods of Guilt - 7/10

Michael CONNELLY : The Gods of Guilt – 7/10

 

 Voici la cinquième affaire de l’avocat à la Lincoln, Mickey Haller, qui sortira certainement à la fin de l’année en version française.

Même si Harry Bosch est de loin le personnage le plus connu de Michael Connelly, j’avoue que mon préféré a toujours été Mickey Haller, cet avocat qui joue avec l’éthique et la morale, qui manie les mots et flirte avec les règles de procédure.

J’adore !

Chaque enquête est nouvelle mais construite sur le même principe, et « the Gods of Guilt » ne fait pas exception.

D’abord Mickey Haller est confronté à une nouvelle affaire, puis nous commençons à connaître les protagonistes, à imaginer nos propres hypothèses, avant de suivre Mickey Haller dans la préparation de son procès, qui est généralement difficile, que ce soit en raison de menaces pesant sur lui ou son client ou encore des difficultés d’obtenir tout simplement les preuves nécessaires. Et ce n’est qu’au cours du procès, de l’affrontement véritable, que l’auteur nous livre lentement les éléments cruciaux.

Systématiquement le suspense se créé, et systématiquement il y a des surprises.

 

Très rapidement l’intrigue :

Mickey Haller, que nous retrouvons alors qu’il se sert d’une vieille feinte au tribunal, à la limite de l’éthique et en fait franchement immorale, n’est plus le seul « avocat à la Lincoln », puisque, depuis qu’un film a été tourné, une adaptation de son affaire précédente, beaucoup d’avocats ont adopté ce moyen de transport et cette façon de travailler à partir d’une voiture pour être dans le vent.

C’est assez amusant, un petit clin d’œil appréciable.

Puis l’affaire qui sera au cœur du roman fait son entrée.

Mickey Haller doit défendre La Cosse, un homme qui aurait tué une prostituée du nom de Giselle Dallinger.

Il s’avère rapidement que la victime n’est autre que Gloria Dayton, une vieille connaissance, une cliente que Mickey avait défendu et qu’il croyait partie de la ville. Et pourtant, elle était toujours là, vivant ici, sans jamais l’en informer, le laissant croire qu’elle était partie et avait changé de vie…

Un premier choc, un premier mystère pour l’avocat. Pourquoi ne l’a-t-elle jamais recontacté ? Pourquoi lui a-t-elle donc menti ? Et maintenant, sa mort. Pourquoi et par qui ?

Et ce n’est pas tout … c’est Gloria elle-même qui a donné les coordonnés de Mickey à La Cosse, son prétendu meurtrier, lui conseillant de s’adresser à lui en cas de pépin.

Mickey Haller est bien évidemment en difficulté … comment peut-il défendre quelqu’un qui est accusé d’avoir tué une ancienne client, de plus une cliente à laquelle il tenait et qui, finalement, semble l’avoir berné pendant tout ce temps ? Mais il accepte de se charger de ce dossier, convaincu que La Cosse n’est pas l’assassin. 

Le seul moyen de le sauver d’une condamnation est de prouver son innocence.

Mais alors qu’il commence à se plonger dans cette affaire, des éléments du passé resurgissent, et il ne peut plus douter que ce dossier va bien plus loin qu’il ne pensait, qu’il ne sera pas aisé d’aider La Cosse.

 

L’atout de ce cinquième roman centré sur l’avocat à la Lincoln .....

… et bien c’est que nous le découvrons un peu plus intimement, nous commençons lentement à entrer dans sa tête, au niveau personnel.

Si dans les romans de « Harry Bosch » le personnage central est sombre et torturé, faisant vivre les romans grâce à cette intensité de caractère, les romans mettant en scène Mickey Haller sont des romans purement judiciaires, leur essence est le droit, leur battement de cœur, c’est la procédure. Le héros paraît presque « léger ». Avec ce cinquième roman, nous avons un petit aperçu de la vie intérieure de Mickey Haller. Oh, pas beaucoup, juste un peu, mais suffisamment pour insuffler un peu de vie au personnage, de lui donner un peu de couleur. C’est notamment son lien avec sa fille qui nous permettra de toucher du doigt que le héros est autre chose qu’un avocat, qu’il s’agit également d’un homme, d’un ex-mari et d’un père séparé de sa fille qui ne veut plus le voir parce qu’elle a honte de lui et de son métier. Mais l’essence du roman reste le procès, une petite apothéose bien préparée.

 

Enfin, il n’est pas surprenant non plus de croiser dans ce volume Harry Bosch, un petit clin d’œil de l’auteur qui aime se faire rencontrer ses personnages fétiches, l’occasion de ne pas se faire l’oublier l’un l’autre peut-être ?!

 D’ailleurs, le prochain roman, « The Crossing », sera un véritable « cross-over », puisque Harry Bosch viendra à l’aide de son demi-frère Mickey Haller …. Et oui, je le lirai. La question ne se pose même pas !!

 

En résumé je dirais que ce  roman ne m’a pas fait changer d’avis.

J’adore les Michael Connelly et tout particulièrement les Mickey Haller - et j’ai déjà hâte de lire le prochain livre de l’avocat à la Lincoln !!

 

----

Les autres romans de l’auteur ayant pour héros Mickey Haller

The Lincoln Lawyer(2005) - La défense Lincoln en VF

The Brass Verdict(2008) - Le Verdict du plomb en VF

The Reversal(2010) - Volte-Face en VF

The Fifth Witness(2011) - Le Cinquième Témoin

The Gods of Guilt (2013)

 

The Crossing (sortie prévue pour novembre 2015)

Jussi ADLER-OLSEN - Dossier 64 : 7,5/10

Publié le 10/01/2014 à 10:18 par edenlalu Tags : jussi adler olsen adler olsen dossier 64 département v
Jussi ADLER-OLSEN - Dossier 64 : 7,5/10

 

Jussi ADLER-OLSEN – Dossier 64 : 7,5/10

 

 

 

 

 

 

 

Cette quatrième enquête du département V poursuit tranquillement la route tracée par les trois affaires précédentes :

 

 

 RESUME de l'intrigue :

 

Nous retrouvons donc avec « Dossier 64 » l’équipe des excentriques, composée tout d’abord de Carl Morck (veuillez excuser l’absence de trait à travers le « o », je ne trouve pas le caractère spécial), puis son assistant Assad à l’intuition étonnante, puis Rose, la secrétaire d’une efficacité redoutable, tous différents mais dont la réunion fait des miracles. Ce petit groupe de personnalités hétéroclites forme le très efficace département V qui s’attaque aux dossiers non résolus.

 

Et les résout, quoi qu’il en coute.

 

 

 

Cette-fois, dans un dossier encore une fois à l’opposé des précédents – ce qui est l’un des points forts de cette série, aucune enquête ne ressemble à une autre  nous pénétrons dans une page noire de l’histoire danoise avec l’île de Sprogo (encore une fois, veuillez excusez l’absence de caractère spécial) : ici, des femmes dites aux mœurs légers ou « simples d’esprit » ont été internées de force, puis stérilisées contre leur volonté.

 

 

En fait, tout commence par une disparition. La disparition de Rita Nielsen en 1987. Pour une raison qui lui appartient, Rose s’attache à ce dossier et entraîne Assad dans son envie de le résoudre, et ainsi le département V cherche des renseignements …

 

Rapidement, il s’avère que Rita n’a certainement pas disparue de son plein gré. Mais surtout que ce n’est qu’une disparition parmi plusieurs autres ! Car à la même époque, et même pendant la même semaine, d’autres personnes sans aucun lien apparent ont disparues sans laisser de trace.

 

 

Mais il y a un lien.  Et ce lien, c’est l’île de Sprogo. Tous, ou presque, ont un lien, quel qu’il soit, avec ce qui s’est passée dans cet endroit sinistre.

 

Et finalement, tout semble conduire vers un personnage public richissime, Curt Wad, qui entre, à quatre-vingts ans largement passés, en politique avec son parti « Rene Linier » qui prône la pureté de la race danoise, qui doit à ses yeux être débarassée de toutes tares. Ce qui peut impliquer des avortements et stérilisations forcés …

 

 

Seulement, le fait que Curt Wad soit antipathique et détestable, est-ce que cela fait de lui un criminel ?

 

 

 

Bien évidemment nous suivons en parallèle un autre personnage lié à l’affaire, comme c’est toujours le cas dans les enquêtes de Jussi Adler-Olsen. Ici, il s’agit de Nete Rosen. Nete est l’une des victimes de Sprogo, stérilisée de force elle ne doit son infortune qu’à la lâcheté de sa famille et de son entourage ainsi que quelques autres personnes croisées sur sa route - et plus particulièrement Curt Wad … Et elle n’entend pas oublier le passé.

 

 

 

 

 

Mon opinion ?

 

 

 

Comme d’habitude, j’ai adoré !

 

Un excellent roman, une belle enquête, dans le style désormais inimitable de l’auteur !

 

 

J’ai apprécié que Rose, tout en restant excentrique et efficace, soit un peu moins envahissante, car c’est un point qui m’avait gênée dans la précédente enquête. Assad semble prendre très à cœur cette affaire, et il est égal à lui-même, vacillant entre assistant loufoque et personnage sombre et inquiétant, cet homme a encore beaucoup à nous apprendre !

 

Carl Morck, de son côté, doit lui aussi régler une affaire venue le hanter. Complot ou réalité ? Le fait est qu’il ne parvient pas à mettre un point final sur l’affaire qui a couté sa mobilité à son ami et collègue Hardy. 

 

 

 

Donc, même si elle m’a un tantinet moins enthousiasmée que les précédents, il n’en reste pas moins que le « Dossier 64 » est une enquête à ne pas, passionnante et surprenante jusqu’au bout !

 

Jean CONTRUCCI - L'énigme de la Blancarde : 6/10

Jean CONTRUCCI - L'énigme de la Blancarde : 6/10

 

Jean CONTRUCCI – L’énigme de La Blancarde : 6/10

 

J’avais découvert l’auteur et sa série des « nouveaux mystères de Marseille » à travers le dixième tome que j’avais a-do-ré (voir mon commentaire :http://edenlalu.centerblog.net/324-jean-contrucci-la-somnambule-de-la-villa-aux-loups-810).

J’ai donc décidé de commencer la série au début et me suis procurée « L’énigme de La Blancarde ».

Et ma toute première impression est celle-ci : l’auteur fait partie de ceux qui s’améliorent au fur et à mesure.

Non, je n’ai pas trop aimé ce premier polar de la série, et je pense même que si j’avais commencé par lui je ne serais pas allée jusqu’au dixième tome. Comme quoi !

 

Mais commençons par l’intrigue :

Nous nous trouvons à Marseille, en 1891. Madame Magnan, une femme âgée très riche, pieuse et généralement appréciée pour sa générosité – elle faisait des dons réguliers - est sauvagement assassinée dans son lit. Très rapidement la police arrête le meurtrier : il ne s’agit de personne d’autre que son fils adoptif, Louis Coulon !

Les preuves sont accablantes et même s’il nie avoir tué sa mère adoptive, il n’en reste pas moins qu’il était sur les lieux, avait un motif et a tout simplement la tête de l’emploi. Il est condamné au bagne à perpétuité.

Le journaliste Raoul Signoret qui suit cette affaire n’est pas vraiment convaincu, mais le fait est que la Cour d’Assises a statué deux fois et que le verdict est inébranlable. Il oublie l’affaire, du moins la repousse au fond de sa mémoire – jusqu’au jour où il reçoit une lettre anonyme qui affirme que le soir du meurtre une autre personne était présente …

Raoul Signoret, ensemble avec son oncle, le chef adjoint de la Sûreté Eugène Baruteau, tente de faire toute la lumière sur cette affaire. Et si véritablement une troisième personne était présente ???

Le jeune journaliste se perdra dans les ruelles malfamées de Marseille pour retrouver la petite bonne de Madame Magnan, devenue une fille perdue depuis ce jour-là. Et il va de surprise en découverte !

 

Une enquête dans les rues d’un Marseille historique :

Le roman se situe dans le Marseille du XIXème siècle et l’auteur restitue parfaitement l’atmosphère de la grande ville, sa chaleur, mais aussi sa puanteur, sa division entre riches et pauvres, ses clivages entre couches sociales. Le lecteur découvre les abîmes, les difficultés de l’époque, la justice, les apparences et plus généralement l’ambiance de cette époque.

J’ai beaucoup apprécié le côté « historique » de ce roman policier, même si le côté « policier » m’a plutôt laissé indifférente.

 

L’enquête était trop simpliste, de fait on savait dès le début, ou du moins on nous le faisait clairement comprendre, qui était innocent et qui était le coupable. Il suffisait donc de suivre le journaliste pour retrouver l’assassin.

Le roman n’est donc pas véritablement basé sur le questionnement du « qui est le meurtrier » mais plutôt sur celui du « mais où est passé le meurtrier », le tout mêlé d’un « ahlalala, qu’ils sont têtus ces auxiliaires de justice ».

 

Le personnage central, Raoul Signoret, lui, m’a plu. Il est jeune, impétueux, amoureux et entier. Il abandonne quand il faut, mais s’accroche tout autant quand cela est nécessaire. Un personnage principal qui a par la suite permis de construire toute une série autour de lui. Il n’est pas envahissant, il fait sa petite enquête, il n’est pas le plus intelligent du monde mais quand il a une idée en tête il va jusqu’au bout.

Franchement, c’est une belle première affaire pour ce héros en devenir. Même si l’enquête était un peu bâclée, ou plutôt sans véritable intérêt, Raoul, lui, nous offre une belle première prestation.

 

En résumé je dirais :un style parfaitement adapté au tournant du siècle, un personnage principal réussi, une enquête un peu traînante, le tout dans une ambiance marseillaise réaliste.

Dans l’ensemble un roman correct, mais pas renversant.

 

Ayant lu le dixième tome (comme je le disais en début du présent article), je sais que la série va en s’améliorant, j’envisage donc l’acquisition du « tome 2 », à savoir « La faute de l’abbé Richaud » !

 

Je précise que l’Enigme de la Blancarde avait reçu le prix Paul Féval en 2003. J’ajoute cette petite observation, si par hasard cela intéresse quelqu’un ou change quelque chose. Je le mentionne donc plutôt à titre anecdotique - ou alors pour faire la démonstration des recherches extensives que j’effectue toujours lors de la rédaction de mes articles (mouais).

 

Michael CONNELLY - The Black Box : 6,5/10

Publié le 26/08/2013 à 11:53 par edenlalu Tags : connellyn michael connelly harry bosch the black box la boite noire
Michael CONNELLY - The Black Box : 6,5/10

 

Michael CONNELLY – The Black Box : 6,5/10

 

 

Ce roman, dont le titre se traduirait littéralement par “La Boite Noire” (ce qui sera certainement son titre français) et qui n’est pas encore disponible en VF, suit une enquête menée par l’un des personnages emblématiques de l’auteur : Harry Bosch.

 

Désormais bien intégré dans le service des affaires classées, Harry Bosch a une opportunité unique : pour l’anniversaire des 20 ans des soulèvements de Los Angeles en 1992, le maire espère pouvoir présenter des statistiques un peu plus avantageuses sur la résolutions des nombreux crimes commis lors de ces violences urbaines. Or, c’est justement lors de ces soulèvements qu’Harry Bosch, il y a vingt ans, avait été appelé sur la scène d’un crime : une jeune femme, une journaliste danoise, avait été assassinée, ou plutôt exécutée. Or, le chaos de la situation, la multiplication des crimes et délits, le sous-effectif n’a jamais permis à Harry d’achever son travail qu’il a jadis dû laisser à un autre policier, qui, lui aussi submergé, a rapidement abandonné ce dossier qui a donc disparu dans une grande pile d’autres dossiers.

 

Harry se souvient donc bien de cette affaire lorsque le dossier atterrit sur son bureau, et c’est de cette enquête qu’il se saisit !

Rapidement, il retrace les derniers jours de la victime et il parvient même à retrouver l’arme du crime. Serait-ce un crime sans lien avec les violences urbaines ? Mais alors, quel est le mobile ?

Ces interrogations l’amènent sur une piste à laquelle il ne s’attendait pas !

 

 

Je suis un peu dur avec Michael Connelly,

mais ce maître du policier « judiciaire » m’avait habituée à un suspense immédiat. Or, dans ce roman, à mon sens, le début est un peu lent, on peine à se passionner pour les histoires de recherche d’arme et de gang. On observe Bosch se batailler avec les histoires de gang de LA, avec son supérieur hiérarchique, et ce n’est qu’au milieu du livre que la piste devient chaude - et donc l’enquête palpitante.

 

C’est un bon polar mais comparé à ses autres œuvres, il peut paraître un peu plus … ennuyeux.

Malgré cela, j’ai suivi avec plaisir cette enquête qui ravira les fans de Connelly, dont le style reste reconnaissable, fluide et sans heurts.

Seulement, si vous ne connaissez pas encore l’auteur, je vous invite de commencer par une autre enquête, car vous risquez d’avoir une image faussée de cet écrivain d’exception !

 

Oui, je suis dure, en me relisant j’ai l’impression que je commente un mauvais roman – ce qui est faux. Juste …. il n’était pas à la hauteur de mes espérances ! Après son précédent roman qui m’avait également un peu laissé sur ma faim (« The Drop », voir mon commentaire :http://edenlalu.centerblog.net/258-michael-connelly-the-drop-6-510 ), je ne peux qu’espérer que son prochain roman sera meilleur !

 

Mais je n’en doute pas ! Et il ne me faudra pas attendre bien longtemps, puisqu’il sortira dès le 2 Décembre de cette année 2013 : ce sera un roman avec son autre personnage fétiche, Mickey Haller, et il sortira en décembre sous le titre « The Gods of Guilt »

 

 

Pour rappel, les romans mettant en scène Harry Bosch sont les suivants (j’espère ne pas en avoir oublié !! (liste dressée avec l’appui de Wikipedia France pour les titres français) :

 

1/ Les Egouts de Los Angeles (The Black Echo, paru en 1992)

2/ La Glace noire (The Black Ice, paru en 1993 en VO, deux ans plus tard enVF)

3/ La Blonde en Béton (The Concrete Blonde, paru en 1994, deux ans plus tard en VF)

4/ Le dernier Coyote (The Last Coyote, paru en 1995, quatre ans plus tard en VF)

5/ Le Cadavre dans laRolls (Trunk Music de 1997, et dès 1998 en VF)

6/ L’envol des anges (Angels Flight, paru en 1999 et dès 2000 en VF) voir mon commentaire : http://edenlalu.centerblog.net/32-michael-connelly-angels-flight-envol-des-anges-6-2510

7/ L’oiseau des ténèbres (A Darkness More Than Night, paru en 2001 poru les deux versions)

8/ Wonderlanbd Avenue (City of Bones de 2002)

9/ Lumière Morte (Lost Light, de 2003)

10/ Los Angeles River (The Narrows, de 2004)

11/ Deuil interdit (The Closers, paru en 2005)

12/ Echo Park (Echo Park, de 2006)

13/ A genoux (The Overlook, paru en 2007)

14/ Le Verdict de plomb (The Brass Verdict de 2008, dans lequel il croise le chemin de Mickey Haller)

15/ Les Neuf Dragons (9 Dragons de 2009)

16/ Volte-Face (The Reversal de 2010) – voir mon commentaire :http://edenlalu.centerblog.net/204-michael-connelly-the-reversal-810

17/ Le Cinquième Témoin (The Fifth Witness de 2011, qui vient de paraître en VF, et dans lequel, en fait, il ne fait que de la figuration dans un roman mettant en scène Mickey Haller) – voir mon commentaire :http://edenlalu.centerblog.net/153-michael-connelly-the-fifth-witness-810

18/ The Drop (pas encore disponible en VF, mais cela ne saura tarder) – voir mon commentaire:http://edenlalu.centerblog.net/258-michael-connelly-the-drop-6-510

19/ The Black Box

 

 

 

Jussi ADLER-OLSEN : Délivrance : 8/10

Publié le 26/11/2012 à 14:29 par edenlalu Tags : jussi adler olsen délivrance carl morck département V
Jussi ADLER-OLSEN : Délivrance : 8/10

 

Jussi ADLER-OLSEN – Délivrance : 8/10

 

 

C’est avec un énorme plaisir que j’ai découvert – un peu en avance – cette troisième enquête du duo improbable que forment Carl Morck et son assistant Haffez el Assad au sein du département V – qui au demeurant n’est composé que de trois personnes, puisque seule Rose, la secrétaire au caractère détonnant complète leur équipe.

 

Encore une fois, l’affaire qu’aura à résoudre le département V se distingue nettement des deux précédentes (« Miséricorde » et « Profanation »), et c’est ce que j’apprécie tout particulièrement chez l’auteur ! Avec les mêmes héros, le même cadre assez particulier, la même ambiance, les intrigues se suivent – mais ne se ressemblent absolument pas !

Ce qui reste constant, ce sont les personnages. On les aime ou on les abhorre, je pense qu’il n’y a pas de juste milieu. Moi, j’adhère !

 

L’intrigue ;

 

Cette fois, l’affaire qui arrive dans le chaos du département V y parvient par un moyen assez original : par une bouteille à la mer.

Une bouteille est retrouvée un jour, puis déposé au poste de police où elle est oubliée au bord d’une fenêtre – ce qui n’est pas le meilleur moyen pour conserver son contenu. Ce n’est que des années plus tard qu’elle atterrit, en morceaux, sur le bureau de Carl Morck.

 

Ce dernier est déjà occupé par une vieille affaire d’incendie fatale, mais Assad, toujours aussi vif et surprenant, se met dans la tête de déchiffrer, entre deux tasses de thé, le message incompréhensible laissé par un inconnu il y a de longues années. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il s’agit d’un SOS !

 

L’enquête progressant, il s’avère que non seulement l’histoire qui se cache derrière ce message est sordide, mais encore qu’elle est bien plus actuelle que ne le pensait le département V … Une nouvelle victime est en danger. Seulement, la police ignore qu’une course contre le temps est d’ores et déjà engagée !

Sauront-ils comprendre à temps ce qui se trame ? Cela semble impossible, le meurtrier qui se cache derrière toute cette affaire est astucieux, cruel, manipulateur et expérimenté.

 

 Une enquête intelligente et originale

 

Jussi Adler-Olsen nous propose, encore une fois, une belle enquête, dans laquelle nous suivons d’un côté l’équipe du département V et de l’autre le meurtrier et son entourage, ce qui nous permet d’entrer dans l’esprit de tous.

 

Comme toujours, les personnages sont attachants et originaux.

Déjà, Carl Morck n’est pas un policier classique. Loin de toute ambition, il ouvre les dossiers par pure obligation, poussé par le zèle étonnant de son assistant Assad.

Et oui, l’esprit vif et acharné d’Assad entraine Carl Morck dans les dossiers les plus divers.

Leurs intelligences remarquables et pourtant très différentes, réunies de façon surprenante, débouche encore une fois sur une façon de retravailler les dossiers qui demeure originale – mais permet d’avancer dans des affaires oubliées depuis des années.

 

Le personnage du « méchant » est, lui aussi, ciselé, on découvre sa façon de penser, sa façon de procéder, et au fur et à mesure on se demander comment qui que ce soit pourrait le démasquer et l’arrêter. Car cela fait des années qu’il a amélioré sa pratique et sa couverture, il est devenu un maître dans l’art de la simulation, de la dissimulation et de la manipulation – et il ne connaît aucune pitié.

 

Le seul et unique bémol de ce roman, c’est l’introduction d’Yrsa, la sœur de Rose.

Le département V est déjà submergé d’originaux, leur association est improbable et l’efficacité de l’équipe, résultat de cette réunion étonnante qui se tient dans le sous-sol de la station de police, est acquise. Mais là, avec Yrsa, j’ai trouvé, personnellement, que c’était un peu dépasser les limites de l’improbable.

C’était un peu trop.

 

Il n’en reste pas moins que Carl Morck et Assad restent uniques, chacun dans leur genre, et que leur duo marche. Rose ou Yrsa, impossible d’enrayer leur méchanique.

 

J’adore leur façon de fonctionner, totalement intuitive, leurs méthodes en fait inexistantes, leurs théories tirées par les cheveux mais guidées par une intuition profonde.

Qui d’autre aurait tellement insisté pour déchiffrer le message de la bouteille à la mer, rédigée d’une écriture enfantine et vieille de plusieurs années ? Qui d’autre aurait senti que quelque chose d’autre se cache sous ce bout de papier ?

 

Bref, encore une enquête à lire !

 

Vous avez aimé « Miséricorde » et « Profanation » ?

Vous aimerez nécessairement « Délivrance », dont la sortie est prévue le 3 JANVIER 2013 !!!!

 

A titre d’information, vous trouverez mes commentaires sur les deux précédentes enquêtes du département V ici :

Miséricorde: http://edenlalu.centerblog.net/231-jussi-adler-olsen-misericorde-8-10

Profanation : http://edenlalu.centerblog.net/330-jussi-adler-olsen-profanation-8-10

 

Jussi ADLER-OLSEN - Profanation : 8+/10

Publié le 24/07/2012 à 12:08 par edenlalu Tags : profanation adler olsen jussi adler olsen morck carl morck
Jussi ADLER-OLSEN - Profanation : 8+/10

 

Jussi ADLER-OLSEN – Profanation : 8+/10

 

 

 

Cette deuxième enquête du « département V » est un véritable plaisir.

 

Encore une fois, Jussi Adler-Olsen nous plonge dans une affaire qui mêle habilement le polar au thriller au point de créer un style propre, le tout bien noir, sans oublier la petite étude de société percevable juste en filament, le tout parsemé d’une certaine dose d’humour froid.

Car oui, nous évoluons donc dans une ambiance sombre.

 

Le grand plus est que cette deuxième enquête de l’appartement V est qu’elle est très différente de la première, nous offrant donc un roman « nouveau » - tout en maintenant la couleur générale et le duo atypique formé par Carl Morck et Assad 

 

(petite observation : je ne parviens pas à insérer le caractère du « o » traversé par le « \ » qui me permettrait d’écrire correctement le nom du personnage phare, veuillez m’en excuser)!

 

L’intrigue :

 

Dans les sous-sols du commissariat, le département V, chargé de travailler sur des dossiers non résolus, tombe par hasard sur une affaire qui n’a en fait pas sa place d’ici, ce qui intrigue Assad et Carl Morck au point de s’y intéresser – et nous savons que Carl Morck a du mal à se lancer dans les enquêtes, il préférerait laisser passer la journée les pieds sur le bureau !

 

Il s’agit en fait d’un dossier classé, le coupable purgeant encore sa peine suite à l’assassinat d’un frère et de sa sœur dans des circonstances violentes. Comment ce dossier a-t-il pu atterrir sur le bureau de Morck alors qu’il est résolu ???

 

Rapidement il s’avère que l’homme qui a été jugé pour ce meurtre suite à ses aveux est peut-être véritablement l’auteur de ces atroces crimes, mais aussi qu’il n’a certainement pas agi seul !! Il était certainement simplement le complice d’un groupe de six jeunes qui avaient fréquenté le même pensionnait d’élite – et qui n’en étaient pas à leur premier crime ! Et les cinq autres sont encore en liberté ! Bien pire, quatre d’entre eux font partie du gratin du Danemark, occupant des postes influents et des situations enviables ! Un seul membre du petit groupe a disparu – Kimmie, la seule fille, qui vit dans la rue en ressassant une vengeance contre ses anciens amis et complices.

 

En lisant ce roman, nous suivons d’un côté Carl Morck et Assad, qui bénéficient désormais de l’aide d’une secrétaire au caractère bien trempé, Rose, et de l’autre côté le groupe des complices.

 

Et nous savons, dès le début du roman, que le meurtre de ces deux jeunes n’était pas le seul crime commis par le groupe des six, loin de là ! Ils se faisaient un plaisir d’agresser les gens simplement parce qu’ils en avaient les moyens, et cette violence sous-jacente ne les a jamais quittée, jusqu’à aujourd’hui. La valeur qu’ils attachent à la vie autre que la leur est inexistante.

 

En avançant dans leurs recherches, les membres du département V se heurtent non seulement à la barrière du temps qui a effacé les traces des crimes commis, mais surtout à la solidarité des anciens du pensionnat …

 

Un roman assez effrayant, qui rappelle que derrière une apparence sophistiquée et cultivée peut se cacher un esprit retors et diabolique.

 

Un roman sombre

 

C’est un roman violent.

On ne peut pas le nier. C’est le crédo des six anciens amis du pensionnat, ils se retrouvaient à l’époque pour regarder des films violents, tentant d’imiter les personnages d’Orange mécanique. La richesse des familles leur a permis de se cacher pendant des décennies derrière une apparence propre, de se bâtir un mur de relations et de finances.

 

Seulement, il suffit d’un seul membre qui vacille – ici Kimmie, qui était pourtant au cœur du groupe mais qui a été brisée par un évènement terrible et qui ne souhaite désormais plus qu’une seule chose : se venger des autres.

 

La question est : est-ce que Carl Morck et son assistant parviendront à retrouver Kimmie avant les autres ? Est-ce qu’ils seront capables de trouver suffisamment de preuves pour confondre les riches, protégés par l’aura des puissants ?

 

Dans « Profanation », on ne recherche à aucun moment les coupables, puisqu’on les connaît. On ne recherche donc pas à résoudre l’affaire – et pourtant nous suivons l’enquête qui devra mener à l’arrestation des coupables. C’est donc un polar étrange … qui se transforme rapidement en thriller, puisque l’affrontement entre les membres du groupe semble inévitable.

 

Le mélange entre histoires personnelles qui font chavirer les esprits plus ou moins sains et des crimes horribles imprime une couleur glaciale à ce roman scandinave.

 

Le  « plus » de ce livre est certainement l’équipe formée par Carl Morck et son assistant Assad, équipe renforcée par une secrétaire dont personne ne voulait, Rose.

Assad a sa façon de parler, d’agir, qui est toujours à la limite de l’acceptable, et Carl Morck, flic acerbe et désenchanté, n’est toujours pas certain qu’il a envie de travailler sur toutes ces enquêtes, tout simplement. Ce qu’il veut, c’est trouver la paix après ses expériences traumatisantes.

 

Un duo fascinant, des caractères qui se complètent bien, un duo efficace par leur intelligence, par leur perspicacité et surtout leur intuition.

 

Par rapport à « Miséricorde », la première enquête du duo, la différence est palpable : ici, l’urgence est différente. Dans Miséricorde, sans le savoir, le duo d’enquêteurs courait contre la montre pour sauver une femme tenue prisonnière alors qu’on la croyait morte, alors qu’ici, il n’y a pas le même type d’urgence. Il ne s’agit pas de secourir une nouvelle ou ancienne victime. Il s’agit de confondre les coupables avant que Kimmie ne les atteigne, ou encore avant que les autres ne parviennent à faire disparaître Kimmie, et avec elle le dernier témoin vivant.

 

Les deux affaires sont très différentes. Deux points communs les lient néanmoins : les deux romans débutent sur un dossier non résolu, donc comme un polar pour se transformer en thriller.

 

Mais surtout l’esprit particulier des enquêteurs, qui travaillent en dehors des règles habituelles tout en les respectant, qui s’acharnent sur des affaires oubliées que tous pensaient classées. Ils travaillent hors du temps, hors des sentiers habituels, avec un esprit différent et un humour sombre qui fait grincer des dents.

 

Du fond de leur cave, les membres du département V nous offrent des affaires bien passionnantes !

 

Je ne manquerai certainement pas la prochaine enquête !

 

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur la première enquête du duo, vous trouverez mon commentaire sur « Miséricorde » ici :http://edenlalu.centerblog.net/231-jussi-adler-olsen-misericorde-8-10

 

 

 

Karine GIEBEL - Les morsures de l'ombre : 7-/10

Publié le 01/05/2012 à 19:58 par edenlalu Tags : karine giebel les morsures de l ombre
Karine GIEBEL - Les morsures de l'ombre : 7-/10

 

Karine GIEBEL – La morsure de l’ombre : 7-/10

 

 

Un roman récompensé et objet d’excellentes critiques … que je ne trouve pas véritablement méritées.

Oui, c’est un bon roman, qui se situe entre le polar et le thriller, mais de là à l’encenser, non, vraiment. Pour cela il aurait fallu plus d’originalité. Plus de personnalité.

Il n’en reste pas moins que c’est un joli (bon, « joli » n’est pas le terme adapté pour ce livre plutôt noir) polar à lire pour un voyage en train – aaahh, d’où le prix SNCF du polar français, j’ai compris !

Pour moi, c’est un bon polar, correct, qui se lit d’une traite, sans ennui.

Mais sans palpitations ….

 

Mais parlons d’abord de l’intrigue :

Benoit Lorand, trente-cinq ans, est un bon flic, il aime sa famille, son fils de trois ans et sa femme, mais Benoit est également un grand séducteur, qui  collectionne les conquêtes et donc les infidélités, laissant sur sa route un grand nombre de cœurs brisés.

Après une soirée arrosée, passée en compagnie d’une belle rousse, il se réveille … au fond d’une cave, derrière des barreaux ! Prisonnier ! Séquestré par la très belle Lydia qui lui reproche un crime dont il n’a aucun souvenir et lui réclame la vérité, dont il ignore tout!

Benoit s’aperçoit rapidement que Lydia a un mental fragile. Toutefois, cette fragilité ne lui apporte rien, tout au contraire : sans pitié, elle tourmente son captif, tentant de faire durer ses supplices le plus longtemps possible, de le maintenir en vie, jusqu’à ce qu’il avoue … mais quoi ?

Elle l’affame, le torture, le fait mourir à petit feu. Combien de temps pourra-t-il survivre ?

Tandis que Benoit s’efforce de comprendre pourquoi Lydia le retient et comment il peut lui échapper – pour finalement ne plus poursuivre un seul but : survivre –à l’extérieur,l’enquête de policepiétine ! Malgré leurs efforts, ses collègues n’ont aucune piste, et rapidement ils perdent espoir de revoir leur ami en vie.

 

Un huis-clos angoissant – mais assez convenu, malgré sa violence

 

Vous l’aurez compris, ce roman nous plonge dans un terrible huis clos, puisque nous accompagnons Benoit au cours de son agonie, véritablement.

Au début il espère s’échapper, puis il tente simplement de garder un peu de dignité pour finalement s’accrocher désespérément à la vie alors que Lydia le torture par tous les moyens à sa disposition.

Un roman assez violent et plutôt angoissant  donc.

Un roman assez prenant aussi, puisqu’on le lit en une fois – mais il est vrai qu’il ne fait que 280 pages.

 

Les points forts :

 

Il y a déjà le fait que l’auteur ait osé aller au bout de son idée. Sa victime se bat jusqu’au bout de ses forces, alors que rien ne lui est épargné. Nombreux sont les écrivains qui n’osent pas de crainte de heurter un certain lectorat. Ici, nous accompagnons Benoit dans sa déchéance.

 

Le rythme est soutenu, malgré une certaine immobilité : l’intrigue n’avance pas véritablement, puisqu’on reste auprès de Benoit la plupart du temps, et lui, il ne peut pas vraiment bouger … .

D’ailleurs, cette "action" assez étonnante m’a conduite à classer ce roman dans les « polars » plutôt que dans les « thrillers », puisqu’en définitif nous cherchons constamment QUI est le criminel et que nous suivons les indices distillés au fur et à mesure du récit.

 

La réalisation est donc très bonne. Malgré une intrigue assez convenue, l’auteur est parvenue à créer un suspense certain. Ce qui est le but d’un tel roman, raison de ma bonne « note ».

Mais j’ai tout de même soulevé des points faibles qui font que j’estime ce roman globalement surévalué.

 

Les points faibles :

 

Comme je le disais, j’étais impatiente de commencer ce roman, puisqu’il a reçu divers prix et a été reçu les bras ouvert par une grande majorité des critiques.

Pour moi, il pèche pourtant de certains côtés, et si c’est un roman qui, je le répète, se lit vraiment avec plaisir et sans aucune exaspérante longueur, il lui manque quelques choses (oui, au pluriel) :

 

D’abord, il lui manque de l’originalité.

Le scénario est du déjà lu, les rebondissements sont prévisibles, les faux coupables transparents, les vrais coupables évidents. Aucune surprise, aucune.

Combien de fois avons-nous lu une intrigue comparable ?  Pas une seule fois j’ai haussé les sourcils de surprise. C’était juste la même histoire écrite avec d’autres mots.

 

Puis les personnages, d’un commun ! Le flic coureur de jupon, la collègue avec laquelle il a eu une aventure sans lendemain, la femme bafouée, le meilleur ami, le patron qui a ses propres vices, le flic envoyé de Paris, puis bien sûr la pauvre folle, Lydia, traumatisée par son enfance …

Aucun caractère n’était véritablement travaillé, tous restent à l’état d’ébauche. Dommage d’ailleurs. Même Benoit n’a pu se sortir de son stéréotype, trop enfoncé qu’il était dans ses souffrances.

Je pense qu’on aurait pu travailler quelques personnages secondaires un tout petit peu plus, affiner les caractères des policiers, par exemple, insister un peu plus sur Lydia et même Aurelia.

 

Enfin, le style manque de personnalité, il ne porte pas d’empreinte particulière.

Face à cette plume sans caractère je me suis demandée si c’est l’effort d’écrire de façon masculine qui a enlevé la vie à cette écriture. Car l’auteur est bien une femme, qui tente d’écrire comme un homme, parfois en glissant quelques lignes inutilement grossières dans ses pages (ce qui ne rend pas plus viril, bien évidemment).

Je ne dis pas que je fais une différence entre les écritures féminines et masculines, mais ici j’avais l’impression de sentir un réel effort de se débarrasser de la finesse propre aux écrivaines (femmes, donc) pour rejoindre l’écriture parfois plus brute des écrivains (hommes, donc).

Peut-être pour s’assurer que le sujet, dur et violent, soit mieux accepté ? Pourtant, pas besoin, car c’est l’un des points forts, cette façon d’aller au bout de son idée.

 

En ce qui concerne les dialogues, ils n’étaient pas particulièrement réussis (si on se demande plus de trois fois « qui a déjà dit ça ? », qu’on remonte es yeux les lignes pour vérifier, c’est qu’il y a un problème).

Bref, j’avais l’impression que n’importe qui aurait pu écrire cette même histoire. Que, d’ailleurs, j’avais déjà lue.

Oh, je relis ce que je viens d’écrire, cela sonne méchant !

Ce n’est pas le but, absolument pas, puisque dans l’ensemble j’ai apprécié ce roman !!

C’est un roman noir, l’histoire d’une femme tourmentée qui séquestre un homme pour se venger, et se délivrer par la même occasion, une histoire de course contre la montre, le tout cachant une véritable enquête policière puisque nous cherchons l’auteur d’un crime !

Donc, si vous aimez les polars noirs, que vous n’avez pas peur de vous plonger dans l’univers oppressant d’une séquestration violente, ce roman est pour vous !

Car oui, « Les morsures de l’ombre » est un roman réussi.

Juste pas aussi parfait et fabuleux qu’on pourrait le penser au regard des prix reçus.

Michael CONNELLY - The Drop : 6,5/10

Publié le 02/02/2012 à 10:40 par edenlalu Tags : michael connelly the drop harry bosch
Michael CONNELLY - The Drop : 6,5/10

Michael CONNELLY - The Drop : 6,5/10

(pas encore disponible en VF)

Ce roman de Michael Connelly fait partie de la série des « Harry Bosch ».

Harry Bosch travaille désormais au sein de l’unité des affaires non résolues qui reprend des affaires anciennes afin de reprendre les investigations avec les moyens modernes, telles les techniques de médecine légale, l’ADN etc.

Dans « The Drop », une de ces affaires anciennes est confiée à Harry Bosch et son partenaire Chu suite à une percée déterminante suite à l’analyse d’une goutte de sang. Il s’agit d’ une sinistre affaire de viol et de meurtre qui remonte à 1989 et dans laquelle une vieille trace de sang laissée sur le cou de la victime permet aujourd’hui d’identifier un suspect dont le profil colle parfaitement … si ce n’est qu’en 1989 il n’avait que huit ans !

Une affaire délicate qui pourra impliquer une confusion de dossiers et mettre en cause d’autres affaires.

Alors qu’Harry se penche sur ce dossier, une deuxième enquête est posée sur son bureau : on lui demande d’enquêter en priorité sur une affaire actuelle, celle d’un homme qui aurait sauté par la fenêtre de sa chambre d’hôtel. S’agissant du fils d’un politicien, là encore l’affaire est délicate, d’autant plus que Bosch a des raisons de douter de l’hypothèse du suicide.

Vous l’aurez compris, ce roman nous avons deux affaires pour le prix d’une, ce qui est assez sympathique, d’autant plus que les deux enquêtes se suivent en parallèle et ne se recoupent donc, par définition, jamais. Cela donne un peu d’air à chacun des dossiers. Seulement, cela a également des inconvénients puisqu’on a l’impression que chaque affaire aurait mérité un peu plus d’attention.

Et oui, malgré tout le talent de Michael Connelly, j’ai été un peu déçue par ce roman, et ce pour deux raisons :

D’abord, comme je viens de le dire, les deux intrigues me semblaient trop légères, il manquait quelque chose de caché, quelque chose qu’on ne trouverait qu’en creusant encore plus profondément. Un petit « truc », celui auquel nous sommes habitués dans les romans de l’auteur. Ce petit élément de surprise qui nous fait fermer le roman avec un soupir de plaisir. Cette petite étincelle fait défaut.

En ce qui concerne les deux affaires, j’ai largement préféré l’intrigue remontant à 1989 et j’aurais souhaité un tout petit peu plus de détails, de recherches dans ce dossier qui, finalement, se résout bien trop facilement.

Ensuite, si j’adore tous les romans de Harry Bosch, dans celui-ci il est un tout petit peu trop mis en avant. Je ne saurais dire à quel moment la limite a été dépassée, et ce n’est que d’un cheveu, mais j’ai la sensation que si on n’est pas particulièrement fan d’Harry Bosch on pourrait avoir des difficultés à lire ce polar avec le même plaisir (comme j’aime bien ce personnage je ne peux le dire avec certitude).

D’habitude l’auteur nous présente une belle intrigue et il se trouve simplement qu’elle est confiée à Harry Bosch. Ici, nous suivons Harry Bosch qui, à cet instant, à ces deux dossiers là à résoudre. La balance est légèrement inversée.

Mis à part cela, the Drop reste un très bon polar, et je n'ai pas beaucoup à ajouter.

Les fans de Michael Connelly aimeront et ceux qui aiment les polars en général apprécieront, mais peut-être un peu moins.

Colin COTTERILL - Thirty Three Teeth/La dent du Bouddha : 6+

Publié le 02/01/2012 à 17:43 par edenlalu Tags : colin cotterill thirty three teeth la dent du bouddha
Colin COTTERILL - Thirty Three Teeth/La dent du Bouddha : 6+

Colin COTTERILL - Thirty Three Teeth/La dent du Bouddha: 6+/10

Dans “Thirty Three Teeth”, ou “La dent du Bouddha”dans sa version française, nous retrouvons le Dr. Siri, le médecin légiste de soixante-douze ans qui pratique au Laos dans les années ’70 (sa première enquête a été publié sous le titre Le déjeuner du coroner).

Le Dr. Siri est un héros assez particulier qui affronte donc dans ce roman sa deuxième enquête dont voici le résumé :

L’intrigue :

Le Docteur Siri se trouve confronté à une série de meurtres effrayants : les corps de femmes arrivent à la morgue, et ces corps présentent des traces qui font penser qu’elles ont été attaquées par une bête sauvage, peut-être un ours. Mais quel ours viendrait agresser des humains pour disparaître sans laisser de trace le jour ? Et s’il ne s’agissait pas d’un ours ?

En même temps, le Dr. Siri devra identifier des cadavres calcinés, se battre contre le monde des esprits (il est la réincarnation d’un chamane puissant mais n’en est conscient que depuis peu de temps), se battre contre des haut-parleurs (oui oui), sourire aux fonctionnaires …

Oui, notre coroner préféré a une vie palpitante sous la chaleur du Laos, et nul ne sait où il achèvera sa journée !

Les romans de Colin Cotterill nous entraînent dans un monde un peu oublié : une  « république bananière » du Laos où la corruption triomphe, où la bureaucratie risque de rendre chauve les pauvres êtres qui s’y attaquent tellement ils vont s’arracher les cheveux, où la propagande est constante alors que le monarque déchu est en fuite et où la chaleur est étouffante du matin au soir.

Dans ses enquêtes, notre cher Docteur est accompagné notamment par Dtui, son assistante, une infirmière plutôt enrobée dont l’esprit fin est d’une grande utilité, et de quelques autres personnages assez surprenants.

Ici, j’aimerais souligner la description du lieu et de l’époque. J’ai apprécié de me plonger dans le Laos des années 1970 puisque ce n’est ni un lieu ni une époque que je connais bien. Avec une grande adresse l’auteur nous fait vivre la chaleur moite, l’administration lourde, les préjugés, la peur des esprits et devant nos yeux se dresse un monde jusqu’ici quasiment inconnu.

Les caractères sont vivants, à commencer par le Docteur Siri lui-même, qui, loin des héros jeunes et séduisants, est d’un certain âge. Sa perspicacité et son humour lui permettent de résoudre les mystères les plus étranges et sa force de caractère est plus puissante que pas mal de bras plus jeunes. Son esprit vif est séduisant et on le suit avec plaisir dans ses aventures.

J’ai également beaucoup aimé Dtui que j’ai déjà mentionnée ainsi que Monsieur Geung, qui travaille également au sein de la morgue et qui est atteint du Syndrôme de Down et dont la présence loyale est indispensable à la vie de ce service.

Bref, une mise en scène parfaite, des caractères réussis.

L’auteur a saupoudré l’ensemble de croyances et d’esprits, ce qui est également une bonne idée puisque le Dr. Siri, justement, est l’hôte de Yeh Ming, un esprit puissant. D’ailleurs, ses rêves et ses intuitions l’aident dans ses enquêtes et l’ensemble de l’histoire touche le monde des esprits et les croyances au point qu’il est par moments difficile jusqu’où le monde des esprits intervient réellement. Toutefois, tous les évènements (ou presque) s’expliquent rationnellement.

N’oublions pas non plus l’humour britannique que nous retrouvons dans ce roman, un humour qui fait sourire ou grincer des dents. Parfois les private jokes sont peut-être un peu trop … privates, mais dans l’ensemble le style est réussi, la marque de l’auteur se reconnaît aisément.

Néanmoins, parce qu’il faut bien un « néanmoins » :

L’ensemble est censé être un polar ; on doit retrouver le meurtrier des femmes, ou des autres morts qui se retrouvent à la morgue du Dr. Siri. Or, l’intrigue se perd, prend des détours, on a un peu de mal à suivre les indices qui, tout d’un coup, nous inondent d’on ne sait où et nous amènent dans une direction imprévisible et décevante.

La présence des esprits, qui est une particularité de ce roman, est par moments un peu trop présente – ou tout simplement insuffisamment introduite dans l’histoire même ! Je pense franchement que le « tricot » entre ce côté spirituel et l’enquête aurait été plus réussi si les mailles avaient été plus étroites.

L’intrigue m’a semblé bâclée, peut-être gâchée par l’effort d’introduire trop de spiritualité sans vraiment s’en servir dans l’histoire même. Pourtant, tout y était, même l’action n’y manquait pas. Une meilleure structure auraient pu rendre ce roman passionnant.

En l’état, j’étais déçue et par instants je m’ennuyais ferme.

Peut-être je n’ai simplement pas « accroché », ce qui est une toute autre possibilité. Car cela arrive. Le roman reste pour moi plaisant, mais certainement pas à relire.