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Historiques : auteurs H - L

David LE YAOUANG - Les damnés de Ceallach : 7,5/10

Publié le 27/08/2013 à 11:28 par edenlalu Tags : damnés de ceallach les damnés de ceallach le yaouang david le yaouang
David LE YAOUANG - Les damnés de Ceallach : 7,5/10

 

David LE YAOUANG – Les damnés de Ceallach : 7,5/10

 

Voilà un premier roman très réussi !

Je ne peux toutefois m’empêcher, avant de vous en parler, de faire une remarque liminaire, essentielle pourtant : contrairement à ce que mentionne la couverture, il ne s’agit PAS d’un roman policier.

Ce qui n’enlève en rien à l’atmosphère froide, à la violence sous-jacente et dense de ce livre !

 

« Les Damnés de Ceallach » débute en 1800, lors d’une tempête qui menace l’île de Ceallach. Nous nous trouvons dans une petite taverne, dans laquelle les habitués se sont regroupés alors que le vent s’acharne sur l’extérieur, battant la mer et les rochers avec une force terrifiante.

Un étranger entre. Pourtant, sur cette petite île, il n’y a pas d’étrangers, on ne s’y perd pas, on n’y fait pas de tourisme. On y vit et on y survit.

Très rapidement on comprend que le nouveau n’est pas si étranger que cela. Et le tenancier de la taverne est le premier à identifier Padraig, le fils de Tomàs MacNamara.

Dès que ce nom est lancé, l’ambiance de la taverne, déjà tendue, se refroidit d’un cran. Tous se tournent de façon menaçante vers le jeune homme. Car tous sont liés par un secret que Padraig est venu découvrir, celui de la mort de son père ! Pourquoi cet homme, marin émérite, pécheur expérimenté, est-il mort ? Que s’est-il passé ce soir de novembre 1788, alors qu’il a été contraint de quitter l’île avec sa mère alors qu’il n’était qu’un jeune garçon, espérant en vain que son père ne le rejoigne – père qu’il n’a jamais plus revu ?

 

-         Subtilement, presque sans transition, je glisse maintenant vers la partie « critique » de mon article

 

Le récit qui nous conte la vie de Padraig, vie qui le ramènera donc sur l’île des années plus tard, est l’occasion de revenir sur l’histoire de l’Irlande, le soulèvement de 1798 mais surtout, ce récit nous permet de saisir l’ambiance générale de l’époque, et ce de façon très vivante.

 

Dès les premières pages l’auteur impose son style puissant.

Au début, j’étais désarçonnée car je m’attendais à un roman policier, et aussi bien style que présentation étaient atypiques. J’ai toutefois rapidement compris – je suis une petite maligne tout de même -  qu’il ne s’agissait pas d’un polar, mais plus d’un petit roman historique saupoudré d’un peu de mystère sous la forme d’un terrible secret gardé au cœur de l’ïle de Céallach.

 

J’appelle le style « puissant » parce qu’en quelques mots l’auteur parvient à créer une ambiance très forte, oppressante par instants, intense dans tous les cas.

Son récit est passionnant, même si on ne connaît pas beaucoup l’Histoire d’Irlande. Il y a juste ce qu’il faut pour ne pas ennuyer le néophyte.

J’ai apprécié la façon d’amener le lecteur à travers la dernière décennie du 18ème siècle, c’était rapide, intense et captivant.

Les parenthèses de souvenir étaient adroitement intégrées et pour un premier roman la fluidité était à peine compromise. Ce qui s’explique certainement par le fait que cette parenthèse était palpitante, que l’histoire du fils Macnnamara était presque plus colorée que celle de son père, mort avant d’avoir pu quitter l’île.

 

A la fin, nous avons une petite touche de « polar » sous forme d’un effet surprise que j’ai apprécié.

 

Quel défaut puis-je trouver à ce roman ?

 

Je pense qu’il aurait supporté une cinquantaine, voire une centaine de pages de plus, permettant de creuser certains aspects de l’histoire, le lien entre l’oncle et le neveu (Padraig grandira chez le frère de son père), j’aurais aimé vivre un peu plus la mélancolie de sa mère et comprendre un peu plus le caractère très fort de Padraig.

De même, l’histoire de Tomàs, sa vie avant cette nuit fatidique de novembre 1788 aurait mérité quelques pages de plus, car nous n’apprenons pas suffisamment à le connaître. On en devine les contours, mais il y a un peu trop de zones d’ombre pour saisir cet homme fort. J’aurais apprécié vivre peut-être quelques jours à ses côtés alors qu’il vivait avec sa famille sur l’île.

Il n’en reste pas moins que le petit livre se lit d’une traite.

Si j’étais surprise par le fait qu’il ne s’agisse pas d’un polar, j’ai été happée, presque malgré moi, par l’intensité du récit.

 

J’espère lire bien d’autres romans de cet auteur prometteur, qui est un passionné de l’histoire des pays celtiques. Ce qui tombe bien, car moi aussi !

 

 

Christian Jacq - Le dernier rêve de Cléopâtre : 6-/10

Publié le 10/01/2013 à 11:59 par edenlalu Tags : christian jacq cleopatre le dernier reve de cléopatre
Christian Jacq - Le dernier rêve de Cléopâtre : 6-/10

 

Christian JACQ – Le dernier rêve de Cléopâtre : 6-/10

 

Un Christian Jacq fort sympathique - mais qui manque d’entraîner le lecteur avide dans la spirale de l’Egypte comme d’autres romans du même auteur ont su le faire (comme p.ex. « La Reine Soleil », « Ramsès », « La Reine Liberté », « La Pierre de Lumière » et j’en passe …).

Si c’est un petit roman distrayant, sa lecture m'a laissée sur un goût d'inachevé. J’espérais un retour du « grand » Christian Jacq (surtout après le décevant « Imhotep », que je n’ai pas du tout aimé, voir mon commentaire : http://edenlalu.centerblog.net/44-christian-jacq-imhotep-310), et bien, j'attends toujours ...

 

 

L’intrigue est vite résumée

 

… car nous savons tous qui est Cléopâtre et qui est César !

Cléopâtre, la jeune et très belle reine d’Egypte, qui devait partager le pouvoir avec son frère cadet Ptolémée XII, auquel elle est symboliquement mariée.

Or, la jeune femme désire réformer son pays, être plus proche de son peuple et rendre à l’Egypte sa grandeur d’antan. Seulement, son petit frère, soutenu ou plutôt influencé par des précepteurs un peu trop arrivistes, désire se débarrasser de cette sœur un peu trop ambitieuse pour régner seul.

En désespoir de cause, Cléopâtre fuira Alexandrie pour mieux y revenir, soutenue alors par le grand César qui vient de sortir victorieux de son affrontement d’avec Pompée.

 

Ces deux êtres, que tout sépare pourtant - le pays, les rêves, l’âge même (César a dépassé la cinquantaine alors que Cléopâtre n’en a même pas vingt ans) - tombent éperdument amoureux, et ensemble ils espèrent reconquérir le pouvoir de l’Egypte …

L’affrontement avec ceux qui soutiennent le monarque officiel, Ptolémée XIII, sera violent !

 

Un peu superficiel

 

C’est une belle idée que de nous faire revivre la vie de Cléopâtre mais je dois dire que j’attendais bien plus de Christian Jacq, qui est un grand égyptologue, qui nous a déjà proposé des sagas telles que celle de Ramsès II. Ici, il reste bien trop en surface, nous n’entrons pas dans le vif du sujet, nous ne découvrons pas suffisamment le peuple, les soucis, les intrigues restent simplistes. Bref, nous lisons un roman dont nous connaissons déjà les aboutissants, une oeuvre que n'importe qui aurait pu écrire après quelques recherches. Seule la bataille entre les deux monarques, qui divisera Alexandrie, relève un peu le niveau.

 

Pourtant, on sent bien la plume de Christian Jacq, mais pas son engagement. Peut-être aurait-il dû consacrer plus d’un volume à cette belle reine ? Car le souci est que nous connaissons tous déjà son histoire (du moins globalement) et nous attendons donc nécessairement d’aller au-delà du connu, de découvrir les coulisses, et qui mieux qu'un Christian Jacq pourrait nous y amener … et bien non, pas avec pas ce roman !

 

Bien plus décevant : nous n’en arrivons même pas à Marc Antoine ! J’aurais pourtant adoré savoir comment il se fait que Cléopâtre se décidera pour celui-ci, comment elle réagit à l’annonce de la mort de César, puis comprendre ce qui a déterminé son suicide etc. etc. - le tout conté par un Ch. Jacq aurait dû être phénoménal.

 

Et bien non, nous en restons à la courte idylle entre César et la reine d’Egypte. Et elle n’est même pas suffisamment aprofondie.

Peut-être puis-je espérer une « tome 2 » ? Mais il n’y a aucune allusion à une suite !

 

Bref, si j’ai apprécié la lecture, ce roman ne m’a pas emportée, et je reste sur une sensation d’inachevé.

Je suis peut-être un peu sévère, mais l'auteur est tout de même Christian Jacq!

 

Christian LEJALE - A l'encre de Chine, Livre 2 : 8-/10

Publié le 03/04/2012 à 11:35 par edenlalu Tags : christian lejalé à l encre de chine à l encre de chine livre 2
Christian LEJALE - A l'encre de Chine, Livre 2 : 8-/10

Christian LEJALE – A l’encre de Chine (livre 2) : 8-/10

Ce deuxième livre (qui peut être lu sans connaître le premier, même s’il est fortement conseillé de les lire dans l’ordre) est un vrai bijou – dont je n’ai certainement pas su saisir toutes les facettes.

L’histoire d’une Chine chancelante

Le livre 2 débute en 1912, le "Céleste Empire" est sur le déclin, la Chine connaît une période agitée, la montée du communisme, la "Longue Marche" et naturellement, Mao Tsé Toung.

Christian Lejalé, un grand spécialiste de l’Asie, nous fait découvrir ce moment crucial de l’Histoire de la Chine à travers l'histoire de Yuna et Zhao.

Yuna, désormais adulte, a abandonné son déguisement d’homme, bien qu’involontairement : c’est l’impératrice Ts’eu hi qui a obligé la jeune femme de dévoiler sa véritable nature. C’est d’ailleurs ainsi que l’héroïne se trouvera séparée par un monde de son amour, Zhao, puisque les circonstances vont contraindre le couple à se séparer alors que le monde autour d’eux se transforme en chaos. Zhao se battra d’un côté du monde pour une nouvelle vie alors que Yuna fuit en Amérique, où elle fera une carrière de danseuse et rencontrera maints personnages, fictifs ou réels, tels que Charlie Chaplin, qui, l’espace d’un instant magique, songe à préparer un film sur la Chine avec Yuna, projet qu’il oubliera vite pour tourner ses plus grands succès.

Yuna, exilée, ne sait pas où, dans le monde, se trouve Zhao, et des rumeurs de sa mort lui parviennent, ses lettres, envoyées telles une bouteille à la mer restent sans réponses, elle désespère de ne pas retrouver l’homme qu’elle aime depuis toujours - mais au fond elle sent qu’il est encore en vie.

Le communisme d’un côté, le rêve américain de l’autre, l’Histoire se joue devant nos yeux grâce aux périples de Yuna et Zhao, qui rêvent d’une nouvelle nation.

Les voyages forcés et les combats que mènent Yuna et Zhao les font traverser une époque violente qui nous fait rencontrer des personnages hauts en couleur. Nous découvrons notamment Mao Tsé Toung, il nous est présenté alors qu’il est encore jeune, puis nous observons son cheminement qui fera de lui celui que l’Histoire retient, celui à qui Yuna et Zhao s’opposent.

J’admets que certains aspects du livre m’ont certainement échappés puisque je n’ai pas une profonde connaissance ni de cette période ni de l’Asie. A l’école, qui remonte à loin, cette époque correspondait à la montée du nazisme, à la guerre, et je dois dire que le chaos que traversait alors la Chine ne prend qu’une place secondaire dans mes souvenirs historiques.

C’est certainement dommage. Je suis convaincue qu’en lisant ce roman alors que vous avez une meilleure vision de cette époque pourra vous le faire apprécier bien plus encore que je ne l’ai fait.

Vous vous demandez alors comment il se fait que j’ai autant aimé, même si je n’ai pas tout compris ?

Parce que l’écriture de Christian Lejalé est magique !!!

Une écriture soyeuse !!

Christian Lejalé à une écriture d’une douceur étonnante. Dire qu’elle est poétique serait faux, puisqu’il n’emploie pas de mots compliqués à cinq syllabes. Il manie les mots simples comme un artiste, il nous dépeint une image de façon à ce que nous sentons les odeurs, tous ces chemins que parcourent Yuna et Zhao, nous les voyons, nous sentons les pierres sous leurs pieds.

C’est un plaisir de le lire, tout simplement.

A aucun moment l’auteur ne nous assomme avec de longues descriptions, les scènes se suivent à un rythme soutenu – et pourtant fluide.

Sa plume me fait penser à une large rivière, elle avance apparemment en toute douceur, mais une fois qu’un objet tombe dedans, il est emporté par un courant puissant, sous la surface lisse tout bouillonne.

Ne serait-ce que pour cette écriture ce roman vaut la peine d’être lu. Mais attention, il faut malgré tout lire avec amour, ce n’est pas un livre qui se consomme, il faut le gouter, même si on est, comme moi, incapable de véritablement suivre l’Histoire (avec un H majuscule) et qu’on doive se contenter de l’histoire (avec un « h » minuscule).

Un roman historique à part:

Vous le savez, je lis beaucoup de romans historiques, mais celui-ci est un peu différent. Déjà, il est très précis, contient énormément de détails historiques et peut surprendre par sa profondeur. Mais là, il n’est pas le seul, il y en a d’autres.

Je pense surtout que c’est un roman qui souhaite nous offrir une belle image, indépendamment du sujet traité. J’ai même failli classer ce livre dans la « littérature générale ».

Prenez par exemple des romans de Philippa Gregory, de Ken Follet, Willbur Smith, Henri Loevenbruck ou tout autre auteur de romans historiques, vous avez le choix : vous suivez une histoire romancée présentée d’une plume agréable sur un fond historique plus ou moins détaillé et coloré.

Ici, dès la première plage, nous plongeons plus profondément dans le monde de Yuna. Nous sommes dans ses chaussons. C’est une immersion plus intense et moins …. touristique. C’est un roman, qu’il soit historique est accessoire.

Et pourtant, chaque détail est intéressant, passionnant même, rien ne semblait superflu ou ennuyeux.

Donc, c’est un roman à lire si vous avez envie de vous plonger dans cette époque, de lire un beau livre, bien écrit, d’autant plus que Christian Lejalé n’a pas oublié l’histoire romancée puisque l’amour du couple que forment Yuna et Zhao est tout aussi finement conté que le reste.

Henri LOEVENBRUCK - L'Apothicaire : 8+/10

Publié le 01/03/2012 à 21:25 par edenlalu Tags : henri loevenbruck apothicaire
Henri LOEVENBRUCK - L'Apothicaire : 8+/10

Henri LOEVENBRUCK - L’Apothicaire : 8+/10

Un roman qui nous propose une intrigue magnifiquement ficelée, conçue avec soin et amenée avec une finesse extrême. Le suspense et les révélations parfois stupéfiantes accroissent le plaisir de lecture de page en page.

L’intrigue elle-même mériterait un 10/10, avec ce suspense grandissant qui happe le lecteur le plus réticent.

S’il n’y avait … (tentative probablement totalement ratée de créer du suspense dans ce commentaire)

Parlons donc d’abord, comme d’habitude, de l’INTRIGUE :

J’ai tout simplement adoré cet aspect du roman ! L’idée de base, dès son point de départ, est imaginative et le cheminement que poursuivra l’apothicaire peut presque être appelé un chef d’œuvre.

Nous le rencontrons à Paris, en l’an 1313, l’apothicaire, qui porte le nom est Andreas Saint-Loup. Un homme au caractère fort, passionné par la science, les recherches. Sa curiosité le pousse souvent à des comportements presque blasphématoires pour l’époque, sa foi est inexistante alors même qu’il a grandi au sein d’un monastère, devant les portes duquel il a été abandonné alors qu’il n’était qu’un nourrisson.

L’époque est agitée, l’Inquisition effraye plus d’un, les intrigues politiques secouent le pays. Mais l’apothicaire ne s’en soucie pas, il vit sa vie de scientifique dans son petit apothicairerie à Paris où il espère découvrir ce qui se cache au fond de la matière.

Mais un jour de janvier une chose étonnante le bouleverse dans ses certitudes : au cœur même de sa maison, une chambre semble se révéler à sa perception, une chambre vide, une chambre qu’il n’avait jamais remarquée mais qui, pourtant, a toujours existé, une chambre qu’il avait oubliée. Le fait est d’autant plus remarquable que ses employés, tout comme lui, n’ont plus aucun souvenir de cette chambre – alors qu’ils ont tous conscience qu’elle a toujours été là. Comment peut-on oublier une chambre devant laquelle on passe tous les jours ? Comment cette chambre a-t-elle pu rester aussi propre si personne ne l’a jamais nettoyée ?

Andreas Saint-Loup est ébranlé, lui, le scientifique à la mémoire infaillible, se voit devant un mystère incompréhensible – qui s’accroit encore lorsque son regard tombe sur la peinture qui le représente, un portrait magnifique exposé à la vue quotidienne - mais dans lequel il semble manquer quelque chose … ou quelqu’un. Oui, dans ce portrait le côté droit est vide, laissant dans l’ombre un endroit où, certainement, un deuxième personnage devait être représenté ! Comment un personnage peint peut disparaître d’un tableau ? C’est tout aussi impossible que d’oublier une chambre !

Andreas Saint-Loup ne parvient pas à retrouver la paix, il sent qu’il doit percer ce mystère.

Il se lance donc dans une véritable quête, accompagné en cela de son apprenti, Robin, un fils de paysan maladroit mais à l’esprit aiguisé qui a trouvé en Andreas un véritable maître qu’il admire.

Seulement, l’époque est difficile, et cette étrange énigme semble attiser les curiosités de bien d’autres personnages ! Les sbires du roi, Philippe le Bel, sont aux trousses de notre apothicaire qui se trouve rapidement accusé d’hérésie, tout simplement pour justifier son arrestation et sa soumission à la Question, ces interrogatoires tant redoutés de l’Inquisition. Bientôt il ne reste plus d’autre choix à Andreas que de fuir Paris et de suivre les traces invisibles de la personne qui aurait pu occuper la chambre oubliée.

Or, deux autres personnages, bien plus sombres et mystérieux encore, semblent suivre l’apothicaire : deux hommes de noir vêtus, deux frères qui le suivent dans un but obscur mais bien peu bienveillant.

Parallèlement, nous suivons également le destin d’une jeune fille de quatorze ans, Aalis, à laquelle le destin est loin de sourire et qui, dans un moment d’égarement et de fureur, commet une faute irréparable, ce qui lui vaudra une ordonnance royale la condamnant à une mort certaine. Aalis se trouve en fuite, et son chemin croise celui d’Andreas Saint-Loup et de Robin.

Une quête passionnante, un mystère qui s’étoffe, qui devient de plus en plus intriguant.

Cette recherche de la clé de l’énigme conduira Andreas vers les adeptes de la schola gnostica, cette école de croyance décriée par l’Eglise et dont les membres ne répondent à notre apothicaire que par d’autres questions, le poussant presque à bout de patience.

Une quête presque spirituelle, menée bien malgré lui par Andreas Saint-Loup, qui nous permettra de voyager et de croiser le chemin de personnages haut en couleur, aussi bien réels (mais romancés, bien évidemment) que fictifs.

Alors, quels sont les points positifs et négatifs de ce roman ?

Une intrigue presque parfaite :

Ce treizième roman de l’auteur – mais son premier roman historique – nous propose donc, comme je l’ai souligné, une histoire conduite de main de maître.

J’admets, qu’au début j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire, ce qui tient aux points qui m’ont déplus et que je mentionnerai ci-après. Mais je n’ai pas pu faire autrement que d’être entraînée par l’histoire mystérieuse, qui, au gré du roman, s’étoffe grâce à quelques miettes d’informations qui sont savamment distillées au gré des chapitres.

Certains points resteront sans réponses, mais ces absences de réponses sont, en grande partie, logiques. J’aurais néanmoins aimé savoir un peu plus sur la raison véritable de la brouille entre Andreas et l’abbé Boucel, celui-là même qui l’a élevé, la raison de son aversion de l’église qui, pourtant, l’a vu grandir, j’aurais aimé en savoir plus sur Izia ou encore … et bien, je ne vais pas le dire pour ne pas trahir ne serait-ce un élément de l’énigme.

Donc, presque parfait au niveau de l’intrigue.

Mais il y a des points que j’ai bien moins aimé, et notamment les suivants :

Des personnages manquant d’épaisseur :

Oui, l’apothicaire est parfaitement décrit, on le voit devant soi avec son crâne luisant, sa figure caractéristique, je le reconnaîtrais dans la rue, son caractère parfois difficile, ses mimiques mêmes. Un personnage bien dépeint.

C’est d’autant plus dommage, et d’autant plus évident, que son apprenti, lui, paraît presque fade, alors même qu’il avait, à l’origine, tout pour prendre de l’ampleur ! Un jeune paysan qui devait travailler dans un quelconque bouge ou il ne cessait de se faire réprimander en raison de sa maladresse, mais dont l’esprit vif, brillant et logique l’ont fait étinceler aux yeux d’Andreas Saint-Loup, oui, ce garçon promettait d’être un personnage à la hauteur de son maître.

Malheureusement, voilà une promesse non tenue, Robin, malgré sa résistance, sombre dans l’arrière-fond et n’est plus que l’apprenti. Pourtant, les occasions ne manquaient pas pour le faire évoluer, puisqu’il a la triste opportunité de montrer son courage à plusieurs reprises. Mais ses efforts sont vains, il monte simplement pour retomber systématiquement dans un quasi-anonymat, caché dans l’ombre d’Andreas.

Même Aalis semble plus étoffée, et là encore on aurait pu travailler plus ce personnage qui est nécessairement torturée par son vécue ! Elle aurait dû être bien plus déchirée par son histoire particulièrement sordide, et pourtant, elle ressemble juste à une jeune fille assez dégourdie. Occasion manquée, là encore.

Il en va de même de tous les autres personnages – tous sont prometteurs, et tous restent juste cela, une promesse qui ne sert qu’à faire briller l’apothicaire.

Un beau roman historique qui manque néanmoins de proximité

Historiquement, « l’apothicaire » est une très belle œuvre qui tricote une histoire entre personnages réels et fictifs. L’auteur parvient à nous informer, parfois au détour d’une phrase, sur les faits passés, sur un personnage qu’un sort sordide attendra vingt ans plus tard, bref, ce roman est parfaitement travaillé historiquement. Les faits relatés sont passionnants, les lieux que nous croisons sont instructifs, les idées des uns et des autres reflètent la pensée de cette époque révolue.

Seulement, ce qui manque, c’est une plus grande proximité, ce qui faisait vraiment défaut, c’était l’occasion de se plonger un peu dans la vie quotidienne de l’époque, de se mêler au peuple. Comme pour les personnages, ce roman est à cet égard une magnifique promesse … non tenue.

Pour exemple, nous croisons Magdala, un personnage que nous aurions aimé connaître bien plus et qui nous offrait l’occasion de nous plonger dans son quotidien de fillette… et nous glissons sur ses expériences. Nous suivons un apothicaire, mais hormis quelques leçons sèches nous n’entrons pas dans son antre, nous ne découvrons pas la réalité de ce métier, de ceux qu’il croise, des erreurs, des réalités.

Nous avons pourtant, au détour d’un chemin, à l’occasion d’une rencontre, la possibilité de nous faire une idée de l’époque, d’avoir un aperçu de ce qui était, mais chaque fois nous passons devant la porte sans faire plus que l’entre-ouvrir. J’aurais aimé pousser cette porte sur le passé un peu plus, humer les odeurs nauséabondes, mais cela reste un peu trop distant. Cela m’a laissé un peu sur ma faim, un peu dépitée.

Donc, malgré son côté historique parfaitement bien réussi, il me manquait la touche finale, la proximité, la réalité.

Une écriture trop distante

Henri Loevenbruck nous délivre son histoire à travers un magnifique langage, une écriture soignée, presque sans défaut.

Mais une écriture qui, à mes yeux, manque de chaleur, qui reste presque froide. C’est cet aspect-là qui a fait qu’au début j’ai eu beaucoup de difficultés à me plonger véritablement dans ce roman, j’ai failli le reposer – mais j’étais bien trop intriguée par le mystère de la chambre oubliée.

Il est difficile de dire pourquoi j’ai ressenti cette écriture comme trop impersonnelle, alors même qu’elle est, sans conteste, belle.

C’est un manque d’âme, de couleurs peut-être, cette même distance qu’on ressentait dans les aspects plus techniques se reflète dans la plume de l’auteur.

Je vais tenter de vous donner un exemple (non, pas d’extrait, un exemple) : Andreas Saint Loup et Robin se retrouvent sur la route et un soir, dans un petit bois, ils ont l’occasion d’observer une louve et ses petits. C’est l’occasion d’une scène nécessairement touchante, une scène unique, et l’auteur s’est donné beaucoup de mal à la décrire. Mais cela restait, malgré ses efforts, trop froid, une image sans profondeur, une description similaire à ces commentaires pour les déficients visuels qui accompagnent les films, ces descriptions livrés sur un ton presque neutre, de quoi décrire simplement la scène ; je ne sais pas si vous avez déjà eu l’occasion de les entendre, mais c’est ainsi que je l’ai ressenti.

Cette image de la louve et de ses petits aurait dû me faire sourire tendrement – je suis une fille, malgré tout – mais non. J’ai lu la scène, et voilà. Pas une émotion. Juste une image.

Il en va de même des autres descriptions. Quand nous arrivons avec Andreas à Borgus (pour donner un autre exemple), nous découvrons la ville comme nous le ferions dans un dépliant touristique ou un quelconque guide, sans chaleur. Une image, certes, réalistes, mais une image en deux dimensions là où nous cherchions au moins trois.

Pourtant, l’auteur a eu recours à une figure de style qui a permis d’adoucir la relative froideur du récit : Henri Loevenbruck nous impliquait, nous, lecteurs, en nous apostrophant de temps à autre, en nous interpellant plus ou moins directement : « Figurez-vous une villageoise occitane, comme elles étaient alors … », « Ici le lecteur nous pardonnera si, afin de l’éclairer sur notre récit,n nous nous permettons une légère digression … », « Il faut que nos lecteurs nous suivent à présent à travers les monts arborés de la garrigue …. ».

Cela aurait pu être agaçant, mais de mon côté j’ai trouvé que cela donnait de l’humanité à l’écriture d’Henri Loevenbruck qui en manquait un peu, donc c’était une technique qui s’accordait bien avec sa plume, d’autant plus qu’il n’en a pas abusé. Il s’en est servi pour livrer quelque détail historique, pour nous ramener au cœur du récit, pour nous approcher de l’action, la rendre plus palpable.

Il est toutefois possible que ces interpellations puissent gêner l’un ou l’autre des lecteurs. Moi, cela me convenait parfaitement.

Enfin, pour finir, j’ai trouvé que la dernière partie était un peu … « trop », trop chargée, trop appuyée, trop agitée, je ne sais pas, elle m’a un peu usée.

Mais la fin, la vraie fin, celle de la grande révélation, je l’ai adorée, ne vous y trompez surtout pas, cela valait la peine !

Bref, un très bon livre avec ses défauts.

Christian JACQ : Imhotep - 3/10

Publié le 26/08/2010 à 15:02 par edenlalu Tags : imhotep christian jacq
Christian JACQ : Imhotep - 3/10

Christian JACQ – Imhotep : 3/10

 

 

Oui, c’est une notation étonnante de ma part pour un livre de Christian Jacq dont j’apprécie les livres, très distrayants et même instructifs, qui me donnent toujours l’impression d’apprendre des choses.

Avec « Imhotep », Christian Jacq signe, à mes yeux, son œuvre la moins réussie jusqu’ici. Tous ses petits travers, qu’on pardonne ou même apprécie, deviennent dans ce roman agaçants et gâchent le plaisir de lecture.

 

Dans ce livre nous suivons les destins croisés du célèbre Imhotep d’un coté et celui du pharaon Djeser de l’autre, tous deux des héros d’une bonté et d’une perfection absolues, au service de la grande Egypte. Des héros typiques de C.J., donc.

Imhotep débutera comme foreur de vases, deviendra maître charpentier, gestionnaire, administrateur, médecin et guérisseur, et, bien sûr, architecte, construisant la première grande pyramide à degrés, celle de Saqqara.

Parallèlement, Djeser, fils de pharaon, devient à son tour pharaon, après quelques épreuves réussies, et ce en compagnie de son épouse Paisible. Il décide de fonder une nouvelle dynastie pour donner à l’Egypte un nouvel élan. Le Grand Œuvre en sera la preuve – et ce sera donc la célèbre pyramide de Saqqarah.

Dans l’ombre, des complots, initiés notamment par la mystérieuse « Ombre rouge », tentent de faire échouer les héros dans leurs efforts.

Bref, l’histoire et les personnages correspondent au schéma habituel de C.J., ce qui laissait espérer un roman passionnant (peut-être caricatural, mais bon, on a pris l’habitude et on aime).

Or, si ce livre est parfaitement reconnaissable comme un Christian Jacq, dans son style, ses idées ou encore son mysticisme, tous les traits en sont soit exagérés soit restés à l’ébauche, livrant un roman d’un coté inabouti et de l’autre trop appuyé.

 

D’abord ses héros : C.J. nous a habitué à être confrontés à des personnages d’une perfection absolue, d’une droiture morale inébranlable et dont le seul but est le bien-être de l’Egypte. La perfection de ses héros n’est, en règle générale, pas un défaut mais une particularité.

Mais dans Imhotep, les personnages en sortent lisses, voire fades.

Le lecteur se voit devant un héros qui accomplit des miracles sans même une goutte de sueur, s’élevant du foreur de vase au plus haut rang sans effort palpable. Son chemin est de fait tracé et même goudronnée, dirais-je, par l’invisible. Il ne reste pas un seul petit caillou qui pourrait faire trébucher Imhotep, il déjoue les attaques d’un geste de la main (littéralement). Aucune menace, matérielle ou autre, ne peut l’atteindre. L’ombre rouge reste exactement cela – une ombre, dont la présence peut peut-être effrayer, mais guère plus. De toutes les façons, Imhotep reste serein à l’extrême.   

Il en va de même du Pharaon Djeser, tellement protégé par l’invisible que même le défi de la course autour des murs de Memphis ressemble vaguement à un jogging matinal. Les attaques de la redoutable ombre rouge sont rejetées par l’invisible sans même qu’il s’en rende compte. Nous nous approchons dangereusement da la limite du ridicule.

 

Ce qui manque à l’histoire de ces deux hommes, c’est de l’humanité.

Les autres héros que C.J. a pu mettre en scène dans ses divers livres, tout aussi « bons » et aimés des Dieux, demeurent malgré tout humain, avec leurs doutes, des efforts réels, leur ascension méritée.

C.J.nous a habitué à un meilleur mélange entre réalité et mysticisme.

Si les caractères « bons » sont caricaturaux, les « méchants » le sont tout autant. Les ennemies, comme p.ex. Tanou le Libyen, sont tellement cruels que « pour se calmer les nerfs » ils écoutent les cris agonisants de leurs adversaires mourants. C.J. se croit même obligé de mentionner par deux fois un cliché absolu de la méchanceté innée de ces hommes : ils aiment égorger des petits chats pour s’amuser. Ca va, on a compris, les uns sont blancs, les autres noirs.

Mais où est alors le gris ? On peut chercher chez les dignitaires, mais là encore, la grisaille est toute relative.

Donc les personnages sont totalement dépourvus de profondeur.

 

Quid donc du style ? Christian Jacq n’est pas un « grand écrivain », connu pour sa plume légendaire. Mais jusqu’ici son écriture légère et les mots simples lui permettaient de décrire à merveille les aventures de ses héros qu’on suivait avec plaisir.

Dans Imhotep, son écriture est sans amour, sans âme, même. La légèreté devient insipide. Les répétitions et mots d’attaque sont lassants (faites-en un jeu et comptez les « à l’évidence »).

Enfin, les notes de l’égyptologue qui, dans ses autres romans, étaient instructives et intéressantes au point que cela m’a souvent donné envie d’approfondir l’une ou l’autre des questions, sont fréquemment hors propos, superflues, voire agaçantes. On a l’impression qu’en partie elles ne servent qu’à démontrer la connaissance de l’auteur – que personne ne conteste. Attention, certaines des annotations conservent leur valeur et intérêt !

 

Et l’histoire d’Imhotep, alors, est-ce qu’on apprend plus sur cet homme légendaire ? Non, à mon très grand regret. Cette histoire n’est pas exploitée comme C.J. aurait pu le faire. On a l’impression de lire une pâle imitation d’un de ses livres, ou, au mieux, un premier jet imprimé par mégarde.

En aucun cas nous n’avons l’impression de suivre l’histoire de la vie d’un personnage réel (ou qui pourrait l’être), celui-là même qui a été capable d’imaginer et réaliser la pyramide de Saqqarah. Cela aurait été magnifique de pouvoir se l’imaginer ou se projeter.

 

J’avais également espéré assister dans mon imagination à la construction de la pyramide à niveau … mais bon, avec 26 années de construction balayées du revers de la main en quelques chapitres, le réalisme en prend un sacré coup et on n’en sait pas beaucoup plus qu’avant (et encore, grâce aux dessins et notes en bas de page, ce qu’on aurait pu trouver dans n’importe quel lexique ou livre sur l’Egypte).

 

Et la fin, quelle déception ! Aucun effet surprise concernant l’ombre rouge. J’espère que vous ne terminez pas le roman juste pour connaître son identité ou assister à l’affrontement final, vous serez âprement déçus.

 

Si, à l’achat, je me réjouissais de lire un livre à tome unique (c’est devenu assez rare pour le souligner) j’ai vite déchanté : une épopée magnifique, une ascension fascinante décrite à la va vite qui me laisse sur ma faim.

 

Un livre à déconseiller aux fans de Christian Jacq et probablement aux autres.

Gérard HUBERT-RICHOU - Le pont des larmes : 7,5

Publié le 15/07/2010 à 20:17 par edenlalu Tags : le pont des larmes gérard hubert richou
Gérard HUBERT-RICHOU - Le pont des larmes : 7,5

Gérard HUBERT-RICHOU - Le pont des larmes: 7,5

 

Le roman de Gérard Hubert-Richou était une très bonne surprise. Je l'avais acheté à moitié convaincue seulement, puisque l'histoire est un peu du déjà lu : la vie d'un sculpteur participant à la construction d'un énorme édifice au XVIème siècle. On pense immédiatement aux « Piliers de la terre » et à « Un monde sans fin » de Ken Follet. En outre, la couverture n'invite pas vraiment au rêve, elle est trop ... précise (éditions Pygmalion). Et pourtant tout le monde le sait : on ne juge pas un livre par sa couverture. Mais je l'admets volontiers, je me laisserai toujours séduire par une belle couverture, je suis incorrigible (attention, une couverture complètement ratée ne m'empêchera pas d'acquérir un roman).

Et, effectivement, l'histoire elle-même ne réserve pas beaucoup de surprises. Le jeune sculpteur de talent Mathieu Jacquet travaille sur l'énorme chantier du « pont des larmes », construit sous le règne de Henri III. Il sera notamment chargé de sculpter les mascarons qui orneront l'ouvrage. Mathieu Jacquet, son frère Hilaire, son épouse Prudence et même ses enfants se trouvent mêlés malgré eux à un grand complot contre le roi, initié par le roi d'Espagne, la famille des Guise et d'autres adversaires tapis dans l'ombre. Bref, l'histoire ne surprend pas, ni d'ailleurs la vie personnelle de Mathieu.

Mais le point très fort de ce livre est une plume magnifique. Gérard Hubert-Richou a un style d'écriture qui porte en lui l'histoire. Il n'a pas besoin de se perdre en métaphores, il n'a pas besoin de se plonger dans des descriptions sans fin. C'est avec une simple phrase qu'il parvient à nous plonger dans une autre époque, grâce aux mots choisis et maniés avec adresse.

Cela faisait des années que je n'avais pas eu l'occasion de lire un auteur d'un tel talent, c'était un véritable plaisir. Ainsi, par exemple, lorsque nous suivons Mathieu dans son travail de sculpteur, l'auteur nous dévoile sa capacité à plonger le lecteur dans un autre lieu : nous avons l'impression de tâter la pierre avec le jeune homme, de glisser nos doigts dans les interstices des masques, de voir ruisseler la poussière de calcaire vers le sol, d'entendre résonner les outils. Du grand art.

Maintenant, si le style de l'auteur aurait mérité un 10/10, et ce sans la moindre hésitation, j'ai eu beaucoup de difficultés avec sa méticulosité d'historien. Monsieur Hubert-Richou est à l'évidence un grand passionné de l'histoire, passion qu'il tente de nous faire partager de manière trop appuyée. On sent qu'il ne pouvait s'empêcher de glisser de nombreux renseignements historiques, certes intéressants, dans son roman et cela alourdit grandement l'intrigue, la rendant par moments très difficile à suivre.

Je suis certaine que le lecteur averti, familier avec l'époque du règne d'Henri III, n'aura aucune difficulté à lire ce livre, mais moi, j'ai été submergée, que dis-je, noyée, par la marée d'informations sur les personnages (trop nombreux), les détails historiques (trop précis), la politique (trop complexe) .... Comprendre le complot principal fomenté contre le roi était à mes yeux déjà un exploit et suivre le récit en devient clairement malaisé.

Ce livre aurait gagné avec une touche de simplicité, un peu plus de fantaisie. D'autant plus que l'écriture de l'auteur se révèle lorsqu'il nous plonge dans la vie de Mathieu Jacquet, totalement romancée, et perd en légèreté dès qu'il intègre des anecdotes historiques dans son roman.

C'est la raison pour laquelle j'ai choisi de n'attribuer « que » la note de 7,5.

Quoi qu'il en soit, j'ai été heureuse de découvrir, enfin, un auteur français qui sait manier le verbe comme le fait Gérard Hubert-Richou, même si ce livre en particulier ne fera pas partie de mes préférés pour les raisons que je viens d'évoquer.

Christian JACQ : RAMSES (5 tomes) : 9,5/10

Publié le 03/06/2010 à 11:34 par edenlalu Tags : roman historique christian jacq ramses
Christian JACQ : RAMSES (5 tomes) : 9,5/10

RAMSÈS (5 tomes) de Christian Jacq : 9,5/10

 

 

C’est avec la saga de RAMSÈS II que Christian Jacq atteint, à mes yeux, l’apogée de son talent. Il est inutile de faire un résumé, le titre trahit le contenu : il s'agit du récit de la vie de Ramsès II.

 

Ramsès est encore un jeune garçon lorsque son histoire débute et nous suivons ce grand pharaon, ce Fils de la lumière, jusqu’à sa mort après soixante-sept années de règne ! Et ce règne n’était non seulement long, mais également très mouvementé. Ramsès II a laissé des traces indélébiles dans le monde, des traces que nous pouvons, encore aujourd’hui, observer. Tout simplement, lorsque quelqu’un vous demande : qui a fait ceci ou cela en Egypte, à l’époque des pharaons, répondez « Ramsès II », vous avez une grande chance de donner la bonne réponse !

 

L’adresse avec laquelle Christian Jacq se sert de faits historiques et avérés pour créer une histoire cohérente, fascinante, crédible et passionnante est prodigieuse. L’auteur parvient même à donner la preuve tangible de l’existence d’un personnage qui est, en fait, totalement fictif (je vous laisse découvrir lequel) !

 

Pour tous les fans de l’Egypte, de l’auteur lui-même ou tout simplement de romans historiques, cette saga doit être incontournable. Il ne faut en aucun cas se laisser impressionner par la longueur (5 tomes), le tout se lit avec une grande facilité,  le style et les mots choisis sont très simples.

 

A propos du style, je tiens à ajouter un petit bémol : il s'agit clairement d'un livre "commercial", donc ne vous attendez pas à une écriture inoubliable. Je crois néanmoins que ce n'était pas l'intention de l'auteur, qui souhaitait clairement faire partager sa passion pour l'Egypte au plus grand nombre. Et il réussit. Avec "La reine soleil", c'est probablement l'un des meilleurs Ch. Jacq.

 

Pour information, Christian Jacq a publié un petit livret d’accompagnement qui est très intéressant (« Sur les pas de Ramsès », éditions Robert Laffont).

 

Juste pour rappel, les 5 tomes sont les suivants :

*           Le fils de la Lumière

**         Le Temple des millions d’années

***       La Bataille de Kadesh

****     La Dame d’Abou Simbel

*****  Sous l’acacia d’Occident