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Littérature générale : auteurs F - L

Mark HADDON - Le bizarre incident du chien pendant la nuit

Publié le 23/11/2015 à 13:26 par edenlalu Tags : le bizarre incident the curious incident mark haddon haddon
Mark HADDON - Le bizarre incident du chien pendant la nuit

Mark HADDONLe bizarre incident du chien pendant la nuit : 7/10

 

Titre original : The Curious Incident of the Dog in the Night-Time

  

 

 

 

Nous nous trouvons en Angleterre, en 1998. Le jeune Christopher John Francis Boon, âgé de quinze ans, découvre le cadavre de Wellington, le caniche de sa voisine sur la pelouse de celle-ci. Le pauvre chien a été tué violemment.

Seulement, sa voisine le voit ainsi lors qu’il tient le chien dans ses bras et appelle la police … et nous remarquons alors une  spécificité  du jeune garçon, puisqu’il a immédiatement des soucis avec le policier qu’il  frappera même, ce qui le conduit au poste de police.

 

En rentrant chez lui, il découvre avec étonnement que personne ne semble se soucier de découvrir qui a perpétré ce crime et décide alors, dans le cadre d’un devoir d’école, d’enquêter lui-même et de confondre l’assassin de Wellington.

 

En lisant, nous nous apercevons rapidement d’une particularité dans la façon d’agir et de penser du jeune garçon « apprenti détective ».

Cela n’est jamais exprimé clairement, mais il est assez évident, en lisant ce roman, que le jeune homme souffre du Syndrome d’Asperger, un trouble du spectre autistique qui modifie la perception de l’entourage, des émotions et aussi la façon de penser et de réagi. Ainsi cette enquête nous permet de jeter un coup d'oeil par la fenêtre pour découvrir la façon de penser d'un jeune Asperger. 

 

J’admets que, connaissant personnellement  parfaitement ce syndrome, je ne me suis pas immédiatement aperçue de la particularité de Christopher, cela me semblait normale … ce qui prouve que l’auteur a bien compris ce que c’est réellement et ne juge pas cette différence et, surtout, ne la caricature pas (pas plus que nécessaire en tout cas).

 

Le récit est présenté à travers la plume de Christopher, qui rédige donc son enquête, et ce style est magnifiquement crédible, avec ses phrases courtes et directes, et sa compréhension parfois trop simple et parfois trop complexe du monde.

 

Car Christopher a d’un côté ce côté mature des Asperger, il réfléchit vite, de façon particulière, s’attache aux détails, mais de l’autre côté il est confronté à certaines situations qui le mettront en difficulté, il ne saura pas comment réagir (notamment face au policier), ne comprendra pas certaines réactions ou paroles, ne saura jamais si une personne plaisante ou non - non pas parce qu’il ne comprend pas les mots, ni parce qu’il n’est pas assez intelligent, ce serait plutôt le contraire, mais parce qu’il pense de façon trop directe et littérale. De même, comme c’est souvent le cas, il est profondément gentil et ne peut imaginer pourquoi on pourrait tuer un animal, et pourquoi ce meurtre pourrait rester impuni, et même pourquoi personne d’autre ne s’intéresse comme lui au sort de ce pauvre chien.

 

Ce qui est vraiment très plaisant dans ce livre, c’est que cette petite enquête presque enfantine va évoluer rapidement et finalement, sans nécessairement s’en apercevoir, Christopher va découvrir au cours de son enquête dans le voisinage des détails qui l’amèneront à apprendre certaines choses à propos de sa propre famille.

Comme Christopher est un garçon très naïf, qu’il ne peut comprendre qu’une personne gentille peut être, parfois, méchant, il commence à avoir peur de son entourage direct …

 

 

En tant que « roman » ce livre est simple mais efficace, mignon et prenant, sans être profond.

Toutefois, en tant que récit d’un jeune Asperger, dès que l’on comprend l’objectif et le sens du livre, on découvre ce qui se cache derrière les lignes – et c’est alors seulement que le roman dévoile tout et prend de l’intérêt. Voici la réalité d’un jeune Asperger, et voici en fait la réalité telle que nous devrions, peut-être, la voir ! Un jeune homme qui aborde le monde de façon différente.

 

Un peu comme le titre : il est simple, mais efficace. Il décrit de façon précise et juste, sans laisser juger de ce que l’on va trouver à l’intérieur des pages.

 

Si vous n’avez aucun intérêt pour un personnage de ce type, passez votre chemin. Car alors le roman va vous ennuyer profondément et ressembler à un livre jeunesse.

Mais si vous allez un peu plus loin, vous aller avoir un tout petit aperçu d’un monde, d’un autre regard, d’une certaine façon peut-être même plus perspicace.

Oui, Christopher, ce garcon qui semble ne voir une partie du monde qui se trouve devant son nez - mais en même temps  voir tellement de choses auxquelles nous ne prêtons pas attention.

 

Observez alors aussi le père, qui tente de protéger son fils de tellement de choses, qui tente d’expliquer des choses simples, observez l’amour dans ses gestes tendres mais aussi ses colères.

 

C’est un beau petit roman.

 

J’ai eu du mal à le noter. Il n’est pas « super fascinant », mais il n’est pas plus ennuyeux ou mauvais.

Surtout, il est différent et assez unique dans son genre.

J’ai donc décidé de lui donner un 7, parce qu’il décrit quelque chose de différent. Pas plus parce qu’il peut tout simplement ne pas convaincre le lecteur néophyte de ce syndrome.

 

 

Bruno GALLET - Des voyous magnifiques : 7-/10

Publié le 09/08/2012 à 19:43 par edenlalu Tags : des voyous magnifiques bruno gallet
Bruno GALLET - Des voyous magnifiques : 7-/10

 

Bruno GALLET – Des voyours magnifiques : 7-/10

 

 

  

Un premier roman étonnant, qui, malgré quelques faiblesses « techniques » (une écriture qui, personnellement, ne me plaît pas trop, une certaine facilité dans l’intrigue et quelques longueurs) nous entraîne dans une ambiance prenante, oppressante et glaciale, selon les circonstances, et nous laisse avec une sensation de douce satisfaction à la dernière page.

 

C’est donc un premier roman très prometteur !

 

 L’Intrigue

 

Les voyous magnifiques (dont j’ai par ailleurs apprécié la très belle couverture) met en scène deux délinquants, que dis-je, deux criminels : Tuscan et Abel.

Tout commence par une tentative de cambriolage qui tourne mal, lors de laquelle Tuscan abat le directeur d’une banque. Et voilà les deux hommes en fuite, à travers les Alpes, dans le froid de l’hiver qui s’abat sur le paysage. Leur but : rejoindre la sœur de Tuscan, qui vit dans une ferme à la campagne.

 

Seulement, lors de leur fuite un accident malheureux les place dans une situation difficile : ils se trouvent encombrés d’un nourrisson, un nouveau-né totalement dépendant d’eux. Or, les deux hommes n’ont strictement aucune expérience des enfants, ils ne savent que faire de ce petit être vivant. Une seule chose est certaine : ils ne veulent pas le laisser – du moins est-ce le point de vue d’Abel, le plus jeune des deux, qui impose donc la présence de l’enfant à Tuscan.

Les voilà en fuite à trois, avec la police sur leurs trousses, dans le froid glacial de l’hiver, à la recherche de lait pour le petit nouveau-né, surnommé tendrement « petit-maure » …

 

Cette fuite est l’occasion de faire le point, pour chacun d’entre eux. Tuscan se souviendra, malgré lui, de son passé, s’avouera ses faiblesses, Abel s’imposera pour l’enfant alors que lui-même est plutôt un être soumis et suiveur.

 

Leur cavale les mènera à travers les forêts, les gouffres, les avens, jusqu’au bout de ce périple ….

 

Une histoire étonnante, presque belle

 

J’ai beaucoup apprécié la simplicité de l’intrigue, qui nous met face aux deux criminels ; malheureusement, l’histoire a vraiment un peu trop emprunté la voie de la facilité, puisque non seulement l’issue est très prévisible, mais encore le trajet est simplifié, la présence du nourrisson à peine gênante. J’en voudrais un comme ça, de nouveau-né, qui pleure à peine, n’a pas de coliques malgré une nourriture plus que surprenante, ne fait qu’émettre quelques protestations assez faibles et supporte stoïquement le monde cruel qui s’abat sur lui !

 

De même, si on peut profiter dans ce roman de descriptions merveilleuses de paysages, qu’on est fasciné par les trajets pendant lesquels on sent le froid à travers les lignes, ou encore l’humidité glaciale qui suinte dans les avens, il est indéniable que par instants des longueurs nous font presque survoler les paragraphes.

 

C’est donc une écriture un peu inégale, ce qui est toutefois totalement normal pour un premier roman.

 

En ce qui concerne le style d’écriture, ce n’est pas vraiment ma plume préférée, puisque, portée par beaucoup de dialogues le roman emprunte beaucoup au langage parlé, mais je dois néanmoins admettre qu’ici, dans ce roman, cela se marie à la perfection avec l’histoire, ce qui fait que je n’étais pas gênée, au contraire, j’ai presque apprécié puisque cela nous plongeait dans l’ambiance si particulière du petit trio.

 

Bref, une jolie histoire, bien que prévisible, adroitement amenée et bien écrite. Les quelques défauts lui donnent presque du charme, sauf peut-être les quelques instants de longueurs.

 

C’est un roman prometteur, j’espère lire bientôt autre chose de l’auteur, peut-être dans un autre registre. Bruno Gallet a la sensibilité nécessaire pour un auteur, mais surtout, il parvient à transmettre les émotions qu’il ressent. Le reste, c’est de l’expérience.

Un écrivain à suivre.

 

Cathie FIDLER - Le refuge des gens: un recueil coup de coeur

Publié le 28/04/2012 à 15:04 par edenlalu Tags : cathie fidler le refuge des gens
Cathie FIDLER - Le refuge des gens: un recueil coup de coeur

Cathie FIDLER – Le Refuge des gens : Coup de cœur !

Ce petit recueil réunit quinze nouvelles de l’auteur qu’on peut donc découvrir à travers ce petit bijou que je ne peux que vous conseiller, et vivement !

Les histoires étant très courtes, je ne peux pas, comme je le fais d’habitude pour les recueils ou anthologies, livrer un petit résumé de chaque nouvelle.

Ce que l’auteur nous livre ici, ce sont des moments de vie, des instants de « refuge » du quotidien, des instants d’évasion que nous connaissons tous ; nous retrouvons ici dans des lieux que nous avons vus, nous observons des gens que nous avons croisés, nous reconnaissons des attitudes que nous avons eues.

D’ailleurs, plus d’une fois j’avais envie de lui crier : oui, oui, je connais, c’est ça !!

En fait, c’est participatif …

Ce sont des récits vivants, livrés d’une plume alerte et pleine d’humour. Oh, que j’aimerais citer ici quelques passage qui m’ont fait rire, mais cela n’aurait pas le même impact, hors de contexte.

Vous vous reconnaîtrez certainement tous dans l’histoire n° IX, celle de ce couple qui se rend chez Ikea pour passer un bon moment (oui, oui), qui annonce déjà le premier obstacle dès les premières lignes, avec ces hommes qui ont « .... « naturellement » le sens de l’orientation » et qui « refusent systématiquement de demander leur chemin si, par le plus grand des hasards, ils sont (très) momentanément désorientés ». Et suit alors ce dédale de rues et destinations de ces zones industrielles, les ZAC, ZUP et ZEP qu’on traverse - je vous jure que j’y étais ! Je connais l’endroit ! J’ai pris l’autre sortie !

Des histoires plus ou moins intenses, plus ou moins touchantes.

Mais toutes ont un point commun : l’humour de Cathie Fidler.

Elle a un œil pour observer et décrire l’évident !

Plus d’une fois je me suis esclaffée et j’ai souri, j’avais envie de répondre aux personnages, c’était étrange.

Mais je ne vais pas vous retenir plus longtemps, pas la peine d’écrire encore plus sur un recueil qui ne fait – malheureusement – que 100 pages.

 

Ah, j’ai une excellente proposition à vous faire : vous voulez connaître le style d’écriture de l’auteur ? Et bien, elle tient un blog ; en lisant ses articles, vous découvrirez ses petits mots d’esprit. Cela vous permettra de voir si vous aimez.

 

Vous trouverez le lien à gauche, làß, dans mes « sites et liens préférés ».

 

Je ne note pas les recueils, toujours inégaux et trop courts, on aime plus une histoire moins une autre. Mais « le refuge des gens », c’est un vrai coup de cœur ! A lire pour passer un bon moment !

 

Fémi PETERS - Notre-Dame-des-Lettres: 7-/10

Publié le 16/04/2012 à 20:20 par edenlalu Tags : fémi peters notre dame des lettres
Fémi PETERS - Notre-Dame-des-Lettres: 7-/10

Fémi PETERS – Notre-Dame-des-Lettres : 7-/10

En voilà un joli premier roman, qui, malgré son évidente jeunesse, constitue un très beau début littéraire. On en tourne les pages et sans s’en apercevoir on a lu le roman entier !

L’histoire d’un couvent littéraire

« Notre-Dame-des-Lettres » n’est pas seulement le titre de ce roman, mais également celui d’un couvent un peu particulier dont il nous raconte l’histoire : un couvent dédié à la littérature.

Nous entrons dans ces lieux consacrés à la Littérature (avec un « L » majuscule) en compagnie de William Tesson, que tout le monde appelle Willy, qui, alors qu’il n’a que seize ans, ressent la vocation, la vraie. Dédier sa vie à la Littérature, cela lui semble évident, et il est ainsi le plus jeune novice à avoir jamais rejoint ce couvent d’un genre nouveau.

« Notre-Dame-des-Lettres » ressemble à tous les monastères : les frères et sœurs y vivent cloitrés, séparés du monde extérieur, se vouent à la prière et à l’écriture, à la lecture et aspirent à toujours cultiver leur esprit. La seule différence étant qu’il s’agit d’un lieu mixte.

Et ici, la religion est celle de la Littérature.

Et je dois dire, pourquoi pas ? La Littérature devient une déesse, elle est entourée de l’Inspiration et du Style, l’Ecriture est son enfant.

Bien que les préceptes ne soient pas vraiment religieux (il n’y est pas question du paradis, d’âme ou autre), l’idée est séduisante : un lieu où l’on dédie sa vie à la Littérature.

Mais revenons-en à notre histoire : Willy entre donc dans le couvent et revêt, pendant un an, la robe rouge des novices avant de prononcer ses vœux : vœu d’écriture, de lecture et de culture.

La vie est rythmée par des rituels, des prières, des messes, des repas communs, des corvées à accomplir et à partager, et chacun se consacre à sa spécialité, que ce soit la poésie, les pièces de théâtre, les romans ou autre.

Nous restons dans ce couvent des années durant, observons Willy grandir, murir, écrire, nous sourions face à ses doutes et secouons la tête devant son ambition de faire de la Littérature une religion pour tous … bref, nous observons la vie des frères et sœurs de « Notre-Dame-des-Lettres ».

Un voyage dans le monde de la Littérature

On se dit alors, en tant que lecteur potentiel : ce roman doit être ennuyeux, il n’y a pas de véritable intrigue !

Et bien, non, on ne s’ennuie pas. Et ce alors même que les jalousies entre frères et sœurs restent limitées, que les drames sont quasi inexistants dans ce livre.

C’est surprenant, mais malgré l’absence d’évènements véritablement marquants, nous suivons l’histoire de Willy sans nous apercevoir que nous tournons les pages !

Oui, Willy s’active : il écrit son roman, soutient son amie d’enfance qui aspire à devenir comédienne, discute avec ses amis du couvent, a de multiples projets pour la Littérature … mais si l’histoire gravit des collines, ce ne sont finalement que des monticules, jamais des montagnes rocheuses.

Et pourtant, pas d’ennui, au contraire, un plaisir de lecture réel ! Je n’en reviens pas moi-même.

J’ai donc tenté de comprendre.

Déjà, c’est un roman qui fait du bien. Il est agréable et, il faut l’admettre, l’idée est très belle et amenée avec simplicité.

Des petites citations parsèment le roman, des phrases qui égaillent les chapitres. Même l’humour des frères et sœurs est en adéquation avec les lieux, car souvent ils se lancent des traits d’esprit tirés de diverses œuvres littéraires.

Mais attention, ce n’est pas lourd, pas du tout ! Ne vous attendez pas à des citations fastidieuses ! Il s’agit simplement de quelques phrases parlantes. Si ce n’étaient pas des citations, ce seraient des réflexions amusantes.

De plus, l’auteur n’oublie pas de laisser le personnage central lire du Mary Higgins Clark, et une novice est admise sur la base d’un roman de Science-Fiction, rappelant ainsi que la littérature évolue. D’ailleurs, certains frères fuient des lectures qu’on dit incontournables ou admettent tout simplement qu’ils ne comprennent pas tout ce qu’ils lisent ou entendent.

Donc, quelques touches de modernité font que l’on n’oublie pas que la littérature n’est pas figée mais vit, il n’y a pas d’échelle de valeur, juste l’intensité des lectures.

On s’en aperçoit aisément : Fémi Peters aime la littérature sous toutes ses formes et elle souhaite partager sa passion.

Les personnages, sans avoir une grande profondeur, sont sympathiques et colorés, bien qu’on aurait aimé connaître un peu plus sur le passé des uns et des autres. Comment Sœur Isa fait-elle le deuil de la maternité ? Comment s’en sort frère Thierry, oublie-t-il sa sœur, peut-il se remettre de sa perte ? Et frère Pierre alors, quel est son passé ?

Dans ce roman, comme je le disais en introduction, on est surtout frappée par une jeunesse évidente qui se retrouve un peu partout, dans l’histoire comme dans le style.

Cette jeunesse est autant une qualité qu’un défaut :

La jeunesse dans le style va de pair avec une fluidité et une légèreté qui rendent la lecture plus qu’agréable. L’écriture est douce, faite de petites touches, laissant deviner la sensibilité de l’auteur.

Toutefois, la plume manque encore d’une empreinte un peu plus appuyée, d’une personnalité plus affirmée. Peut-être l’auteur, dont c’est le premier roman, n’a pas encore osé. On sent néanmoins le talent qui se cache entre les lignes.

Cette même jeunesse se retrouve dans l’intrigue, et dès la toute première page une question me taraudait, je pensais même à plusieurs occasions qu’on y apporterait une réponse puisqu’on effleurait un sujet similaire, mais non : les frères et sœurs qui entrent à « Notre-Dame-des-Lettres » se promettent d’être chastes et de vivre loin du monde extérieur. Ils réduisent les contacts avec leur famille et leurs amis au maximum, les liens se limitant à quelques lettres. Ils vivent donc comme des moines.

Mais alors ? Comment un écrivain qui n’a jamais souffert, n’a jamais aimé, n’a jamais fait l’amour, n’a jamais connu la jouissance, n’a jamais connu de vraie déception, de perte, n’a jamais ri ni pleuré, n’a pas vécu d’expériences marquantes par lui-même et ne connaît toutes ces émotions qu’à travers ses lectures, donc par procuration, comment peut-il véritablement écrire ? Comment peut-il transmettre une émotion dont il ignore tout ?

Oui, Jack London n’a jamais été au Klondyke (etc. etc.), mais les émotions, on doit les avoir eues pour les décrire, à mon avis du moins. Les circonstances factuelles peuvent être imaginaires, mais le sentiment doit être réel.

A plusieurs reprises, Willy s’approche de la question – mais dévie. D’ailleurs, lui-même ne vit pas de véritable passion (sauf pour la littérature, bien sûr).

C’est pour moi un petit « hic » dans le raisonnement de cette religion, un point illogique : cloitrer l’auteur est le priver de son inspiration, le tenir à l’écart des joies et des souffrances est le priver de ce qui animera son œuvre et lui insufflera la vie.

Ah, cela m’amène à un autre petit « manque » : les attirances entre les frères et sœurs. L’auteur y fait allusion mais ces quelque cinquante hommes et femmes qui partagent leur vie durant les mêmes lieux devraient nécessairement vivre quelques drames relationnels ! Je l’admets, ce n’est pas du tout l’objectif du roman, mais je suis curieuse … comme quoi je m’y crois et que j’ai envie de savoir ce qui se passe dans les couloirs  … mais alors, si ma curiosité est éveillée, le but n'est-il finalement pas atteint ? Je retire donc cette observation qui n'a plus de fondement. Le serpent se mord la queue.

Dans l’ensemble, j’ai clairement passé un excellent moment en lisant ce roman.

« Notre-Dame-des-Lettres » a ce petit « quelque chose » que l’on recherche dans un livre, ce petit truc qui nous laisse avec une bonne sensation à la fin de la lecture.

Ken FOLLET - Le Scandale Modigliani : 6,5/10

Publié le 06/04/2012 à 20:14 par edenlalu Tags : ken follet le scandale modigliani the modigliani scandal
Ken FOLLET - Le Scandale Modigliani : 6,5/10

Ken FOLLET – Le Scandale Modigliani : 6,5/10

Ce roman de Ken FOLLET est en l’un de ses tout premiers et j’ai adoré découvrir cet auteur fascinant à ses débuts.

« Le Scandale Modigliani » a été publié en 1976 (initialement sous le pseudonyme Zachary Stone) – soit deux ans avant son immense succès, rencontré grâce au roman d’espionnage « L’arme à l’œil» (effectivement fabuleux) - et est passé quasiment inaperçu.

Je suis ravie que Ken Follet ait pris la décision de faire rééditer cette « œuvre de jeunesse », car même si on y trouve effectivement des faiblesses, qu’il est encore immature, qu’on trouve même des incohérences, l’âme même y est déjà !

Ce roman a été accueilli de façon mitigée voire même négative. Ce que je trouve parfaitement injuste.

J'ai lu des critiques  parfois assassines – qui comparaient « le Scandale Modigliani » aux chefs d’œuvres ultérieures de l’auteur, comme les « Piliers de la Terre ». Evidemment, la comparaison est écrasante ; mais peu importe le roman que vous mettez à côté d’une telle pépite, il paraîtra nécessairement terne et inabouti !

Si ce roman avait été réédité sous un pseudonyme, je suis certaine que les commentaires auraient été plus accueillants. S’il s’était agi d’un jeune auteur inconnu, on aurait même pu parler d’une roman prometteur … !!!!

Donc, après cette brève introduction, je vais tenter de ne pas commettre la même erreur, de ne pas comparer ce roman à l’une des œuvres ultérieures de Ken Follet, puisque ce serait injuste. Je vais m’efforcer de le juger comme s’il avait été écrit par Zachary Stone, un inconnu. Ca va être presque impossible, je sais.

L’intrigue - une immersion dans le monde de l’art

L’intrigue, qui se déroule donc autour de l’année 1980, m’a séduite, puisqu’elle m’a amenée dans un milieu que je ne connais que peu, celui de l’art, des galeries, des artistes, des peintures, des marchandages etc.

Une jeune étudiante en arts, Dee, tombe par hasard sur une information explosive : un Modigliani inconnu pourrait exister, une œuvre qui pourrait se distinguer du reste de l’œuvre de l’artiste puisque ce tableau aurait été peint sous influence de drogues. Dee se lance donc à la poursuite de ce tableau, enthousiaste de flairer une telle piste, tellement enthousiaste qu’elle commet une terrible erreur : elle en informe son oncle, qui tient une galerie d’art, et une amie, dont une connaissance est sur le point d’ouvrir une autre galerie.

Ainsi, alors que Dee suit la piste de cette œuvre prometteuse, elle est poursuivie de son côté par d’autres qui espèrent la devancer.

Parallèlement à ce petit jeu de piste, nous découvrons également un autre aspect de ce monde : les artistes vivants sont souvent « oubliés » tant qu’ils respirent, ne rencontrant le succès qu’une fois leur décès prononcé. Ce qui est fort ennuyeux lorsqu’on est jeune, plein de talent et que l’on espère vivre de son art …

Un jeune peintre, Peter Usher, qui a connu un certain succès mais est désormais désavoué par la profession, décide de trouver un moyen pour prouver que les soi-disant connaisseur d’art n’ont d’œil que pour leur compte en banque et non pas pour découvrir de nouveaux talents. Avec un ami il décide de créer des faux ....

L’intrigue est assez … virevoltante, puisque nous suivons de multiples histoires qui se coupent et recoupent, des personnages qui évoluent et croisent le chemin d’autres, une actrice qui tombe dans la drogue, un jeune mari qui se rebelle contre sa femme trop riche, les riches qui souhaitent garder le pouvoir, les galeristes qui veulent à tout prix montrer leur flair au public …

Donc, une multitude de personnages et de destins.

Et oui, un peu beaucoup peut-être, alors, quel est le résultat de tout ça ?

Un roman passionnant mais un peu inabouti :

Ken Follet a commis plusieurs « erreurs de jeunesse », ce qui devrait être rassurant pour la totalité des auteurs débutants. D’ailleurs, il le reconnaît lui-même dans la préface du roman ; il y indique que ce livre ne correspond pas à ce qu’il voulait écrire à la base, ce qu’il voulait transmettre, que le résultat n’est pas celui qu’il avait espéré. Et pourtant, malgré ces erreurs, on a déjà ce petit quelque chose qui traverse un récit qui est par moments un peu trop … encombré.

Commençons par les personnages :

D’abord, ils sont bien trop nombreux. Certains sont introduits trop tard, et même inutilement, et dans tous les cas il y en a tout simplement trop.

De plus ces personnages n’ont pas le même relief que ceux qu’on que fait naître l’auteur aujourd’hui. Il n’a pas pris le temps de les dépeindre, les nuancer, de les faire vivre. Nous les rencontrons, nous les voyons évoluer, puis nous les oublions. Ils n’ont tout simplement pas de véritable personnalité.

D’ailleurs, si leurs évolutions respectives sont par moments étonnantes – comme le destin de l’actrice qui était une étoile montante d’Hollywood et qui fait les mauvais choix – on ne vibre pourtant pas avec eux.

Nous les observons, nous ne vivons pas avec eux. Il y a comme une distance.

L’intrigue nous ballote dans tous les sens

L’intrigue elle-même connaît des rebondissements qui sont parfois un peu difficiles à suivre, voire même décousues. Pas au point de perdre le fil, mais presque. Je dirais que c’est par moments inconfortable.

Quelque chose arrive, puis nous nous retrouvons avec un personnage qui est dans un lieu totalement surprenant pour discuter avec l’un des multiples figurants alors que nous ne savons pas pourquoi il y est, quand il y est arrivé, nous le croisons, nous le reperdons de vue. A l’image du paragraphe que vous venez de lire, il manque une certaine fluidité dans le récit. Quelques chapitres de liaison. Quelques pages de plus.

Et encore une fois, ces figurants que nous croisons à chaque coin de rue qui nous troublent dans le voyage des personnages clés, déjà trop nombreux…

Une écriture parfois encore immature

Il est étonnant de lire Ken Follet écrire une phrase telle que celle-ci : « Le souvenir s’obstinait à ne pas lui revenir, de la même façon qu’une pêche en conserve refuse de tenir sur le pourtour du plat et glisse systématiquement vers le fond, quoi que vous fassiez. ».

Je suis, très franchement, ravie que Ken Follet n’ait pas retravaillé son texte (du moins pas en profondeur, je ne sais pas pour les détails), puisque cela permet de découvrir véritablement les débuts d’un roi de la littérature. Il a fait les mêmes erreurs que tout le monde, il a cherché les métaphores les plus absurdes et les plus naïves, comme tous les écrivains. C’est rassurant ! Et, en fait, j’ai aimé !!!

Et malgré tout cela, un roman palpitant qu’on lit d’une traite !!

On trouve déjà, si on la connaît, la griffe de Ken Follet, qui s’essaie ici à un registre encore une fois bien différent (il a ce don de nous surprendre dans des genres littéraires les plus divers).

J’ai adoré, alors que j’avais des appréhensions après avoir lu les critiques plutôt négatives. J’ai effectivement buté sur ces détails que j’ai soulevé, mais l’âme de l’écriture y est, on se plonge dans le milieu de la peinture, on suit l’histoire avec plaisir. On regrette d’autant plus que le roman ne fasse pas deux cents pages de plus, ce qui aurait permis à l’écrivain de travailler un peu plus les zones d’ombre, la cohérence mais avant tout ses personnages.

C’est un roman qu’on lit avec bonheur, il y a du suspense, des surprises, les caractères bougent, se croisent, nous découvrons un autre monde, celui des marchands d’arts, celui des artistes, même celui des faussaires.

Si je n’avais pas su que c’était un Ken Follet, j’aurais dit que c’est roman prometteur, un écrivain à suivre, qu’il y a ce petit « truc ». Wow, je suis donc géniale !!! Une grande découvreuse de talents ! Dommage qu’on ne puisse pas le vérifier ….

Donc, si vous achetez ce roman, oubliez simplement qui en est l’auteur, ne cherchez pas à comparer, ne pensez surtout pas aux autres romans de Ken Follet, et ainsi vous prendre vraiment du plaisir.

Ce qui m’a fait sourire c’est que Ken Follet, qui a tout de même osé montrer ses défauts de débutants, avoue qu'il craignait les réactions, l’accueil qui serait réservé à ce roman. Comme quoi, même un Ken Follet a ce genre de doutes !!!

Pour moi part, je le remercie de nous avoir donné la possibilité de redécouvrir ce petit roman très plaisant.

Juste une chose : Ken Follet indique que ce roman s’est transformé en roman policier, je ne trouve pas. Ce n’est ni un polar, ni un thriller. Il y a du suspense, mais les codes des deux genres n’y sont pas. Je le classe, pour ma part, tout simplement dans la littérature générale.

 

Cathie Fidler - La Retricoteuse : 7,5/10

Publié le 26/10/2011 à 19:03 par edenlalu Tags : cathie fidler la retricoteuse
Cathie Fidler - La Retricoteuse : 7,5/10

Cathie Fidler – La retricoteuse : 7,5/10

« La retricoteuse » retrace l’histoire de Solveig, de sa mère Eva et de sa grand-mère Mina, une histoire mouvementée qui traverse le siècle et nous est contée d’une écriture souriante et nous guide sur le fil du passé pour nous livrer le tricot du présent.

Petit résumé (difficile, difficile):

La retricoteuse, c’est Solveig. Divorcée, femme d’affaires du XXIème siècle, Solveig est une femme moderne, du moins en apparence.

Elle se souvient alors de l’histoire de sa famille, ou l’imagine lorsque les souvenirs lui font défaut. Sa mère lui a livré quelques bribes de son passé et elle les travaille, les fleurit, entremêlant sa vie avec celle de sa mère et celle de la mère de sa mère afin de compléter son œuvre.

Qui étaient ces femmes dont Solveig partage le sang et le passé ?

D’abord Mina, la grand-mère, qui a, la première, traversée la grande étendue d’eau pour découvrir New York, mais qui a emporté et rapporté avec elle ses doutes et interrogations, ne pouvant y échapper.

Puis sa mère, Eva, qui souffrira des manques et peines de Mina et subira les épreuves les plus dures qu’une jeune fille de dix-sept ans puisse vivre pour être née à la mauvaise époque : juive pendant la seconde guerre mondiale, elle sera contrainte de s’exiler à Shanghai. Elle y survivra, mais rapportera dans ses valises ses cicatrices qu’elle ne manquera pas de transmettre, bien malgré elle, à sa fille.

Pour finir Solveig, bien sûr, qui comprend lentement que ses peurs reflètent les blessures de ses aïeules, que les bagages n’ont jamais été posés mais simplement glissés dans ceux de leurs filles.

Il est impossible de résumer ce petit roman, car chaque femme vit son histoire, ses souffrances avant d’en transmettre, sans s’en apercevoir, l’essence à sa descendance.

Ce n’est qu’en retricotant la vie de ces femmes que Solveig s’apercevra de la logique de l’œuvre.

Etonnamment, ce petit livre ressemble véritablement à un tricot, les mailles du passé chevauchent celles du présent, les histoires s’effleurent, s’entremêlent, le vécu de l’une glissera dans l’œillet de celui de l’autre et reviendra en arrière pour ajouter une nouvelle ligne à l’ensemble.

L’écriture est sensible et si j’ai parlé plus haut d’une « écriture souriante » c’est parce que l’on sent que le tout a été écrit avec le sourire. Malgré les épreuves traversées, les plaies à l’âme, ces femmes ont survécu et construit la vie avec ce qu’elles avaient. Certaines y ont réussi mieux que d’autres.

Chaque vie de femme est prenante mais incomplète, ce qui est finalement logique puisque Solveig ne peut nous livrer toute l’histoire - elle ne l’a pas vécue, n’en connaît qu’une partie. Elle tente tout simplement de reconstruire l’image globale. Là où les récits de ses parents ont laissé des trous, elle complète par son imagination, tricotant autour d’une simple photo toute une tapisserie (faudrait que j’arrête mes jeux de mots autour du titre, non ?).

Les émotions qui traversent le livre sont très fortes, le passé et le présent s’entremêlent avec habileté : les récits lointains côtoient le présent avant de replonger de nouveau dans le passé dans un mouvement de balancier, et pourtant on n’est désorienté à aucun moment !

Le seul hic du livre est que l’on a envie d’en savoir plus sur chacune ! Notamment Eva, la mère de Solveig, dont la vie était secouée d’épreuves mais qui a peut-être trouvé son bonheur le plus aisément. Comment a-t-elle fait ?

Ou même Soveig, dont la blessure la plus profonde traverse le roman, mais dont nous savons finalement si peu. Sa cicatrice l’a peut-être empêché d’aller plus loin ?

En fait, chacune de ces femmes aurait mérité son propre livre. Pas une page ne se tourne sans que nous ne soyons touchés, chaque maille est émouvante, on ne s’ennuie à aucun instant, on souffre avec ces femmes qui traversent le siècle.

Un roman qui est solaire malgré la dureté de la vie ; il est étonnant comme le regard porté par l’auteur peut adoucir la difficulté d’une épreuve et en faire une expérience optimiste.

J’ai tout simplement beaucoup aimé, vous l’aurez compris, mais j’aurais voulu en lire plus, juste quelques pages de plus !

Valentine GOBY - BANQUISES : 6,5/10

Publié le 25/07/2011 à 12:02 par edenlalu Tags : valentine goby banquises
Valentine GOBY - BANQUISES : 6,5/10

Valentine GOBY – BANQUISES : 6,5/10

Voici un roman qui m’a fait l’effet de montagnes russes. Par moments je l’ai adoré, par moments il m’a agacée, voire ennuyée.

Dans l’ensemble cela reste néanmoins un roman désenchanté, froid et déprimant à souhait - ce qui était, je vous rassure, le but.

L’intrigue est loin d’être joyeuse :

En 1982, Sarah, jeune fille de vingt-deux ans, passionnée de musique, quitte la France pour se rendre au Groenland pour six semaines.

Elle n’en reviendra jamais.

Personne ne sait ce qui lui est arrivé et sa famille s’en trouve traumatisée : sa mère se meurt chaque jour, attendant pendant des décennies un appel de sa fille disparue, son père tente de s’habituer à la douleur sourde qui ne le quitte pas ainsi qu’à sa femme qui dépérit dans une attente épuisante.

Il reste Lisa, la petite sœur de Sarah, qui n’avait que quatorze ans lorsque sa grande sœur a disparu. Lisa tente de grandir dans l’ombre de sa sœur, elle parvient à construire sa vie hors de la vue de ses parents, elle se marie finalement, a des enfants, mais vingt-sept ans plus tard ce passé la rattrape lorsqu’il faudra faire déclarer sa sœur morte.

Elle entreprendra alors un voyage au Groenland, à Ummannaq, pour retrouver les traces de son aînée.

Elle découvre un Groenland magnifique mais mourant, des banquises qui souffrent du réchauffement climatique, une petite ville qui meurt dans la solitude et dans l’indifférence mondiale.

J’ai abordé ce livre en étant inquiète. Je craignais un ennui mortel face à des descriptions pointilleuses, mais heureusement, ce n’est pas le cas.

Au cours des premières pages j’ai rapidement adhéré à l’ambiance du roman, qui, comme son titre l’indique, est assez glaciale.

Les descriptions de la banquise souffrante sont terribles. Je sentais le désenchantement, le désespoir, je comprenais le médecin d’Ummannaq qui prédisait les suicides, je sursautais au claquement des coups de fusils tirés au début du printemps.

J’ai découvert une vie différente, comme Lisa : là-bas, on ne rencontre personne. Il fait trop froid, pas de café, pas de possibilité de sourire à un inconnu dans la rue.

A Ummannaq, on vit dans un isolement total au milieu d’un paysage époustouflant.

Voilà donc pour les points positifs du roman.

Malheureusement, des longueurs s’insinuent dans le récit. D’abord je ne m’en rendais pas compte, jusqu’à ce que je m’aperçoive que je venais de lire une page en diagonal, faute d’originalité, de mots qui retiennent l’attention, d’images qui inspirent ; des paragraphes sans saveur.

Ensuite j’ai dû me rendre à l’évidence : si une partie du récit est assez passionnante – celle qui nous fait connaître le Groenland, si différent de l’image romantique que l’on s’en fait - l’autre partie, celle portant sur la souffrance face à la disparition inexpliquée d’un proche est, à mon avis, ratée.

On observe la souffrance de la mère en particulier sans jamais en saisir l’essence. On touche cette douleur lancinante que provoque le vide, cette attente de chaque seconde qui s’éternise, sans pourtant véritablement l’embrasser.

Cela tient peut-être au fait que le passé, la disparition, l’attente, l’incompréhension, tout cela nous est distillé à travers un récit totalement désordonné.

Des souvenirs, des images, des réminiscences du passé qui entrecoupent le voyage de Lisa à Ummannaq, tout cela sans véritable suite ou logique. Impossible de suivre en parallèle le passé, l’absence de Sarah qui détruit la famille et le voyage actuel de Lisa. Les souvenirs affluent quand bon leur semble. Oui, un peu comme dans la réalité, mais dans un livre c’est un peu dérangeant puisque ce sont des souvenirs de quelqu’un d’autre que l’on découvre et qu’il faut replacer dans un contexte inconnu.

J’avais l’impression que l’auteur a eu des inspirations, des images sur la souffrance face à l’absence inexpliquée d’un proche, les a noté au fur et à mesure de sa rédaction, mais n’a jamais remis de l’ordre dans l’ensemble.

Ce qui donne une impression d’incohérence. Dommage, vraiment, car on organisant le passé un peu plus on aurait pu comprendre, peut-être, l’attitude des parents de la jeune femme disparue.

Et voici le deuxième point qui fait que je n’ai pas pu comprendre. C’est cette attitude passive des parents que je ne comprends pas. Mais c’est la liberté de l’auteur de choisir le caractère qu’elle veut aux parents.

Ici, les parents de Sarah subissent la disparition, ils contentent de coller des affiches, d’en distribuer même au Groenland, oui, mais nul ne refait le voyage de Sarah, nul ne tente de monter sur le bateau sur lequel on a retrouvé son sac. Même le voyage de Lisa s’arrêtera à Ummannaq – et on a bien compris que là, personne ne sait rien sur Sarah. Surtout vingt-sept ans après.

On comprend mal pourquoi la mère, détruite par la disparition de sa fille, n’a pas refait le voyage de Sarah vingt-sept ans plus tôt, non seulement jusqu’à Ummannaq mais au-delà, alors que les souvenirs étaient frais. Elle se contente d’attendre, de pleurer, de disparaître, totalement paralysée.

Oui, j’étais déçue par cet aspect là du livre.

Enfin, dernier détail qui a un peu gêné la lecture : la densité. Non pas de l’écriture même, mais du texte et de la mise en page.

Les souvenirs sont introduits au milieu du récit du voyage sans même que le paragraphe se termine, sans même qu’une nouvelle ligne soit inaugurée sur la page. Cela peut fatiguer. Aérer l’ensemble et espacer les paragraphes n’aurait pas fait de mal au roman et aurait rendu la lecture plus confortable et ce sans changer un seul mot.

Donc, un récit par moments envahissant et poignant, par moments long, mais long, et par moments tout simplement incompréhensible dans son fond et ennuyeux dans sa forme.

Une intrigue très belle dans ses contours, mais nettement moins réussie dans les traits fins.

Quant au style, on aime ou on n’aime pas. Ce n’est pas mon écriture préférée, mais je n’ai rien à lui reprocher non plus.

Etant quelqu’un de positif, je retiens le bon coté, les images (tristes, oui) de ce Groenland que je ne connais pas.

L’histoire de la disparition, de la souffrance, je n’adhère pas, alors je la laisse derrière moi dans les pages désormais fermées du livre.

Frédéric LENOIR - L'Oracle della Luna : 7-/10

Publié le 15/04/2011 à 19:34 par edenlalu Tags : frédéric lenoir oracle della luna
Frédéric LENOIR - L'Oracle della Luna : 7-/10

 

Frédéric LENOIR – L’oracle della Luna : 7-/10

 

 

Ce livre – que j’ai classé dans la rubrique « littérature générale » plutôt que « historique » puisque j’ai trouvé que son essence même était moins de nous faire connaître le XVIème siècle que la vie et le cheminement intérieur de son héros – est intriguant, à l’instar de son titre (que je trouve fort joli).

 

Dans ce roman nous suivons la vie de Giovanni, un jeune paysan, dont la vie est bouleversée le jour où il croise le regarde d’Elena : un groupe de nobles vénitiens traverse le village où vit Giovanni avec ses parents et son frère, et parmi eux se trouve Elena, une adolescente sublime dont il tombe éperdument amoureux au premier regard. Or, il s’agit de la fille du doge, tout rêve d’avenir commun est donc totalement utopique. Quand Giovanni tente malgré tout de l’approcher, il est flagellé en public ! Et Elena disparaît avec sa suite pour retourner à Venise.

 

Malgré tous ces obstacles Giovanni décide de se lancer à sa recherche, se promettant de retrouver Elena dans de meilleures conditions afin de pouvoir toucher son cœur. Sur la route qui devra le mener à Venise, il rencontre alors Lucius, un philosophe et astrologue auprès de qui il restera pendant plusieurs années afin de s’instruire avant de repartir vers son amour.

 

Après cette longue formation, il reprend la route, une route qui le conduira vers les aventures les plus passionnantes, qui l'amenera en Alger, au Mont Athos, à Venise, Jérusalem et bien plus.

Oui, après avoir été l’élève d’un philosophe et astrologue, Giovanni deviendra lui-même astrologue, puis moine, ermite, esclave et bien plus encore. Il connaîtra le désespoir et la joie, goutant aux plaisirs et aux souffrances.

 

 

Mais ce roman n’est pas le livre des aventures de Giovanni, non, il s’agit surtout et avant tout du cheminement d’un homme qui se découvre lui-même.

 

Au cours de ses périples, il fera des rencontres qui le marqueront profondément et qui modifieront sa perception du monde mais surtout de lui-même. Il se découvrira, comprendra sa foi, ses doutes, ses peurs, ses colères, son amour. C’est donc cette évolution intérieure que nous pourront suivre.

 

 

Pour être logique, je vais donc donner mon point de vue d’un coté sur le coté « philosophique » du livre – absolument pas en ce qui concerne le fond, bien évidemment, je n’en suis ni capable ni même autorisée d’une quelconque manière. Autant m’attaquer à la théorie de la relativité ! Non, je parlerai simplement de la manière dont j’ai perçu ce coté là du livre.

Ensuite je vous donnerai mon sentiment sur le coté « intrigue » du roman pour finir avec mon opinion sur « l’histoire sentimentale ».

L’ensemble, j’espère, vous donnera une idée sur ce roman.

 

 

-       Un livre « philosophique/mystique/et bien plus »

 

Je vais faire ici un parallèle qui est destiné seulement et uniquement à faire comprendre la structure du livre et j’espère que vous ne m’en voudrez pas : les rencontres que fera Giovanni au cours des étapes de sa vie, et qui, à chaque fois, lui permettront d’approfondir une connaissance ou de toucher du doigt une vérité, se feront un peu comme ceux du Petit Prince de Saint-Exupéry qui, voyageant de planète en planète, s’approche de sa propre vérité pour comprendre l’amour qu’il éprouve pour sa petite rose.

Attention, il n’y a strictement aucune similitude entre ces livres, et pourtant, le voyage de Giovanni, ses étapes, son évolution, m’ont fait penser à cela.

 

Lorsque Giovanni quitte son village natal, il est curieux, mais ignorant et n’accède à l’instruction que grâce à sa première rencontre avec un érudit. Et sur cette base se construiront ses expériences et ses réflexions futures, que ce soit à travers des discussions philosophiques, mystiques, religieuses, astrologiques …

 

L’évolution des discussions qu’entretient Giovanni est logique, tout s’emboite comme pour la construction d’une pyramide ; la connaissance vient à Giovanni au moment où il est prêt à la recevoir et l’accompagnera au cours de sa vie.

 

Les pensées exprimées par ce roman me semblent universelles ; peu importe qui les développe, savant, moine, pacha ou rabbin, peu importe la religion ou le courant philosophique auquel il appartient, toutes les idées semblent se diriger vers une véritable unité, au-delà des différences.Le sommet de la pyramide, en quelque sorte, vers lequel toutes ces connaissances guideront notre héros, Giovanni.

 

Ce roman, écrit par un auteur philosophe, nous permet ainsi d’appréhender certains concepts, certains mysticismes, certaines idées à travers les rencontres que fera Giovanni.

 

Il faut savoir que j’ai eu beaucoup de difficultés à noter ce roman, tout simplement parce que, par moments, j’ai été passionnée, je ne pouvais poser le livre, m’accrochant à des idées et des images exposées par l’auteur, mais juste après pouvait suivre un chapitre qui ne suscitait que guère mon intérêt et qui me donnait presque envie de survoler les pages.

 

Certaines réflexions m’ont donc interpellée ou touchée ; je ne vous donne qu’un seul exemple, c’est le passage du livre que j’ai retrouvé le plus rapidement (le hasard, donc) : Giovanni rencontre un religieux qui lui parle de la vie, des épreuves que l’on vit, et qui l’invite à avoir confiance dans son destin et à accepter la vie ; il donne cette image pour décrire le chemin de la vie :

 

« Chacun à travers sa vie, travaille le tissu à l’envers, ne voyant que son point et son aiguille. La beauté de la tapisserie ne se manifeste qu’au terme, en retournant l’ouvrage. Apparaît alors une image que seul Dieu connaissait et dont nous ne pouvions soupçonner ni la forme ni la splendeur. La confiance en cet avenir déjà à l’œuvre est le moteur du chemin spirituel. »

 

J’ai beaucoup aimé cette description, cette conviction que c’est tout simplement au-delà de notre possibilité de voir l’ensemble de la construction, que nous devons avancer au fur et à mesure, vivre nos joies et nos peines en les acceptant car tout fait partie de la construction de l’image globale de notre vie.

Et nombreuses étaient les idées de ce type, qui m’ont donc touchées.

 

Et pourtant, comme je le disais, par moments d’autres réflexions me captivaient bien moins. Ainsi les chapitres consacrés à l’astrologie n’ont pas vraiment suscité mon intérêt. Je sais qu’il existe de très nombreux passionnés, mais moi, non, je n’y crois pas et les exposés du livre ne m’ont pas plus intriguée que cela. Donc, ce sont des pages qui ne me laissaient relativement indifférentes.

 

D’autres passages étaient tout simplement un peu ennuyeux, peut-être parce qu’il y était question de choses que j’avais déjà étudié à plusieurs reprises (comme par exemple Platon ou Aristote, les différences entre leurs théories que j’ai dû étudier dans trois matières différentes quand j’étais au Lycée, y compris en latin). Pour d’autres lecteurs, ce sera autre chose, mais je suis certaine que chacun trouvera des passages qui, pour lui, seront des redites.

 

C’est donc un roman ambitieux qui a tenté de réunir aventure et réflexion ; je pense que c’est réussi jusqu’à un certain point.

Mais peut-être était-ce trop dense ? Ou trop détaillé, par moments, pour s’intégrer dans un « roman d’aventure » ?

 

 Ce qui nous amène au prochain point :

 

 

-       L’intrigue

 

L’intrigue elle-même est bien évidemment palpitante, un jeune homme qui vit des aventures incroyables, qui vit tellement de choses en une seule décennie, qui voyage tant, croise tellement de cultures.

 

Pourtant, si on enlève la totalité des passages de conversations « philosophiques », le livre serait réduit à peut-être deux cent pages (estimation vague de ma part), et vous comprenez donc immédiatement où est le souci concernant l’intrigue pure et dure : elle est trop simpliste. Il voyage, étudie, devient astrologue prisé à Venise, puis galérien, ensuite il se retrouve moine, puis ermite, enfin esclave … le tout en deux cent pages (environ) – non, l’intrigue ne peut être approfondie, les cultures que nous croisons ne restent que des images floues, nous n’avons pas le temps de nous y plaire.

 

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’ai pas classé ce roman dans les « livres historiques ».

 

Le choix de l’auteur était clairement de privilégier l’évolution intérieure du héros, bien qu’il le fasse traverser les situations les plus incroyables.

Il aurait, peut-être, été plus intéressant de limiter les voyages de Giovanni et de laisser un peu plus de place aux cultures qu’il croise ?

 

 

-       L’amour

 

Dès le début, nous imaginons cette magnifique histoire d’amour, des voyages et souffrances supportés par amour. Au début, oui, j’y croyais ! Quand, amnésique, le jeune homme dessine des fresques de la Madone sous les traits d’Elena telle qu’il l’avait aperçue la première fois ! C’était prometteur, mais je dois dire que j’étais fortement déçue, je n’ai pas eu les larmes aux yeux, à aucun moment (en général je pleurs dès que je lis une histoire d’amour, même dans les livres les plus improbables, je suis une véritable fontaine quand il s’agit de romances).

 

Au bout du compte, cette histoire d’amour ne m’a absolument pas convaincue.  Les hésitations, doutes, les rêves, tout cela n’a pas abouti.Non, l’histoire sentimentale ne m’a pas transportée. Là, je ressens un véritable manque.

  

 

Enfin, concernant l’écriture elle-même, il est difficile de la juger. D’un coté, l’auteur parvient à exposer ses idées et réflexions avec une grande clarté que c’en est impressionnant, on peut suivre des concepts philosophiques avec facilité ! C’était plus que réussi.

En même temps, lorsque Frédéric Lenoir se plonge dans l’intrigue même, j’ai trouvé son style un peu trop neutre.

Dans l’ensemble il n’y a rien à dire, cela semblait convenir, la lecture est très agréable.

 

Vous le voyez, c’est un livre qui ne peut laisser indifférent, un roman intelligent qui nous montre l’évolution d’un homme.

 

Pourtant un roman qui nous laisse avec un sentiment d’inassouvi.

 

Je pense qu’il était un tantinet trop ambitieux, et le mélange par trop inégal, puisque le coté « romancé » se perd un peu dans les réflexions mystiques – qui, je souhaite le souligner encore une fois, sont vraiment prenantes et passionnantes. C’est juste la balance qui penche un peu trop d’un coté.

 

Mais une dernière question vous taraude, j’en suis certaine : qu'en est-il du titre ? Le titre se réfère à une prédiction qui est faite au jeune Giovanni au début du livre, par une « sorcière » appelée Luna. Une prédiction qui le hantera tout au long du livre.

Mais là encore, j’aurais aimé que ces prédictions soient un peu plus « inquiétantes » ; malheureusement, Giovanni s’en souvient de temps en temps, mais l’influence réelle sur le roman est très limitée.

Je pense qu’en approfondissant l’influence de l’oracle sur la vie de Giovanni cela aurait pu donner plus de profondeur à l’intrigue.

 

CONCLUSION(pour une fois que j'en propose une) :

 

De fait, ce qui est le plus grand reproche que je pourrais faire à ce livre, c'est qu'il n'a pas fait le choix - du moins pas clairement : est-ce un livre incitant à la réfléxion (oui, certainement) ou un roman historique (hmm ?? très moyen alors) ou encore un roman d'amour (raté à ce moment là) ? Ce choix, il aurait fallu le faire plus clairement et se définir au moment même de l'écriture, ce qui aurait évité ce sentiment d'inabouti et aurait pu offrir au lecteur un livre magnifique !

 

Sur le dos du livre est citée l'une des critiques (celle de Paris Match) qui dit qu'il s'agit d'un "thriller historico-religieux" dont "l'intrigue très bien ficelée et l'histoire d'amour tiennent le lecteur en haleine ..." : et bien, pour moi, c'est tout simplement tout ce que ce livre n'est pas !! Avons nous lu le même roman ??

 

 

Dans tous les cas, je pense que chacun trouvera dans ce livre des aspects qui retiendront son attention !

 

Ma notation peut paraître très sévère pour un livre aussi ambitieux et aussi abouti par certains cotés.

Mais je pense m'en être expliquée.

 

Dans tous les cas, je suis ravie de l’avoir lu, il m’a plu, et voilà !

Pascale KRAMER - Un homme ébranle : 4-/10

Publié le 01/02/2011 à 18:59 par edenlalu Tags : pascale kramer un homme ébranlé
Pascale KRAMER - Un homme ébranle : 4-/10

 

Pascale KRAMER – Un homme ébranlé : 4-/10

 

  

Vous avez envie de vous ennuyer pendant quelques heures et de sortir du temps gâché avec une sensation de malaise ? Ce livre est pour vous ! Le thème – lourd – est desservi par le style – dense – et une passion de la description – pénible – pour un résultat dépourvu d’âme – et un vague sentiment d’écœurement.

 

L’histoire est celle de Claude, un homme d’une cinquantaine d’années, qui a eu deux enfants de mères différentes et vit désormais avec Simone, avec laquelle il n’a pas eu d’enfants et qui est son épouse depuis dix ans.  

Atteint d’un cancer en stade terminale, il affronte sa fin mais également les débris de sa famille éclatée.

 

Au début de ce petit roman il faut d’abord s’habituer à la lourdeur de l’écriture ; j’ai mis bien deux voire trois pages avant de comprendre ce qui se passait : Claude fait la connaissance de son fils Gaël, onze ans, qu’il a eu d’une relation précédente avec Jovana. Il n’avait jamais rencontré le garçon auparavant et Gaël semble aussi mal à l’aise que nous dans l’environnement multidétaillé.

 

Très rapidement, on s’aperçoit que Claude n’est pas satisfait, ni de lui, ni de sa vie, ni même de sa progéniture. Et pourtant, le bref contact avec Gaël semble le mettre en face de sa vie, voire de ses responsabilités envers elle. Est-ce pour cela qu’il décide, finalement, d’entreprendre un traitement contre le cancer plutôt que de se laisser mourir comme il l’avait prévu ?

 

Nous donc voilà avec Claude qui décide enfin de se soigner alors qu’il avait imposé sa mort prochaine à ses proches qui s’y étaient préparés.

Et Gaël, qui vient passer deux semaines auprès de son père, sa femme et sa maladie.

 

L’ensemble est décrit du point de vue de Simone, celle qui partage la vie de Claude ainsi que sa déchéance physique et qui doit maintenant s’accommoder de l’enfant d’une autre.

 

Et curieusement, alors que je pense que le but était de faire apparaître Claude comme un homme dur et désemparé face aux regrets de sa vie et de plaindre la vie difficile de Simone, j’ai surtout retenu le manque d’humanité voire même la cruauté de cette dernière. Je ne suis pourtant pas certaine que tel était le but de l’auteur.

 

Car on s’aperçoit à quel point Claude est seul. Loin de se réjouir et de le soutenir dans son choix d’entreprendre une chimiothérapie, d’espérer quelques mois de plus avec lui, Simone et même son fils adulte Cédric lui en veulent. Pourquoi ? De vouloir vivre ? De rêver de guérison ?

Simone en particulier prend très mal la maladie et les effets du traitement. Est-elle jalouse parce que c’est la rencontre avec Gaël qui a convaincu Claude de se battre contre la maladie ? Est-elle effrayée par la souffrance du traitement ? Pour ma part, j’ai trouvé sa réaction incompréhensible. Elle semble se dégouter, elle n’apporte aucun soutien à l’homme qui voit naître un espoir. Car qui dit traitement dit nécessairement espoir ! Elle le laisse se débattre avec sa maladie, l’observant de façon écœurée.

 

La maladie n’a pas séparé le couple Claude/Simone ; ils étaient déjà bien loin l’un de l’autre pour en arriver à préférer la mort prochaine à la vie grâce au traitement !

 

Je n’ai pas réussi, mais pas du tout, à me glisser dans la peau de Simone. Je n’ai rien ressenti pour ce personnage central, je n’ai pas vu sa souffrance. Elle m’a juste laissé un léger gout de mépris. 

  

Maintenant, chacun retient d’un livre ce qu’il souhaite et chacun le comprend à sa manière. Ce n'est pas parce que je n'ai pas aimé le caractère central que je donne une faible note à un livre. Mais il y a un autre point que je n'ai pas du tout aimé : le style d’écriture.

Ce  n’est pourtant pas un de ces styles modernes aux phrases incomplètes que j’abhorre. Non, ici, les phrases sont soignées, la grammaire parfaite, les mots choisis avec méticulosité, les images colorées. Seulement, tout est si dense, on a l’impression d’avancer à travers de la boue sur le point de sécher, une surface déjà dure sur de la mélasse collante.

 

Et oui, dans ce livre la souffrance n’est pas seulement dans la maladie de Claude, non, on la retrouve dans la plume de l’auteur. Oui, Pascale Kramer se donne beaucoup de mal à choisir ses mots, c’est exact. Mais elle n’atteint pas son but. Les images et scènes, les sentiments décrits, tout se mélange dans une pâte indigeste, aucune scène ne se déroule devant notre œil intérieur, aucune odeur semble flotter dans l’air. Et malgré ses efforts strictement aucune émotion ne transpire entre les lignes qui traitent pourtant d’un sujet grave !

 

Le style, surchargé et pénible, aurait gagné à être aéré, ne serait-ce que visuellement, au moyen de quelques simples « à la ligne » de plus !

Pour exemple, lorsqu’il y a des conversations, rien ne démarque les phrases lancées à l’un par l’autre, le tout est intégré dans un bloc solide de descriptions. L’émotion y est écrasée et même l’histoire, parfois, semble tomber dans le gouffre du trop plein. L’accident de la voiture devant la maison, par exemple, et bien, quoi ? Certaines scènes auraient méritées plus d’attention, d’autres à être coupées. Bref, pour moi, j’aurais suggéré de retravailler l’ensemble.

 

De tous ces mots pourtant sélectionnés avec amour je ne retiens pas le combat contre la maladie, ni les "tourments" et regrets de Claude ni même les efforts fournis afin de vivre avec Gaël pendant quelques semaines.

 

Je ne retiens que l’image d’une femme froide qui survit à un récit linéaire et descriptif, tellement linéaire qu’aucune présentatrice de télévision ne serait pas parvenue à rester aussi neutre.

Fabienne JACOB -CORPS : 2/10

Publié le 06/09/2010 à 10:19 par edenlalu Tags : corps fabienne jacob
Fabienne JACOB -CORPS : 2/10

Fabienne JACOB – CORPS : 2/10

 

Je suis vraiment désolée de devoir attribuer une note aussi basse à un livre qui était si prometteur. "CORPS" était annoncé comme un ouvrage mettant en scène Monika, qui travaille dans un institut de beauté et recueille les confidences souvent personnelles de ses clientes, entrant ainsi dans leur intimité.

Quelle bonne idée ! Je m’attendais donc à entrer en contact avec la peau mais aussi avec l’esprit des clientes de Monika.

Et bien, non. Ce n’est pas le cas.

 

Je dois dire que je suis partie avec un énorme a priori dès les premières pages : de façon totalement superflue et inutile l’auteur croit devoir juger un fait divers que j’ai trouvé terrible. Dès la toute première page, Fabienne Jacob mentionne – sans raison, j’insiste lourdement – l’histoire de Natascha Kampusch, cette jeune fille autrichienne enlevée à l’âge de 10 ans et tenue en captivité dans un petit réduit en sous-sol par son ravisseur pendant huit ans, avant qu’elle ne parvienne à lui échapper en 2006.

C’est une histoire tragique et pourtant l’auteur croit devoir mentionner la jeune fille en la décrivant en ces termes : « Natascha Kampusch … amoureuse de son ravisseur, syndrome de Stockholm… ». Je pense, pour ma part, qu’une jeune fille enlevée à 10 ans qui s’est échappée à 18 ans n’était pas « amoureuse » de son ravisseur. Peut-être, pour survivre à la terrible épreuve, a-t-elle créé un lien d’affection avec lui, pour ne pas perdre la raison dans sa geôle, mais je ne pense pas qu’on puisse aller aussi loin que l’a fait l’auteur. Je souhaite donc profiter de cette occasion pour exprimer mon indignation d’avoir inclus un tel commentaire sur une fille qui a traversé l’enfer, et ce sans que cela n’ait le moindre lien avec le livre.

 

Mais bon, même sans cela je n’aurais pas adhéré au livre de Fabienne Jacob, et je m’efforce toujours de ne pas laisser mes opinions personnelles influencer mon jugement sur un livre.

Donc, abstraction faite de mon préjugé, je dois dire que le livre CORPS n’a absolument pas tenu ses promesses, alors que l’idée était si séduisante.

 

Au lieu de suivre Monika dans ses relations avec ses clientes, nous sommes assommés par quelques histoires superficielles qui nous sont lancées sans finesse et sans fil conducteur (l’institut de beauté aurait pourtant constitué un excellent lien entre les récits).

 

 Je m’attendais à ce que Monika apprenne à connaître ses clientes, qu’elles lui confient des pensées ou souvenirs intimes, mais tel n’est pas le cas.

Les quelques récits que nous trouvons dans ce livre sont sans aucune imagination et surtout sans aucune profondeur.

Nous ne plongeons à aucun moment dans l’intimité des clientes.

Si vous vous attendez à sentir sous vous doigts la peau ou les mains boudinées des clientes de Monika pendant qu’elles racontent leurs vies, vous serez déçues.

Pour exemple : l’unes des clientes livre ses souvenirs de la guerre. Elle était alors tombée amoureuse d’un soldat allemand, Horst …… et voilà, là, on n’apprend déjà pas plus. Donc, à la fin de la guerre – non, on ne sait pas comment cela a continué ou comment cela s’est fini avec Horst – on lui rase publiquement la tête  …… et voilà. Rien de plus.

Et c’est la meilleure histoire de tout le livre – effleurée, mais abandonnée.

 

Celle dont nous apprenons le plus est Monika elle-même. Elle nous livre quelques souvenirs de son enfance, lorsqu’elle cherchait, accompagnée de sa sœur aînée, le secret de « ce qui se passe dans la chambre des parents ». Sans grand intérêt et encore une fois on reste en superficie.


Je regrette que Fabienne Jacob ne soit pas allée au bout de son idée. Pourquoi ne pas creuser, mettre en relief les corps, les odeurs, l'intimité liant Monika à ses clientes ?

Je ne sais pas, j’imaginais par exemple que Monika allait faire une manucure à la bouchère, nettoyer ses ongles, sentir ses doigts froids et timides sous les siens en nous racontant les bribes de la vie de cette femme, mais non.

 

Tout reste si impersonnel. Sans imagination.

 

Concernant l’écriture, elle reste creuse et trop simple, on tourne en rond.

Et l’emplacement des virgules est aléatoire : par moments, on manque de virgules. Oui, cela pourrait être un style, seulement, le paragraphe d’après, il y en a beaucoup trop !

 

J'irais même plus loin : c'est la première fois que j'ai eu du mal à me représenter les images d'un livre devant mon œil intérieur.

L'auteur décrit - et je ne vois pas.

 

Je pense toute simplement qu’elle ne doit pas avoir la même perception des choses que moi du monde qui nous entoure.