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Littérature générale : auteurs A - E

Catherine CUSSET - Confessions d'une radine

Publié le 03/07/2012 à 13:08 par edenlalu Tags : catherine cusset cusset confessions d une radine
Catherine CUSSET - Confessions d'une radine

Catherine Cusset – Confessions d’une radine : 5/10

 

Un tout petit livre (140 pages à peine) qui vacille entre l’autobiographie un peu inquiétante d’une véritable radine et le petit livre humoristique sur la vie d’une radine.

Le titre est absolument et parfaitement adapté : il s’agit effectivement d’une véritable « confession » d’une radine, dans le sens premier et littéral (avouer une faute, reconnaître un acte blâmable) : elle se livre, avoue.

Et elle va loin ! Elle nous dit tout, ses pensées les plus personnelles. Par instants, on ne sait pas s’il faut rire ou s’inquiéter.

 

L’intrigue

Bon, il n’y en a pas vraiment.

Ce petit roman est construit autour de chapitres aux thèmes tels que « les bonnes affaires » ou « business, luxe et volupté ». Il n’y a pas de véritable suivi de la vie de notre radine, bien que nous découvrions son enfance dans le premier chapitre. Mais il est inutile d’espérer suivre une évolution quelconque avec un juste aboutissement.

C’est un peu dommage. Il aurait été nettement plus agréable de suivre une véritable histoire qui traverserait les quelques 140 pages, de voir une progression – ou non – de l’héroïne, alors que là nous nous trouvons simplement face à une collection de souvenirs – et de pensées très intimes qui laissent parfois avec un sentiment de malaise.

 

Une véritable confession !

Ça, il faut l’admettre ! Elle est honnête, la radine !

C’est parfois amusant, mais souvent également alarmant.

Car oui, l’héroïne EST radine.

Dès son enfance.

Et cette radinerie s’exprime de façon parfois inquiétante !

 

En lisant le roman, j’ai d’abord ressenti de l’aversion envers la radine. Car elle est franchement égoïste et désagréable pour satisfaire sa radinerie.

Passe encore la recherche des bonnes affaires, la préférence donnée au jean made in Taiwan au jean Levis, à l’invitation à dîner acceptée un peu trop facilement, mais parfois la radinerie s’approche de la mesquinerie, voire même de l’absence de conscience !

Déjà, dès son enfance et jusqu’à l’âge adulte (trente ans), notre radine vole. Elle l’avoue. Pour avoir la joie d’avoir obtenu un objet qu’elle convoitait – ou non – gratuitement. Elle en serait presque fière, et le lecteur a l’impression qu’elle n’a cessé de le faire que parce qu’elle s’est fait prendre et craint d’être prise une nouvelle fois. Une absence de conscience qui ne rassure pas …

Et notre radine abuse de la générosité de ses amis.

On se demande comment elle en a encore, des amis. Elle profite des cadeaux, des invitations à dîner, insiste pour qu’on tienne les promesses faites, quitte à passer pour une fille légère. Partager une addition lui semble injuste, elle risque de payer plus que sa part.

Et cela continue.

 

Puis j’ai pris notre radine en pitié, car ce roman permet d’apercevoir le mal-être de l’héroïne. Elle n’est pas heureuse. Elle se livre autant pour cela, pourrait-on dire. Ou alors c’est effectivement pour que rien ne se perde, comme elle dit.

Elle semble cacher une insécurité, un mal-être constant, elle ne profite finalement de rien.

Elle aimerait tellement être généreuse, mais même lorsqu’elle l’est, c’est par calcul !

Donc, après l’avoir trouvé antipathique, je l’ai plainte.

 

Les anecdotes qui nous sont livrées sont amusantes, mais un sentiment de malaise subsiste.

C’est un petit livre à double tranchant : d’un côté l’aperçu plutôt humoristique de la vie radine, mais de l’autre côté la face cachée, la radine finalement victime de son vice, elle se méprise presque d’aimer tellement être avare et calculatrice.

 

Ce qui m’a plu dans ce livre :

J’ai aimé que ce roman puisse se lire de différentes façons :

Nous avons là l’aspect humoristique, les situations sont parfois très drôles. Puis nous avons l’aspect désagréable, nous méprisons l’héroïne pour son attitude. Et enfin, nous la plaignons.

Malheureusement cet avantage est devenu un inconvénient puisque l’auteur ne se décide pas réellement quel ton donner au roman, ce qui fait qu’en définitif cela reste fade. Il fallait aller au bout, d’un côté ou de l’autre.

 

Ce qui m’a déplu dans ce roman :

Déjà, l’absence de construction cohérente. Même si le livre est court, un minimum de structure aurait été un grand plus.

Puis l’ambiguïté du roman. Je ne savais franchement pas s’il fallait rire ou pleurer. Du coup je n’ai fait ni l’un ni l’autre.

Pour finir, l’écriture est bien trop simpliste et répétitive. La radinerie se transcrit donc dans la plume même. Est-ce volontaire ? L’auteur a-t-elle consciemment limité le nombre de mots pour satisfaire au vice du titre ?

Le fait est que les mots vont et reviennent, sont recyclés, ce qui nous donne une écriture plutôt superficielle - et avare.

 

Dans l’ensemble, ce petit roman est tout simplement fade, avec quelques instants prêtant à sourire.

L’avantage est que cela se lit très vite, qu’on n’a pas le temps de s’ennuyer.

Pierre BORDAGE - L'Arcane sans nom : 7-/10

Publié le 09/02/2012 à 10:13 par edenlalu Tags : pierre bordage arcane sans nom vendredi 13
Pierre BORDAGE - L'Arcane sans nom : 7-/10

Pierre BORDAGE – L’Arcane sans nom : 7-/10

Vous connaissez les films d’action ? Et bien, voici un livre d’action ! Un roman haletant non pas en raison de son intrigue, mais plutôt en raison des séquences mouvementées dans la vie du héros, de l’action quoi. C’est à ce titre là un roman absolument réussi, rarement un auteur n’est parvenu à décrire avec autant de talent des courses effrénées à travers des ruelles, des pensées, des situations, tout ce qui fait l’action (bon, là j’ai battu un record, pourtant j’ai tenté de l’éviter mais voici la cruelle et terrible vérité : en trois lignes j’ai utilisé QUATRE FOIS le mot action. Faut le faire !)

Ce qui fait qu’alors même que je n’ai pas vraiment accroché avec ce (court) roman de Pierre Bordage, je ne peux faire autrement que reconnaître la qualité du récit !

L’Arcane sans nom fait partie d’une petite collection celle de « Vendredi 13 », qui ne comporte que treize ouvrages. Le lien avec ce jour de chance ou de malchance est, dans ce roman, tout simplement la date des évènements, rien de bien mystique.

Mais venons-en à l’intrigue avant de nous lancer dans le commentaire :

Sahil est un clandestin, il s’est réfugié à Paris après avoir déserté de l’armée afghane. Il se retrouve ainsi dans un squat qu’il partage avec un groupe de jeunes satanistes qui préparent avec enthousiasme un spectacle sanguinolent pour la nuit du vendredi 13, une représentation clandestine qui devra se tenir dans le cimetière du Père Lachaise. Sahil, jeune musulman échoué sur les rives gothiques de Paris, est attiré bien malgré lui par l’une des jeunes filles satanistes, la belle Ten.

L’ancien soldat afghan est alors contacté par des hommes qui lui proposent de l’argent et des papiers en règle s’il accepte de tuer une femme. Le jeune clandestin accepte le marché, mais lorsqu’il se rend sur le lieu de crime prévu il s’aperçoit du piège qui lui est tendue. Il s’enfuit, s’engouffrant encore plus profondément dans la vie souterraine de Paris. Son seul but sera désormais de passer en Angleterre. Au cours de sa fuite effrénée, il sera accompagné d’une fillette Rom et Ten.

Voici pour l’histoire apparente.

Mais sous cette intrigue se cache une seconde, celle qui fait furtivement surface, celle de la vie passée de Sahil.

Nous le découvrons lentement, à travers ses souvenirs qui lui reviennent telles des flashs, des visions, et il est étonnant, pour nous lecteurs autant que pour Sahil lui-même, à quel point les situations parisiennes peuvent refléter les horribles scènes de guerre qu’il a connues en Afghanistan avant de déserter, à quel point sa nouvelle vie, celle dont il avait rêvé, peut faire renaître ses souvenirs.

Non, ce n’est pas ainsi qu’il voyait la liberté ! Sahil comprend ce qu’il a perdu, ce qu’il ne retrouvera pas, ce qu’il doit accepter et qui il est.

Ce qui est véritablement poignant dans ce roman, c’est justement le personnage de Sahil. Ce ne sont pas des peurs ni même de l’espoir qu’il emporte de son pays natal, mais des cicatrices profondes, des blessures qui ne semblent pas vouloir se refermer. Nous le voyons confronter ses convictions à la vie cachée de Paris, nous voyons ses certitudes ébranlées, nous découvrons l’homme qui se cache sous le déserteur.

Les autres personnages, tels que Ten ou la petite Djidjo, sont moins mis en relief. Le roman est clairement centré sur Sahil, dont le personnage s’approfondit au cours des pages. L’image que nous avions devant nous en ouvrant le livre se transforme et l’homme que nous laissons à la dernière page ne ressemble en rien à celui que nous avions imaginés au début.

L’autre aspect de l’Arcane sans nom, je l’ai déjà mentionné (à profusion), c’est l’action du roman : ce roman n’est pas un récit calme, une introspection tranquille. Il y a introspection, oui, mais elle nous vient par les réminiscences provoquées par les situations que rencontre Sahil. A aucun moment nous ne sommes confrontés à un paragraphe de réflexion intérieure. Ici, tout est action (et vlan, encore le mot « action »), le jeune homme court, il se cache, il court encore, se blesse, tente de se reprendre, vole, se cache.

Si ce n’est pas vraiment un genre de livre que j’adore, je ne peux m’empêcher d’admirer l’adresse de l’écriture. Oui, Pierre Bordage fait partie de ces écrivains qui ont un don pour l’écriture, qui excellent dans les descriptions sans être lourds, qui n’ont pas besoin de cinq pages pour décrire une chambre mais se satisfont de cinq mots justes. Et pourtant, c’est la première fois que je vois un roman dans lequel le héros commence à courir à la page une et continue encore à la page 220 ! J’étais presque hors d’haleine moi-même !

 

 

Donc, si d’une façon totalement subjective j’ai lu ce roman sans m’enthousiasmer, il n’en reste pas moins que je ne peux que souligner l’adresse de l’auteur. Ma « notation » est hésitante puisque j’aurais pu accorder moins comme j’aurais pu accorder plus. J’ai même failli ne pas donner de « note » à ce roman du tout.

 

J’espère simplement que mon commentaire vous aidera ne serait-ce qu’un peu à décider si oui ou non vous vous lancerez dans sa lecture.

 

Vanessa DIFFENBAUGH - The Language of Flowers

Publié le 08/11/2011 à 09:53 par edenlalu Tags : le secret des fleurs coup de coeur the language of flowers vanessa diffenbaubh
Vanessa DIFFENBAUGH - The Language of Flowers

 

Vanessa DIFFENBAUGH – The Language of Flowers : 9+/10

 

(Victoria ou le secret des fleurs en VF)

  

COUP DE COEUR pour ce livre que j’avais totalement sous-estimé et qui m’attendait patiemment dans mes étagères !

Mais il faut me comprendre : à voir la couverture, tout en pastels, à lire le titre et même le quart de couverture, je me suis dit que ce n’était pas un livre pour moi, mais c'est un de ces livres que je devais lire.

 

Enfin, je l’ai ouvert … et dès la première page je savais que j’allais adorer !!!

L’histoire est lourde, mais l’écriture enlevée.

 

L’intrigue :

Victoria Jones vient d’avoir dix-huit ans. C’est une orpheline, du moins sur le papier, puisque sa mère l’a abandonnée à sa naissance. Elle a grandi dans les orphelinats et son mauvais caractère, ses excès, sa méfiance extrême, ses accès de violence l’ont rendue inadoptable (est-ce que c’est un mot ? Mais bon, vous me comprenez). Elle n’a donc connu que les institutions étatiques, partageant avec d’autres enfants difficiles son quotidien dur et sans amour.

 

A dix-huit ans, elle quitte sa dernière institution sans aucun regret ; elle est considérée comme émancipée, elle devra s’assumer seule et ne dispose que de trois mois pour trouver un travail.

Or, elle n’a aucune intention de trouver un emploi, d’ailleurs, elle n’a aucune formation. Ce qu’elle souhaite, c’est vivre dans le parc, dans les fleurs qu’elle aime, dont elle aime la signification, qui sont pour elle des messages bien plus réels que des mots. Elle se créé donc, dans un jardin public, un petit parterre de fleur et s’y installe.

 

Mais la vie de sans domicile fixe n’est pas aussi simple que cela, elle s’en aperçoit au bout de quelques jours seulement. Les fleurs lui donnent une idée, elle tente sa chance auprès d’une fleuriste, Renata, qui aperçoit le talent de la jeune fille, un talent unique. Victoria est capable de créer des bouquets à la signification subtile qui semblent véhiculer leur message et le rendre réel. Un mariage difficile ? Elle offrira le bouquet de fleurs qui le rendra plus passionnel, c’est presque magique, bien que l’effet soit certainement placébo, les clientes affluent.

 

Seulement, Victoria reste toujours aussi méfiante, toujours aussi fuyante, elle n’entre pas dans la réalité de la société et ne peut se lier à quiconque.

 

Parallèlement à sa vie actuelle, nous replongeons également dans son passé et tout particulièrement dans une période de sa vie qui l’a marquée et qui lui a donné l’amour des fleurs et de leurs significations si fines. Elle n’avait pas encore dix ans, une femme se proposait de la recueillir pour l’adopter, c’était sa dernière chance. Cette femme, c’était Elisabeth, qui se confrontait avec patience à cette fillette violente, récalcitrante, intouchable et souhaitait devenir sa mère, et ce de tout son cœur qu’elle offrait à la jeune fille. Dès la première page nous savons que cela n’aboutira pas … mais pourquoi ?

 

Ces deux histoires parallèles, celle du passé et celle du présent, se suivent, se recoupent, et toutes deux sont tragiques.

Tout au long des pages on a envie à crier à Victoria de faire confiance, de ne pas faire – encore et encore – le mauvais choix. Mais Victoria ne parvient pas à assumer sa propre vie.

 

Pourquoi avoir autant apprécié ce roman :

 

J’ai adoré l’héroïne assez atypique : elle est perdue, elle s’oriente toujours dans la mauvaise direction, elle se détourne de ceux qui l’aiment ou lui tendent tout simplement la main, on ne peut pas lui faire confiance, ses réactions sont toujours étonnante, elle fuit tout ce qui pourrait l’aider, sa peur innée ne la lâche jamais.

 

En même temps elle est attachante, on a envie de l’aider, bien malgré elle, mais on ne la comprend pas. Dès que sa vie s’améliore, elle fera en sorte que tout retombe en ruines.

 

Ensuite, tout au long des pages nous savons qu’il y a eu un évènement terrible dans le passé de Victoria, quelque chose qui explique qu’elle ne soit pas restée auprès d’Elisabeth, quelque chose qui a détruit totalement la petite fille qu’elle était alors, celle qui avait encore une étincelle d’espoir. Une tragédie que nous voulons connaître tout en la craignant. C’est un petit mystère que nous pourchassons dans son passé, tout en craignant qu’un nouveau drame ne se prépare dans son présent. Ce suspense donne un peu plus de relief à l’ensemble.

 

Pour finir, l’écriture de Vanessa Diffenbaugh, qui signe ici son premier roman, est très jeune, à l’image de son auteur, mais pas dans le mauvais sens, ce n’est pas une plume immature ; c’est un style léger, celui que l’on retrouverait dans un livre de la Chick-Lit peut-être, les mots sont simples, presque joyeux - en contradiction la plus totale avec l’intrigue qui nous est livrée. Cela donne un ton étonnant au roman que j’ai beaucoup aimé. Ecrit par un auteur qui aurait adapté le ton au contenu, ce roman n’aurait pas été aussi passionnant.

 

Quand on fait un essai de lecture on n’imagine pas la profondeur du roman. On se dit « c’est facile, léger ». Mais quand on commence à le lire, on entre immédiatement dans l’histoire et on ne peut plus lâcher le livre.

 

C’est un roman qui nous apprend également beaucoup sur les fleurs, mais en aucun cas, j’insiste, en aucun cas ce n’est un livre sur les fleurs et leur signification. Oui, Victoria se sert des fleurs pour véhiculer des émotions, pour exprimer des sentiments, pour aider ceux qui ont besoin d’aide, oui, à la fin du livre on retrouve un dictionnaire du langage des fleurs et oui, Victoria aime cet univers et y entre avec plaisir. Mais ce n’est aucunement l’histoire. C’est simplement le chemin qu’emprunte l’héroïne pour communiquer. Le seul effet est que l’on a envie d’offrir un joli bouquet de fleur – ou de s’en faire offrir un – un bouquet qui aurait une vraie signification.

Je ne peux que conseiller très vivement ce roman doux qui retrace une historie râpeuse.

C’est un roman qui n’a pas encore été traduit, mais si vous avez des notions d’anglais vous pouvez le lire sans la moindre difficulté, compte tenu du langage simple. Oyez, professeurs d’anglais : voici un roman qui serait idéal pour être étudié en classe ! (bon, les garçons seraient un peu déçu, peut-être).

 

Sinon, il faudra attendre la traduction, qui portera certainement le titre « Le Langage des Fleurs ».

 

Dmitri BORNIKOV - Le syndrome de Fritz : 4+/10

Publié le 26/10/2011 à 19:20 par edenlalu Tags : dmitri bortnikov le syndrome de fritz
Dmitri BORNIKOV - Le syndrome de Fritz : 4+/10

Dmitri BORTNIKOV – Le syndrome de Fritz : 4+/10

Ce roman, il me semble que c’est le premier roman de l’auteur, a connu un énorme succès et les critiques sont souvent dithyrambiques. Ce que je ne comprends pas.

Je ne juge pas l’écriture, qui est parfois très directe, surtout vers la fin, je savais que tel serait le cas. C’est un style particulier, qui m’a fait penser vaguement à Boukovsky, mais l’auteur assume et va jusqu’au bout, augmentant l’intensité de son écriture jusqu’à la fin.

Ce n’est pas non plus le fond du récit, violent, sans concession, dur.

Non, ce que je reproche essentiellement à ce livre, c’est son côté décousu.

En fait, il n’y a pas de fil rouge. Le roman commence dans une situation assez particulière et qui annonce un bon roman bien sombre – Fritz, le héros, se retrouve dans un squat d’émigrés où il écrit son histoire sur un drap, à défaut de papier, fiévreux, il y notera les évènements qui l’auront marqué le plus.

Alors, jusqu’au bout, nous pensons que son récit nous amènera dans ce squat…. Mais en fait, il ne nous livre que des images de la vie de Fritz, souvent sans lien, sans but. Oui, c’est logique dans la situation du squatteur malade, mais non, cela ne fait pas un bon roman auquel il manque le cheminement, un minimum de logique et de délivrance.

L’histoire :

Comme je viens de le dire, l’histoire est celle jetée sur des draps sales par Fritz alors qu’il se retrouve, malade et grelottant, dans un squat glacé à Paris. Il écrit ce qui lui traverse l’esprit, ce qui l’a le plus marqué, les évènements qui ont fait de lui ce qu’il est.

De fait, deux séquences de sa vie ont été déterminantes :

D’abord son enfance. Fritz était un petit garçon obèse qui adorait sa grand-mère mais haïssait son père jusqu’à vouloir le tuer. Malheureux, ne sachant comment vivre sa vie, il s’invente un être à part, revêtant un masque de bouffon pour supporter ses souffrances de jeune garçon glouton.

Ensuite, nous sommes projetées dans sa vie adulte, nous le retrouvons dans l’armée quelque part dans l’Arctique, dans un froid à brûler l’air que l’on respire, il s’y retrouvera dans l’hôpital, entouré d’anciens délinquants les plus étranges les uns que les autres et les épreuves qu’il subira auront pour effet de faire, enfin, fondre la graisse qui l’enveloppait. Le soldat Fritz nouera des amitiés, vivra des situations obscures et décalées, tentera de survivre.

Ces évènements forgeront le caractère de Fritz, la violence, les privations et les souffrances imprimeront leurs traces sur cet homme ; or, si l’on sent son âme s’infester au fur et à mesure du livre c’est moins à travers l’évolution de Fritz que grâce au langage qui devient de plus en plus âpre, dur, sans limites.

C’est un aspect que j’ai franchement trouvé adroit, cette évolution de l’écriture (même si je ne suis pas une grande fan des expressions fécales) ! Au début, lorsqu’il est jeune garçon, on lit un livre qui emploie un langage relativement classique, et je m’interrogeais même sur les commentaires lus, je trouvais cela exagéré. Puis, au fur et à mesure de la lecture, le désespoir et la noirceur s’immiscent dans la plume de l’auteur jusqu’à rendre le roman presque trop cru. Pour être totalement clair : on a l’impression de sentir la merde siffler autour de nos oreilles (excusez-moi pour ce langage, mais au moins maintenant, vous savez à quoi vous en tenir).

Ce qui m’a vraiment gênée, c’était le côté décousu du roman. Il n’y a pas de cohérence. Les images les plus étranges nous sont livrées comme elles viennent à l’esprit de Fritz, accroupi dans son squat ; seulement, il faudrait un minimum de logique pour en faire un roman. Ce sont des idées, des instants, jetés sur papier comme des notes qui prépareraient le roman – mais ce qui les lie est absente, tout simplement.

J’avais l’impression de lire plutôt un enchaînement de scènes auxquels l’auteur tenait et que ce dernier s’est contenté de nous en livrer un diaporama sans parvenir à en faire une véritable histoire.

Après avoir lu ces commentaires qui m’ont fait lire ce roman et qui parlaient d’une  voix qui nous livrerait des images saisissantes pour suivre un voyage intérieur dans la noirceur de l’âme, et bien, j’admets, ça, je ne l’ai pas trouvé.

Quant à la noirceur de l’âme, et bien, l’auteur décrit effectivement la violence, l’indifférence devant la mort et que sais-je encore que Fritz doit affronter mais je n’ai pas pu trouver le reflet sur l’âme du héros qui se borne à vivre ces moments.

Le roman se tient par les images parfois fortes.

 

Mais il se désintègre par manque de structure.

 

Et la fin, je l’attends encore ! Bref, une déception.

 

 

Michael BRACEWELL - Divines amours : 9-/10

Publié le 10/10/2011 à 10:09 par edenlalu Tags : michael bracewell divines amours divine concepts of physical beauty
Michael BRACEWELL - Divines amours : 9-/10

 

Michael BRACEWELL – Divines amours : 9-/10

(Divine Concepts of Physical Beauty)

 

 

 

Une observation fine et cruelle de la jeunesse des années ’70-‘80, délivrée sur un ton légèrement désuet. Le style, qui rappelle presque les romans du début du siècle (XXème quand même), s’accorde parfaitement bien avec l’étude de ces jeunes adultes dont nous découvrons les faiblesses et dont l’interaction donne un ensemble explosif.

 

 

L’histoire est simple :

 

Miles Harrier est un beau jeune homme, issu d’une famille aisé, une scolarité sans tâche, un peu arrogant, sûr de lui, charismatique. Rien d’étonnant à ce que les filles tombent toutes éperdument amoureuses de lui au premier regard.

Nous faisons sa connaissance alors qu’il n’est qu’un adolescent, entouré de ses amis d’enfance Lucinda, Stella et James (ces deux derniers étant frère et sœurs). Un simple groupe d’amis qui grandit ensemble dans un environnement protégé et aisé, s’inventant des aventures.

A l’aube de l’âge adulte, Miles Harrier sort alors avec la jeune Kelly O’Kelly, une fille tourmentée à l’âme d’artiste. Sans en être amoureux, Miles apprécie sa présence. Mais la vie est comme elle est, lorsque les vacances d’été touchent à leur fin et que chacun doit débuter ses études, il n’est pas bien malheureux de se séparer de Kelly. Cette dernière voyait toutefois en lui l’amour de toute sa vie et restera profondément marquée par cette relation et sa fin abrupte.

Les jeunes grandissent, se séparent par la force des choses, mais la vie fera en sorte que tous se recroiseront.

Kelly O’Kelly entame des études d’art, Stella se lance dans le mannequinat, Lucinda dans le secrétariat et James a pour objectif d’être un vrai érudit.

 

Quelques années passent avant que Miles, étudiant à qui ses études semblent secondaires, retrouve Lucinda avec qui il entame alors une relation amoureuse. Seulement, Lucinda vit en colocation avec Stella – et Miles ressent une forte attirance vers la magnifique jeune femme, attirance largement réciproque ; il est néanmoins hors de question qu’une quelconque amourette puisse se profiler puisque Lucinda est leur amie commune, et elle est très amoureuse.

 

La vie empruntant des chemins surprenants, la route de Kelly O’Kelly va recroiser celle de Miles Harrier et de Lucinda. Un moment dramatique qui changera la vie du groupe à tout jamais.

 

 

Somme toute, l’histoire est celle d’un groupe de jeunes qui grandissent, tombent amoureux, s’aiment, se quittent, se retrouvent …

 

Mais ce qui fait le charme de ce roman, c’est l’œil acerbe de l’auteur. Chacun des protagonistes (il y en a quelques autres) est pris à part, ses faiblesses, ses pensées les plus personnelles nous sont livrées, le tout à travers une écriture presque distante.

 

Cela donne un livre d’une cruauté étonnante. On se s’identifie à tour de rôle avec l’un ou l’autre juste avant d’être horrifié devant son manque de sentiments, son grain de folie ou encore son manque d’empathie.

 

Aurait-on pu éviter les drames ? Auraient-ils pu agir différemment ? Ce n’est pas certain, ce ne sont, finalement, que des jeunes.

 

 

 

J’ai énormément apprécié la plume de Michael Bracewell, ce coté désuet qui décrit le monde pop des années ’80 donne une couleur rétro mais réaliste à l’ensemble.

Le titre original de ce petit roman nous donne d’ailleurs une bonne idée de cette ambiance : « Divine Concepts of Physical Beauty »,qui se traduirait littéralement par « les concepts divins de la beauté physique » – tout un programme !

 

Dans « Divines amours », chaque caractère peut sembler attachant juste avant de nous paraître abject. Le noir et le blanc se côtoient en chacun d’eux. On aime la fragilité de l’une tout autant qu’on exècre sa froideur. On apprécie le charme noble de l’un tout en s’interrogeant sur son coté égocentrique.

Est-ce que nous étions aussi aveugles ? Aussi centrés sur nous-mêmes ? Est-ce que la beauté physique a une telle influence sur nos réactions ? Et la perception de la beauté, est-elle si aléatoire ?

 

A toutes ces interrogations se mêle le destin, des rencontres fortuites qui auront une incidence colossale sur la vie de nos jeunes.

 

Ce roman est d’une fraicheur étonnante, malgré son sujet, malgré le style, et il me laisse avec une image peut-être un peu trop cruelle de mes semblables.  Je ne peux m’empêcher de regarder ceux qui m’entourent en me demandant ce qu’ils cachent derrière leur masque avenant.

Arlette COUSTURE - Elise (Les filles de Caleb T3) : 5+/10

Publié le 09/05/2011 à 15:20 par edenlalu Tags : arlette cousture les filles de caleb les filles de caleb tome 3 elise
Arlette COUSTURE - Elise (Les filles de Caleb T3) : 5+/10

 

Arlette COUSTURE – Elise (Les filles de Caleb T3) : 5+/10

 

 

 

Ce dernier volume de la trilogie ne m’a pas vraiment convaincue. Il n’était pas mauvais, loin de là, mais j’avais comme l’impression que l’âme qui portait les deux premiers tomes n’y était pas.

 

On m’avait déjà prévenue qu’ « Elise » n’était pas aussi réussi que les deux premiers, mais je ne pensais pas que la différence serait aussi notable.

 

L’histoire est un peu dans la lignée des précédents, puisque nous suivons Elise, la fille de Blanche.

 

Mais, dès le début, on s’aperçoit d’une sorte de rupture. Là où « Blanche » (volume 2) emboitait doucement le pas à « Emilie » (volume 1), prenant le relais de façon à ce que l’on retrouve et suive tous les protagonistes que l’on avait rencontré auparavant, avec « Elise », c’est bien plus abrupt.

Nous ne connaissons personne lorsque nous ouvrons le livre. Nous découvrons Elise et sa sœur Micheline, Blanche, leur mère, reste quelque part tapie au fond sans se mêler véritablement au déroulement de l’histoire, nous la perdons un peu de vue, sauf peut-être à la fin, lorsqu’elle revient sur le devant de la scène.

Je dirais même qu’on peut lire « Elise » sans avoir lu les deux précédents tomes.

 

Donc, pour en revenir à l’histoire, nous faisons la connaissance d’Elise, qui a bien grandi puisqu’elle a seize ans, et le roman commence avec une terrible tragédie, la jeune fille perd un proche dans des circonstances dramatiques.

On s’attend donc à découvrir qu’Elise est, à l’instar de sa mère et sa grand-mère, devenue plus forte à travers cette épreuve, qu’elle reprend en quelque sorte le flambeau allumé par sa grand-mère et porté par sa mère, mais il n’en est rien.

 

Alors que la société permet désormais aux femmes d’aspirer à d’autres avenirs que des métiers subalternes ou femme au foyer, Elise souhaite, malgré l’insistance de sa mère, mener une vie simple.

L’ambition est réservée à sa petite sœur, Micheline, qui embrassera une carrière de juriste.

 

Elise, de son coté, se contentera de tomber amoureuse d’un garçon qu’elle attendra patiemment, qu’elle épousera, avec qui elle vivra … bref, une histoire sans réels rebondissements ; bien évidemment, son couple est loin d’être parfait et rappelle par certains aspects le couple que formaient Emilie et Oliva, mais il n’y a pas la même passion et on se prend moins au jeu.

 

Ne serait-ce que par l’intrigue, j’aurais préféré suivre Micheline, bien plus affirmée, qui vit une vie plus aventureuse, qui ne veut pas s’installer, qui se bat pour ses opinions, qui choisit de mener une vie difficile.

Mais l’héroïne demeure bien Elise, petite fleur oubliée dans le pré.

 

Donc, par rapport à l’histoire, ce n’est pas aussi mouvementé que dans les précédents tomes, les épreuves sont plus familiales et nous restons un tout petit peu sur notre faim, après la vie si agitée de Blanche ou d'Emilie.

 

 

Un autre aspect m’a un peu déconcerté : j’avais l’impression que l’auteur se sentait contrainte de glisser constamment de petites allusions à des évènements historiques de l’époque, peut-être pour nous rappeler l’époque, peut-être pour nous situer, peut-être pour nous mettre dans l’ambiance : nous avons les allusions au cinéma, que ce soit Bonnie et Clyde ou encore Psychose, à la musique et Elvis Presley, nous n’échappons pas à l’histoire avec la mort de John F. Kennedy puis de son frère, des exploits de l’humanité comme les hommes qui marchent sur la lune et les avancés technologiques plus proches de nous, comme la télévision couleur…

C’est bien, puisque nous sentons la proximité de cette époque qui précède de peu la notre, nous sentons que c’est la génération de nos parents, nous y sommes.

En même temps, c’était peut-être un peu trop forcé, trop fréquent. Dans les autres livres, les allusions étaient mieux intégrées, on les oubliait tout en en tenant compte, c’était plus subtil.

 

Mis à part toutes ces critiques, Elise demeure une jolie histoire, l’histoire d’une femme simple qui ne souhaite rien de plus que de mener une vie heureuse et simple, d’avoir des enfants et un homme qui l’aime, qui, en fait, n'aspire qu'à un bonheur simple.

 

Au fond, Elise ressemble à la petite fille qui sommeille en nous et aux rêves que nous n’osons plus nous avouer, maintenant que nous sommes toutes si modernes.

 

Malgré tout, j’aurais aimé un peu plus de punch dans ce livre, pour finir la trilogie en beauté.

 

Un autre aspect est assez bien présenté, puisque c’est avec une grande adresse qu’Arlette Cousture nous démontre que la maturité que pouvait avoir une jeune fille de seize ans à l’époque de Emilie n’est plus du tout la même qu’en ce milieu de siècle. Au même âge Elise est encore une petite fille alors qu’Emilie était déjà enseignante amoureuse  de son futur mari ! Celaaussi fait partie de l’évolution de la société !

 

Ce roman nous amène tout droit vers notre époque actuelle que nous retrouvons sur les dernières pages.

C’est assez étrange, puisqu’on se rend compte que nous, tous, ne sommes pas si éloignés de nos aïeuls, ceux qui vivaient une vie dure et difficile comme Emilie ! Ce ne sont jamais que nos arrière grands-parents, on a tendance de l'oublier.

 

Donc, une trilogie qui se termine en douceur.

Arlette COUSTURE - Blanche (Les filles de Caleb T2) : 7,5/10

Publié le 28/04/2011 à 10:11 par edenlalu Tags : arlette cousture les filles de caleb les filles de caleb tome 2 blanche
Arlette COUSTURE - Blanche (Les filles de Caleb T2) : 7,5/10

 

Arlette COUSTURE – Blanche (Les filles de Caleb T2) : 7,5/10

 

 

 

Ce deuxième tome de la trilogie des « filles de Caleb » m’a plu un peu plus que le premier volume ; je crois que cela tient au fait que cette-fois ci l’auteur s’attache plus à des situations difficiles, qu’elle ne fait plus que mentionner certaines tragédies ou pertes mais déchiffre les sentiments et réactions des uns et des autres.

 

Compte tenu du titre, l’intrigue est, du moins au début, une surprise, puisque le premier tiers est consacré non pas à Blanche mais à Emilie. De fait, nous avons là la suite du premier tome, et le premier tiers du roman « Blanche » constitue, pour moi, l’apothéose du roman « Emilie » : nous découvrons un peu plus les pensées d’Emilie, qui vieillit, qui a des regrets, qui jalouse ses amies et même, parfois, ses propres enfants, qui se trouve au déchirée par l’envie de garder ses enfants près d’elle et la nécessité de les laisser partir. Surtout, partout où elle va, elle emporte avec elle ce terrible regret de l’amour perdu pour Ovila. L’amour est perdu, et pourtant il est toujours présent en elle.

C’est d’ailleurs grâce à ce premier tiers du roman que j’ai donné une note supérieure au premier volume. Car par la suite, l’ensemble retombe dans un roman type « 7 » (non, je ne sais pas moi-même ce que cela signifie exactement, mais l’expression me plaisait).

 

Donc, après un tiers du roman, lentement et en douceur, nous suivons la fille d’Emilie, Blanche, dans sa poursuite de la vie.

Blanche est très différente de sa mère : sa mère est exubérante, elle parle, plaisante, vit, proteste, alors que Blanche est calme, réfléchie et sous contrôle.

Blanche ne se plaint pas, elle ne réclame rien, elle subit et se bat en silence.

 

Ce que Blanche souhaite, ce n’est pas trouver un mari, non, elle veut devenir médecin. Etudier. Exister par elle-même. Sans le savoir, c’est une femme moderne avec des aspirations égalitaires. On a l’impression qu’elle n’en est absolument pas consciente, c’est simplement une envie qu’elle veut vivre et non pas un statut qu’elle veut réclamer. Elle n’est en aucun cas une féministe.

 

Mais Blanche est pauvre, et les études de médecine sont longues et couteuses … pourra-t-elle se contenter d’être une simple secrétaire ? Sous les ordres d’hommes bien moins instruits qu’elle ?

Blanche se cherche, doute, tente de faire le deuil de son rêve.

Enfin, elle trouve sa voie, un chemin qui la rapprochera autant que possible de son véritable but : elle deviendra infirmière. Mais l’amertume d’avoir dû renoncer à la médecine ne la quittera jamais.

Lors de ses études d’infirmière, elle rencontrera alors sa première véritable amie : Marie-Louise.

 

Parallèlement au parcours difficile que s’est choisi Blanche, nous voyons toute la famille évoluer, ses frères et sœurs réussir, tomber malade, avoir des enfants …

 

La famille d’Emilie, que cette dernière souhaitait tellement unir suite au départ d’Ovila éclate, les frères et sœurs se dispersant sur le vaste territoire du Canada, pour se regrouper finalement plus par hasard que volontairement autour de Montreal et Abitibi.

 

Avec « Blanche », la saga familiale des filles de Caleb prend de l’ampleur. Une évolution logique avec neuf enfants !

 

Vous le voyez, ce deuxième volume m’a impressionnée.

Si le premier m’a déjà laissé une sensation de satisfaction, ce deuxième volume m’a, par moments, profondément touchée. Les sentiments, exprimés si clairement ici alors qu’ils étaient sous bonne garde dans le premier volume, sont vivants.

 

L’intrigue elle-même est sans véritable surprise, c’est l’histoire d’une partie de la vie de Blanche (et d’Emilie), une vie qui pourrait être la nôtre. Des tragédies,  des instants de bonheur, des accidents, des surprises, des étapes déterminantes ….. tout y est. L’ensemble est romancé, le tragique paraît plus tragique, mais somme toute la vie de Blanche reste la vie d’une femme qui ose se lancer dans l’inconnu. Cela m’a semblé réaliste et aucunement tiré par les cheveux.

 

Là où sa mère était contrainte de stagner, Blanche a la possibilité de partir et elle le fait. C'est d'ailleurs ce contraste entre les deux premiers tomes qui donne la couleur à l'ensemble.

Blanche veut, s'accroche, voit une ouverture et s'y engouffre. Emilie, laissée en arrière derrière un mur infranchissable construit sur les convenances, l'argent, la société, ressent ce manque d'accomplissement. D’une certaine façon, elle tentera tout au long du livre de surmonter ses regrets.

 

Je pense que je suis toujours plus attachée à Emilie qu’à Blanche, et que c’est la mère plus que la fille qui m’a fait frémir, glousser, pleurer.

 

Et, enfin, j’ai la même réserve à faire que pour le premier volume : c’est un livre pour femmes. Les hommes ne l’apprécieront pas.

 

Déjà, ils ne pourront pas comprendre les sentiments d’incompréhension et d’injustice liés à la nature féminine, notre colère et notre amertume face aux hommes qui sont tellement convaincus d’être supérieurs.

 

Et encore un fois le sexe faible se révèle plus fort : les femmes ne renoncent pas, ne fuient pas.

Avec ce deuxième tome c’est assez flagrant, Arlette Cousture et moi sommes d’accord sur ce point, dirait-on : les hommes fuient et renoncent là ou la femme s’accroche, parce qu’elle le doit, parce qu’elle en a la force, et parce que, souvent, elle n’a pas le choix.

Les hommes, au contraire … Un amour perdu ? Et bien, on se fait prêtre. Une difficulté sur le grand chemin de la vie ? Et bien, on s’enfuit, laissant femme et enfants derrière soi. Une faiblesse physique ? Et bien, on cesse de vivre et se contente de survivre.

Tout cela n’est pas clairement exprimé, mais après le deuxième volume on s’en aperçoit : les vrais héros, ce sont les femmes. Un peu comme dans la vraie vie.

 

Voyons ce que nous apportera le dernier tome, "Elise"....

Arlette COUSTURE - Emilie (Les filles de Caleb T1) : 7/10

Publié le 24/04/2011 à 20:37 par edenlalu Tags : emilie les filles de caleb tome 1 les filles de caleb arlette cousture
Arlette COUSTURE - Emilie (Les filles de Caleb T1) : 7/10

Arlette COUSTURE – Emilie (Les filles de Caleb tome 1) : 7/10

 

 

 

« Emilie » est le premier tome d’une saga familiale, destinée surtout voire uniquement aux femmes, qui suivra pendant trois générations – et donc à travers trois livres - une famille canadienne au début du XXème siècle.

 

C’est l’un de ces livres qui a « la magie », cette touche particulière qui fait d’un livre qui paraît à priori anodin un excellent livre. Il laisse le lecteur avec quelque chose, un souvenir, une image.

 

Je pense que c’est un roman parfait pour un petit week-end au chaud puisque sa lecture est très aisée. C’est l’un de ces romans que vous lisez sans vraiment vous en apercevoir du début jusqu’à la fin pour vous retrouver, légèrement étonnée, devant la dernière page.

 

Emilie a quelque chose qui fait que chacune pourra s’identifier à cette fille indépendante et rebelle qui grandit et murit malgré tout en affrontant la réalité de sa vie.

 

Mais venons-en au fait, de quoi parle donc ce roman ?

 

Avec ce premier tome des « filles de Caleb » nous découvrons la vie d’Emilie. Cette jeune fille voit le jour à la fin du 19ème siècle et c’est en sa compagnie que nous verrons naître le XXème siècle.

 

Emilie grandit dans un petit village de Quebec où, enfant, elle désespère ses parents par son indépendance d’esprit et son envie de devenir institutrice. Mais ses parents la soutiennent dans ses choix et elle réalisera ce rêve et se lance donc, dès l’âge de seize ans, dans l’enseignement.

 

Et avant même qu’elle n’atteigne l’âge de vingt ans, un jeune homme fait battre son cœur… or, ce jeune homme est un ancien élève, elle ne peut donc pas vraiment envisager d’entretenir une relation avec lui … il serait bien plus raisonnable d’accepter les avances d’un homme plus âgé, plus stable …

 

Vous vous en doutez, Emilie n’est pas une femme raisonnable et son cœur décidera pour elle, elle épousera donc Ovila, son ancien élève, devenu un homme fort, grand et imposant.

Son mariage est le jour le plus heureux de sa vie.

 

Emilie est loin d’imaginer que sa vie sera aussi mouvementée !

En épousant Ovila, elle ne s’attend certainement pas à partager sa vie avec un mari qui se révélera aussi fort et doué qu’irresponsable, aussi rêveur et aventurier que fragile….

 

 

Ce roman est le récit d’une vie simple, mais une vie qui est remplie de ses propres drames et qui en devient une véritable aventure.

 

Des joies et des tragédies qui ne sortent pas vraiment du commun, la mort, la maladie, les dépendances …, des difficultés qui font, d’une façon ou d’une autre, le quotidien de chacun ; et si Emilie doit affronter ces épreuves elle connaîtra également des joies, elle sera heureuse comme elle sera malheureuse, elle souffrira de la solitude comme elle se sentira entourée et aimée.

 

Une vie anodine vous me direz - et pourtant, suivre Emilie est passionnant, on ne peut s’empêcher de sourire avec elle, de pleurer avec elle, de désespérer avec elle, de secouer la tête avec elle.

 

Ses combats, que ce soit pour les siens ou pour elle-même, sa loyauté envers ses amis, son amour presque destructeur pour son époux, tout cela est décrit avec une véritable tendresse qui fait que nous avons l’impression de la connaître.

 

J’ai aimé ce roman tout simplement parce qu’il est si proche du lecteur. Emilie ne vit pas des aventures extravagantes, elle ne voyage pas à travers le monde, n’affronte pas son Gouvernement, n’accomplit pas d’exploits, ne laisse pas de trace dans l’histoire du monde.

Non, elle vit sa vie, et c’est déjà héroïque ! Elle ne se cache pas mais affronte courageusement les épreuves de son existence que parfois elle gagne et parfois elle perd.

 

Il est d’ailleurs étonnant de constater que la plupart des épreuves d’Emilie, tous les soucis qu’elle aura, ne sont souvent mentionnés qu’en passant, et pourtant ils imprègnent le personnage même. Pas de chapitres larmoyants sur la mort d’un proche – non, quelques lignes suffiront. Parfois on ne s’aperçoit même pas immédiatement d’un drame pour réaliser que, soudain, quelque chose manque. C’est le vide laissé par le proche décédé ou l’amie partie que nous ressentons plus, et nous comprenons ainsi comment les épreuves durcissent à chaque fois un peu plus Emilie.

 

 

En ouvrant ce roman, j’étais pourtant d’abord un peu surprise par le style de l’écriture ; c’est celle du lieu et de l’époque ! Après quelques pages je m’y suis habituée et j’ai même apprécié d’être un peu dépaysée par un langage qui me paraît un peu étrange.

 

Mis à part cela, l’écriture est agréable et simple, mais elle parvient parfaitement à nous emporter dans la vie d’une femme qui, de jeune fille romantique, se transforme en femme plus pragmatique une fois confrontée à la réalité.

 

 

L’ensemble du roman, est clairement un roman pour les femmes (mais ce n’est aucunement de la Chick-Lit).

Je ne pense pas qu’un homme puisse apprécier à sa juste valeur le véritable fond du roman, qui est, je pense, très féminin. La manière qu’a Emilie de se durcir contre la vie, le trouble qu’Ovila provoque en elle alors même qu’elle tente de s’armer contre son sourire, l’amour pour ses enfants …

 

L’histoire d’Emilie est teintée de cette observation féminine qu’est celle de l’auteur, on aborde toute situation du coté du sexe faible – qui s’avère, encore une fois (comme dans la réalité), être le sexe fort.

 

Je me lance maintenant avec un grand plaisir dans la lecture de Blanche, le deuxième tome de la trilogie.

W. Wilkie COLLINS - La Dame en Blanc : 9,5/10

Publié le 23/03/2011 à 14:55 par edenlalu Tags : the woman in white la dame en blanc collins william wilkie collins
W. Wilkie COLLINS - La Dame en Blanc : 9,5/10

William Wilkie COLLINS – La Dame en blanc : 9,5/10

(titre original : The Woman in White)

 

 

Je suis sous le charme de ce livre !

Un roman écrit il y a plus de 150 ans et qui emporte le lecteur avec une modernité déconcertante dans l’Angleterre victorienne et les méandres d’un terrible complot, d’une conspiration qu’on pourrait presque appeler machiavélique.

 

Mais parlons d’abord de l’intrigue :

 

Nous sommes en automne 1849, le jeune professeur Walter Hartright est appelé à enseigner à deux femmes de la bonne société le dessin et notamment l’aquarelle. Un peu hésitant, il accepte cet engagement.

La veille de son départ pour Limmeridge House où vivent les sœurs, un étrange hasard lui fait rencontrer une jeune femme habillée toute en blanc, errant sur une route, seule dans la nuit, une rencontre qui lui laisse une impression étrange et le poursuit dans ses pensées.

 

Le jeune professeur parvient donc jusqu’à Limmeridge House où il fait la connaissance de ses futures élèves. Dès son arrivé et dès le premier regard, il s’éprend de l’une des jeunes femmes, Laura Fairlie. Or, cette merveilleuse jeune fille présente une ressemblance étrange avec la dame en blanc !

Sa seconde élève est Marian Halcombe, la demi-sœur de Laura, une jeune femme intelligente et vive d’esprit avec laquelle il se lie d’une amitié profonde.

 

De son coté, la jeune Laura tombe également amoureuse de son professeur de dessin, mais tous deux s’interdisent tout contact : la différence de statut social leur interdit en effet de ne serait-ce qu’espérer ou même rêver d’un avenir commun.

Ce d’autant plus que Laura est fiancée à Sir Percival.

 

D’ailleurs, ce fiancé est annoncé à Limmeridge House et pour ne pas placer la jeune Laura dans une situation difficile, Walter Hartright quitte son emploi un peu avant la fin de son contrat, restant néanmoins en contact avec Marian.

 

Sir Percival arrive donc et exprime son désir de se marier au plus vite, avant la fin de l’année. Laura en frémit, puisque, si jusqu’ici elle n’était pas opposée à cette union, désormais son cœur en aime une autre, mais elle entend respecter sa parole donnée.

De son coté, Marian commence à s’interroger sur les véritables motivations de l’homme qui deviendra son beau-frère : ne serait-ce pas plutôt la fortune de Laura qui l’attire ?

 

Sir Percival parvient à imposer un contrat de mariage en sa faveur et finalement le mariage est effectivement célébré avant la fin de l’année, selon les vœux de Sir Percival, et le couple part en lune de miel à l’étranger.

 

Or, à son retour, le malaise de Marian Halcombe s’accroit. Quelque chose ne va pas et Sir Percival a un comportement coléreux, tentant d’obtenir quelque signature étrange de sa femme …

 

Voici donc le début de ce merveilleux roman.

 

L’intrigue, globalement, tourne autour d’un drame domestique, d’un complot ourdi par l’époux contre son épouse, un danger que l’on subodore dès les premières pages.

Et un secret terrible entoure la Dame en Blanc, dont le véritable nom est Anne Catherick, une jeune femme faible d’esprit qui semble pourtant détenir la clé du mystère. Cette femme en blanc revient sans cesse dans l’histoire et sera de plus en plus mêlée au récit même. Quel peut être le lien entre Sir Percival et cette jeune femme ?

 

Les deux sœurs, Laura et Marian, se trouveront complètement dans le pouvoir de Sir Percival, et malgré leurs efforts elles ne parviendront pas à sortir de la toile d’araignée qui semble avoir été tissée adroitement autour d’elles.

Marian commence à craindre pour sa sœur !

 

Le roman est écrit sous forme de récits, de plusieurs points de vue, ce qui fait que nous sommes toujours témoins directs des évènements, que ce soit à travers les yeux du jeune professeur de dessin amoureux, de la sœur, de l’Avocat ou toute autre personne impliquée.

 

Si on se doute rapidement des motivations des protagonistes on ignore tout des véritables intentions de Sir Percival et de son ami proche, le comte Fosco, un personnage dangereux car intelligent, mais le péril qui menace la jeune et innocente Laura est si palpable que nous ne pouvons que trembler pour elle.

 

Et les liens se resserrent, le danger se précise, jusqu’à …..

 

Et bien, vous découvrirez cela en lisant.

 

L’histoire, pourtant à première vue simple, est absolument prenante, on a l’impression de lire un véritable polar, nous retenons notre souffle quand telle chose est découverte, ou quand tel individu revient à la charge !

 

Rarement je n’avais été aussi surprise par un live. Une histoire simple qui accélère clairement le rythme cardiaque. Pourtant, point de violence, point de sang qui coule ! N’oublions pas, il s’agit d’un roman qui a plus de 150 ans !

 

Et le style est une merveille ! Les personnages sont décrits avec une telle sensibilité que je suis persuadée que je pourrais reconnaître chaque caractère en le croisant dans la rue ou dans une soirée !

Je vois devant moi la fragile Laura, sa sœur, si courageuse et loyale, je vois l’infâme comte Fosco et sa femme malveillante, l’irritable Sir Percival, et l’amoureux transi, le jeune Hartright …

 

La plume de l’auteur est légère et précise, l’écriture change imperceptiblement avec les variations des récits, chaque ligne tient compte du caractère de son auteur.

 

L’ensemble nous laisse avec un roman auquel on ne peut rien reprocher. La tension est palpable tandis qu’elle dresse un mur autour de Laura, on ne voit pas comment elle pourra déjouer le plan établi par son époux.

 

Un roman prenant, passionnant, palpitant écrite d’une main sûre et adroite !

 

Encore une fois je constate que la fin du 19ème siècle (ici plutôt le milieu, mais bon) était une des meilleures époques de la littérature !